Aussitôt annoncée, l’idée d’une possible réinstauration de la taxe vicinale pour tous les résidants gabonais âgés de plus de 18 ans a été perçue par les députés, dont le président de l’Assemblée nationale, comme «un risque». Faustin Boukoubi craint l’«alourdissement suicidaire de la fiscalité».

Faustin Boukoubi, président de l’Assemblée nationale. © Gabonreview

 

S’il dit comprendre la nécessité pour les autorités de mobiliser davantage de ressources, la stratégie consistant à réinstaurer la taxe vicinale est loin d’être la bonne, estime Faustin Boukoubi mettant en garde contre le danger que constitue ce projet gouvernemental annoncé, le 26 février, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Pour le président de l’Assemblée nationale, «trop d’impôt tue l’impôt», et l’alourdissement de la fiscalité ne peut être que «suicidaire», au moment où «l’exode rural sévit dans notre pays».

«Moi, je vis la mort progressive et galopante des villages. [Alors], l’impôt en zone rurale, c’est bien, mais attention, ça peut accroitre ce phénomène d’exode rural. On va transposer les problèmes du village où l’on souffre déjà, sans eau et sans électricité, à ceux de la ville où l’on souffre de promiscuité, d’insalubrité, etc. Faites attention, Monsieur le Premier ministre à ne pas alourdir la fiscalité dans les villages, en zone rurale notamment, et particulièrement à travers la taxe vicinale que très peu de compatriotes ont la capacité de payer», prévient le député du 1er siège du département de la Lombo-Bouenguidi.

Le patron du palais Léon Mba souhaite par ailleurs que le gouvernement s’intéresse à la question de la parafiscalité qui, selon lui, est responsable de la vie chère au Gabon, et particulièrement à Libreville. «Ceux qui importent de la marchandise en provenance des pays voisins pourraient vous indiquer le nombre de barrières qu’ils rencontrent sur le chemin avant d’atteindre Libreville, notre principal centre de consommation. Naturellement, cela finit par alourdir le coût de la vie, parce que le commerçant est obligé de répercuter cela sur le consommateur», explique-t-il.

 
 

7 Commentaires

  1. Nang Abessolo dit :

    Bien vu honorable président !
    Il est nécessaire de rappeler les choses les plus élémentaires
    à l’exécutif qui devrait chercher de l’argent ailleurs
    que dans les poches des contribuables ou des citoyens désargentés
    parce-que sans le sou.

  2. Paul Bismuth dit :

    Voilà quelqu’un qui semble lucide s’agissant de cette taxe. Le fait de doter nos collectivités locales de moyens financiers participe de la décentralisation. Et si celle-ci constitue notre avenir politique, administratif et économique, il ne faut pas aller vite en besogne. Beaucoup de gabonais vivent la pauvreté extrême (la misère donc), et voilà qu’on veut presser davantage le peu de ressources dont ils disposent avec je ne sais quelle taille. Même le fermier prend le temps de bien engraisser ses vaches avant de les traire.
    Honnêtement le but de cette taxe n’est pas d’aider les collectivités locales, mais de combler le déficit de l’État. Mais il faut quand même qu’on nous explique concrètement comment on a fait pour arriver à cela. On doit la vérité aux gabonais. Et après tout, il faut bien s’attaquer aux causes si on veut eviter leurs conséquences inéluctables. Mais bien entendu il faut avoir du coeur et de l’honneur pour se faire harakiri, quand on est serviteur. Bref, Je suis certain que l’on pourrait trouver au moins une partie de l’argent qui manque si on mettait vraiment de l’ardeur, comme les botswanais, à lutter contre la corruption. Un internaute sur le même sujet evoquait les 18% des recettes pétrolières captées par la famille Bongo. Voilà le genre de sujet auquel le pouvoir politique et la justice devraient s’intéresser s’ils veulent vraiment oeuvrer pour notre intérêt. Parce que nous
    de notre côté, nous refusons d’être taillables et corvéables à merci.

  3. Jofrid MAYOSSA dit :

    Trop d’impôts, tue l’impôt.
    Les gabonais sont déjà autant asphyxiés par des mesures fiscales dont on ne voit pas nécessairement le rendu.

  4. Okoss dit :

    Ce PM est vraiment nul.
    À t il fait une étude préalable pour savoir combien de personnes sont concernées et combien ça va rapporter à L état.
    Je ne serai pas surpris qu on soit loin du néant.
    Par contre les 18% rackettes chaque années,les détournements multiples perpétrés Owendo port et a€ux frontières du Nord par 1 certaine caste d agents polices et douanes tous issus des mêmes milieux (villages) peuvent facilement faire l affaire.
    Enfin cet impôt qui n était payé que dans certaines provinces du pays, pas toutes chers frères et soeurs. La remettre au goût du jour c est remuer le couteau dans la plaie.
    Car les pauvres qui ont subi cette injustice sont en droit de demander des réparations.
    Mr le premier ministre attention

  5. bill ngana dit :

    Le fait de penser à réinstaurer cette taxe montre bien que le nouveau gouvernement reste très préoccupé par les questions de fiscalité. Si je pense qu’il n’a pas assez mûri sa réflexion sur cette question, je reste convaincu qu’il peut encore mieux faire. Car les sources de financements de notre économie ne manquent pas. Par exemple, pourquoi instaurer des exonérations dans certains secteurs de l’économie à des taux proches sinon équivalents à 0% lorsque l’économie nationale a besoin de financements ? Par ailleurs, je crois qu’il faut encourager les Gabonais à se lancer dans la pratique commerciale, tout en se braquant contre l’informel, secteur qui génère d’importants revenus qui se dispersent dans la nature. Quel est le montant des revenus qui entrent illégalement dans le béret ou le képi des agents de l’ordre sans sentir le plus petit parfum de la caisse du Trésor public ? Les recettes issues des transactions aux frontières aboutissent dans quelles poches ? L’honorable Faustin Boukoubi a raison. Le gouvernement aurait dû écarter cette idée d’un impôt payable par les paysans depuis la seconde où elle aurait été émise. Car elle provoque une autre chaine de difficultés de mise en œuvre. Ainsi, ces pauvres péquenauds ont quels revenus pour alimenter confortablement les caisses du Trésor gabonais ? Leurs cultures ne suffisent pas déjà à la subsistance familiale; les routes pour les acheminer dans les centres de consommation sont défoncées, impraticables. Quand un citoyen ne pourra pas payer, on en fera quoi ? Faut-il d’abord construire les prisons ? Les bandits de grands chemins occupent déjà les lieux. Et, lorsque par miracle, on casera ces mauvais payeurs dans ces lieux carcéraux, il faudra bien les nourrir et priver sa petite famille déjà famélique de bras et de soutiens de premier ordre. Donc, les nourrir en prison : mais avec quoi ? M. le Premier ministre, un impôt rural au Gabon par les temps qui courent, égale mauvaise idée. Faites creuser les méninges à vos gars, ils sont grassement rémunérés pour cela, je crois.

  6. Antoine KOUMBA BONGO dit :

    Voilà un élu qui comprend les difficultés que traversent ses compatriotes nous disons aussi NON au paiement trimestriel de pensions vieillesses que veux nous imposer madame Nicole Asselé de la CNSS

  7. Lembadalabulong dit :

    Bonne lecture M.le président de l’Assemblée Nationale.Vous faites là preuve de sagesse. Et de quelqu’un qui a une idée des réalités de la vie des populations de l’arrière pays. Continuez sur cet élan. Et ne flechissez pas devant les abus et les mauvaises sorties de route de votre parti par le biais de ses membres dans le gouvernement.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW