La décision du ministère de suspendre le président de la Cour d’appel de Libreville, Paulette Ayo Mba Akolly, passe mal auprès des associations de défense des droits de l’Homme. Dans son communiqué du 21 août, le Réseau des organisations libres de la Société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) estime que cette suspension est «illégale et anticonstitutionnelle». Il «condamne avec la plus grande fermeté cette tentative de caporalisation et d’instrumentalisation de la justice».

Georges Mpaga, le président exécutif du ROLBG. Son organisation estime que la suspension de Mme Ayo Mba Akolly est «illégale et anticonstitutionnelle». © D.R.

 

Vraisemblablement, la présidente de la Cour d’appel de Libreville serait victime de sa volonté de faire régner la justice. Pour avoir refusé de se plier à l’ordonnance de sursis à statuer délivrée par le premier président de la Cour de cassation, Ayo Mba Akolly a été suspendue de ses fonctions. Cette magistrate avait ordonné la comparution du justiciable Ali Bongo le 26 août 2019, suite à la plainte introduite par le Collectif des 10 sur les capacités d’Ali Bongo à gouverner le Gabon.

Cette décision qui suscite l’indignation du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) a été prise par le secrétaire général du ministère de la Justice. Rejetant «catégoriquement» cette décision qu’il juge «illégale et anticonstitutionnelle», le ROLBG invoque le principe constitutionnel de la séparation du pouvoir et rappelle que «Ayo Mba Akolly ne doit sa nomination à cette fonction qu’au Conseil supérieur de la magistrature, seule instance habilitée à nommer les magistrats des différentes juridictions du pays». Sur la base de ce principe, le président du ROLBG estime que «dans l’exercice de ses fonctions de présidente de la Cour d’appel, Mme Ayo Mba n’est nullement assujettie aux injonctions du ministère de la Justice et à encore moins à des décisions politiquement orientées qui bafouent les normes et principes de la démocratie au premier rang desquels l’indépendance de la Justice».

Georges Mpaga soutient qu’en tant que magistrat de la Cour d’appel, et n’obéissant qu’à la Loi et aux procédures judiciaires applicables au Gabon, «Mme Ayo Mba n’a commis aucune faute professionnelle». «Elle n’a fait qu’appliquer la Loi en se déclarant compétente à statuer sur le dossier médical du citoyen Ali Bongo».

Le Réseau condamne avec «la plus grande fermeté cette tentative de caporalisation et d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique au moment où le sommet de l’État fait face à de nombreuses incertitudes liées à l’état de santé du président de la République».

Face à ce qu’il qualifie de «dérive totalitaire», le ROLBG «appelle le syndicat des magistrats et l’ensemble de cette corporation à s’opposer à cette sanction illégale qui consacre le Gabon dans son statut de République bannière fondée sur la violation permanente des principes fondamentaux de l’État de Droit». Le ROLBG apporte enfin son soutien aux décisions souveraines de la Cour d’appel de Libreville dans le cadre du dossier du Collectif des 10 contre le citoyen Ali Bongo.

 
 

1 Commentaire

  1. ULIS dit :

    Merci pour ton COMBAT Georges Mpaga !!!

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW