La tentative de coup d’Etat du 7 janvier n’a pas laissé l’église catholique du Gabon indifférente. Ce 9 janvier, l’archevêque métropolitain de Libreville, Monseigneur Basile Mve Engone, a dénoncé la tendance des politiciens à privilégier leurs intérêts au détriment du vivre-ensemble.

Mgr Basile Mve Engone, le 9 janvier 2019, à Libreville. © D.R.

 

Le coup d’Etat raté du 7 janvier révèle que l’Afrique n’est pas sortie du cycle de prises de pouvoir par la force, mais surtout qu’au Gabon, la confiance aux politiques est chancelante. Ce qui compromet le vivre-ensemble et menace ce que Mgr Basile Mve Engone a appelé le «Bien commun». Reconnaissant au cours de sa déclaration du 9 janvier que le Gabon est marqué par une crise économique, sociale et politique, source d’incertitudes pour l’avenir, le prélat a attiré l’attention sur la nécessité de préserver ce «Bien commun et le Vivre-ensemble gabonais», bâtis, dit-il, «depuis plusieurs décennies sur les valeurs de la fraternité et de la solidarité». Dans cette optique, il a rappelé quelques vertus inhérentes à la fonction du politicien qui, a-t-il signifié, «si elles échappaient à nos politiciens, le péril de notre Nation serait inévitable».

Affirmant ne pas avoir de pays de rechange, il a mis en garde ceux qui s’adonnent à une politique inhumaine centrée sur des intérêts égoïstes. «Si à l’origine faire la politique désignait un service désintéressé de la société pour le compte du peuple souverain, aujourd’hui elle devient quête de pouvoir personnel et conservation sans partage de celui-ci, au détriment du peuple», a-t-il regretté. Paraphrasant le pape François lors de son message de la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2019, Basile Mve a indiqué que «la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices». Pour lui, ce message était une adresse aux «politiciens qui ont fait de l’arène politique le lieu des sévices et de la mascarade». «Une telle politique politicienne met à mal l’équilibre de notre société et fragilise considérablement notre bien-être». «Il nous faut faire la politique autrement», a exhorté Basile Mve appelant à la responsabilité des hommes politiques pour la protection des populations «(…) en rendant un avenir meilleur pour tous».

Pour l’archevêque métropolitain de Libreville, cet horizon n’est réalisable qu’à trois conditions: «le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes». «Le politicien qui tourne le dos aux vices de l’égoïsme et de la prédation, et qui emprunte le chemin de la vertu, peut-être dit heureux de cette béatitude qui consacre son œuvre humaine en charité vraie pour ses concitoyens». Basile Mve dénonce ce qui divise et confine les populations «dans les enclaves sociologiques ou politiques». «Nous nous fragilisons ainsi et humilions notre pays en cédant à l’infamie des “sorciers” cités dans notre hymne national, “ces perfides trompeurs qui semaient le poison et répandaient la peur”», dit-il. Basile Mve est convaincu que les difficultés actuelles du Gabon «sont une occasion pour apprendre à mieux nous connaître, mieux nous apprécier, mieux nous aimer et mieux nous ressaisir»«C’est la voie de notre véritable concorde et de notre paix».

 
 

2 Commentaires

  1. Maganga Octave dit :

    Basile Mvé Ondimba…

  2. Quand Mgr Basile Mvé parle de : respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, de qui se moque t’il ? Aucune messe pour les martyrs du 31 Août 2016 alors le commando de la cour constitutionnel conduit par Mbourantso a eu L’HONNEUR à une messe d’action de grâce. Que toute personne baptisée par Mgr Mvé Engone, lui RESTITUE leur carte de baptême. DE MÊME,TOUTES LES MESSES CÉLÉBRÉES PAR MGR BASILE MVE DOIVENT ETRE BOYCOTTÉES.

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