«Nous sommes tous coupables !». C’est en ces termes que l’ancien membre du gouvernement, membre du Parti démocratique gabonais (PDG), Mathias Otounga Ossibadjouo a accusé, le 8 janvier 2019, sur sa page Facebook, quelques heures après la tentative de coup de force menée par les éléments de la Compagnie d’honneur de la Garde républicaine (GR).

Pour Mathias Otounga Ossibadjouo, l’entourage du Président Ali Bongo Ondimba est également coupable de la situation actuelle dans le pays. © D.R.

 

Alors que la population gabonaise était encore sous le choc du putsch manqué mené par des éléments de la Compagnie d’honneur de la Garde républicaine (GR), l’ancien ministre du Budget, Mathias Otounga Ossibadjouo, a poussé un coup de gueule sur sa page Facebook.

Il n’est pas passé par quatre chemins pour dénoncer l’entourage du chef de l’Etat, y compris lui-même. «Tous autour du Président Ali Bongo Ondimba, nous sommes coupables de la situation actuelle», a-t-il écrit. Joint au téléphone pour confirmer la véracité du post, l’ancien ministre a été on ne peut plus clair.

«Je pense qu’il faut que nous qui avons été aux affaires, nous ayons le courage d’avouer que nous portons une grande part de responsabilité dans ce qu’il se passe», a-t-il dit. Dans son post, Mathias Otounga a rappelé qu‘«élu en 2009 et réélu 2016, le président a choisi des compatriotes pour l’accompagner dans son challenge. Pour ce faire, il a mis à notre disposition un formidable outil : le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). Il y a ajouté les moyens humains et matériels». «Tous les pays environnants ont emprunté au Gabon le Plan stratégique et partout, il est en train de donner des fruits. Malgré les efforts du patron, les choses vont en vrille à cause de notre cupidité», a-t-il dénoncé.

Malheureusement, estime-il, «tout ceci nous a rendu têtus, fous, boulimiques et que sais-je encore». La conclusion de ces comportements, assure-il, ce sont les détournements, les arrêts de chantiers, la paupérisation avancée, le chômage aggravé, entre autres. Pour lui, ces éléments constituent de «l’eau dans le moulin de l’opposition qui avait commencé à s’assécher sous l’effet des réalisations du début du premier septennat». «Nous sommes tous coupables !», a-t-il martelé.

Fidèle à Ali Bongo, Mathias Otounga estime que le plus important c’est d’aider le «patron à démêler l’écheveau. Cela ne sert donc à rien de faire la politique de l’autruche parce que si nous-mêmes on a le courage de faire le diagnostic, on peut calmer les autres en face».

Au regard des enjeux actuels, le nouveau député affirme que «rien n‘est encore perdu». «Aidons notre champion à recommencer à faire rêver la jeunesse gabonaise d’un lendemain meilleur. Les atouts sont encore là, encore intacts».

Près d’une heure après la publication de cet article, l’ancien ministre de la Défense nationale a fait parvenir à la rédaction de Gabonreview le rectificatif suivant :

Mise au point

Mon post sur la situation économique du pays n’est en rien une réaction à la tentative du putsch manqué.

Mon post ne vise pas à justifier le coup de force. Loin s’en faut. Il a été écrit avant les malheureux événements. Rien ne peut justifier une tentative de renversement des institutions par la force.

Au contraire, mon post invite à un sursaut de rassemblement derrière le Président de la République, en vue d’une mise en œuvre éclairée du PSGE.

MATHIAS OTOUNGA OSSIBADJOUO

 

 

 

 

 
 

4 Commentaires

  1. PAMBO Air dit :

    Preum’s.
    Malgré tous les discours que vous tiendrez, cela n’altèrera pas le désir impérieux de changement et d’alternance qui habite les gabonais à l’heure actuelle, évidemment, il faut exclure les profitons-situationistes dont vous faites allusion.

  2. NGUEMA ASSA LOUIS RAYMOND dit :

    Bjr frère, la vérité véridique doit nous affranchir, il est connu de tous que, beaucoup de familles au monde partant du Gabon son riches a travers le pouvoir Bongo depuis 1964 après le coup d’État. Aujourd’hui, ces familles gabonaise, dans chaque province de notre cher pays, ont abusées de leurs pouvoir pour mater leurs frères et empêcher leurs enfants d’avoir des bourses et autres avantages.
    La question est de savoir si c’est Albert Bernard Bongo, ou Omar BONGO ou OMAR BONGO ONDIMBA qui leurs demandait d’être ainsi?
    Nous savons que les fruits et détritus tombent tjrs sur le dos de l’éléphant mais, notre conscience doit nous interpeler, le Ministre a bien raison sur ses propos mais cela ne date pas d’aujourd’hui.
    Pourquoi vouloir détourner l’attention des Gabonais sur une famille, loin de bénéficier des rentes de cette famille mais nous sommes tous Gabonais indissociable alors, que tous ceux qui étaient au pouvoir depuis 1967, doivent ramener le pays sur le plan spirituel, économique, intellectuel, et fraternel.
    Mr Otounga, c’est hier mais avant c’est qui?
    Arretez de divertir les Gabonais qui ne veulent qu’être heureux, sur le plan santé, financier et la quiétude familiale de tous, opposant d’aujourd’hui, aliés d’hier, laissez nous tranquille.
    Merci cri de coeur.

  3. diogene dit :

    “Rien ne peut justifier une tentative de renversement des institutions par la force.”
    Et par le mensonge ? Et par la tricherie ? Et par la corruption ? Pas de problème ?
    Les bouffons doivent nous faire rire, celui ci veut nous faire pleurer…
    Les aveux ne me suffisent pas , vous êtes cupides au point de détourner les fonds publiques, rendez tout ! Allez à votre place : en prison !
    Comment allez vous ressusciter les morts ?

    Avouez aussi l’usurpation du trône depuis plus de 50 ans !

    Les pathétiques marionnettes sans marionnettiste ne remplacerons pas les millions de vies brisées.

    les maffieux repentis n’inspirent aucun sentiments, pas même lorsqu’il vende leur parrain, mais vous , vous continuez à faire l’apologie des assassins, voleurs, violeurs,tueurs.
    Quant à notre économie, elle boite surtout parce que 18% des revenus du pétrole sont partis dans les poches d’Omar.
    Injectez donc les millions de milliards captés par ce dictateur sans scrupules et ses complices de tous poils dans l’économie et vous verrez comme le bonheur de possible deviendra réalité.

  4. asphalt dit :

    On fait un mea culpa Mr le Ministre?Pathetique!

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