Tenu le week-end dernier, le Conseil provincial du Parti démocratique gabonais dans le Moyen-Ogooué a donné lieu, à Lambaréné, à un vaudeville politique avec cohue, bris d’urne, coup de feu, interpellation et tout le bataclan. Une lutte intestine amenant à se demander si la fraude n’est pas inscrite dans l’ADN du parti au pouvoir.

Un moment du Conseil provincial du PDG à Lambaréné : le début du vote. © Gabonreview

 

Les militants et sympathisants du Parti démocratique gabonais (PDG) de la province du Moyen-Ogooué se sont donnés rendez-vous le samedi 11 et  dimanche 12 novembre 2017 dans le plus grand l’hôtel de Lambaréné. Objectif : la tenue du congrès provincial avec, en point d’orgue, l’élection des responsables nationaux et locaux du parti.

Si la journée de samedi a uniquement servi d’ouverture des travaux en présence du Secrétaire général du PDG, Eric Dodo Bounguendza, le dimanche a donné lieu à de grandes empoignades électorales, le parti au pouvoir ayant décidé, cette fois-ci, de faire choisir ses dirigeants par les militants de base, sans toutefois y mettre des garde-fous.

Sans garde-fous

Ainsi, dès 8 heures ce dimanche, la cour du Sofitel, ainsi que le terrain de sport du lycée catholique Monseigneur Jean Baptiste Adiwa, refusaient du monde. Il y avait là, en effet, les militants de cœur et de circonstance venus de Libreville, des deux départements de la province et de nombreux désœuvrés recrutés pour la circonstance dans les différents quartiers de Lambaréné.

Une foule de PDGistes qu’on n’a pas vu lors de la présidentielle de 2016. En bas : enrôlement sur le parking le jour du scrutin et jusqu’à midi © Gabonreview

Si du côté de Ndjolé, la forte influence de Denise Mekam’ne et la peur qu’elle inspire aux cadres de sa localité a favorisé un déroulement relativement normal des choses, malgré l’achat des électeurs le jour même. Les uns et les autres ont tout de même respecté le résultat des urnes, fut-il critiquable.

À Lambaréné par contre la tension était haute, notamment dans le premier arrondissement où tout le monde attendait l’épilogue du derby opposant Richard Auguste Onouviet, l’actuel président de l’Assemblée nationale, à Joël Ogouma, le directeur de cabinet adjoint I du chef de l’État.

Comme pour faire monter le thermomètre, les organisateurs se sont lancés dans un amateurisme ayant contribué à exacerber les passions. En effet, sans trop savoir pourquoi, ils ont déployé un nombre très limité de bureaux de vote et privilégié le vote des militants venus des cantons et de l’Abanga Bigne (Ndjolé) avant ceux de la commune de Lambaréné. L’énervement et la fatigue a ainsi gagné les uns et les autres. Prévu pour 9 heures du matin, c’est à 16 heures finalement qu’a débuté le vote à la Commune, avec le derby du premier arrondissement.

Violence

Les organisateurs du congrès étaient incapables d’identifier et d’encadrer un corps électoral censé être constitué de vrais militants du PDG. La preuve, c’est à midi que le responsable provincial du PDG pour le Moyen-Ogooué a mis un terme aux enrôlements qui se faisaient çà et là sur les parkings autour du lieu du congrès. Ainsi, il suffisait d’aller recruter quelques badauds au quartier, les aider à payer les cotisations, les faire enrôler et le tour était joué…

Le vote avait-il à peine commencé, qu’il a été interrompu. Deux jeunes du quartier Adouma ont fait voler l’urne en éclat. Si l’un d’eux a réussi à prendre la poudre d’escampette, son compère a été rapidement rattrapé par les forces de l’ordre. L’on a alors découvert qu’il émarge aux Impôts où il avait été recruté par l’un des candidats au moment où celui-ci était DG des Impôts. Le jeune a finalement été placé en garde à vue.

Le désordre provoqué par le bris de l’urne et surtout le coup de feu tiré en l’air par un agent des forces de l’ordre afin de ramener le calme dans la salle a suscité la débandade. Dans la bousculade qui s’en est suivi, une dame ayant un bébé a été renversée. Dans ce tohu-bohu, le bébé et la maman ont été amochés par les fuyards. Difficile de dire si l’enfant a survécu.

On retiendra de cet événement non seulement la mauvaise organisation, mais aussi et surtout la forte inclination à la tricherie des cadres du PDG. À Lambaréné, les observateurs ont en effet vécu, grandeur nature, les perfides stratagèmes que déploie le PDG, à chaque élection, face à l’opposition. Seulement, cette fois les adversaires étaient du même bord politique, ethnique et géographique.

Afin d’éviter le pire, les organisateurs ont annulé le vote et s’en sont remis à la sanction de la hiérarchie du parti. On s’en doute, la sentence sera bien difficile à prendre au regard des forces en présence : Richard Auguste Onouviet n’acceptera pour rien au monde de se faire ridiculiser et humilier par Joël Ogouma. Du côté de Joël Ogouma et ses partisans, on estime qu’il est temps pour Onouviet de passer la main, de gré ou de force. Et la force semble être, pour eux, la meilleure option. La seule voie de sortie ici, certainement la moins mauvaise, serait la mise à l’écart de ces deux candidats. La victoire de l’un sur l’autre aura des conséquences incalculables sur les lendemains du PDG à Lambaréné.

 

 
 

15 Commentaires

  1. gaboma dit :

    <> Esprit d’Équipe cette question ne se pose pas. C’est plus qu’une certitude pour l’ensemble des gabonais. La fraude est inscrite en lettre d’or dans l’ADN du PDG. Sans la fraude le PDG n’aurait pu faire 50 ans au pouvoir et Ali succéder à son père.

  2. gaboma dit :

    Ce parti rassemble l’élite de notre pays la plus immorale. Leur immoralité est à l’origine du développement des vices dans l’appareil d’état, le service public et même ce qu’on appelle la mauvaise mentalité du pays. Parce que malheureusement ce sont eux qui dirigent le pays et constituent des mauvais modèles pour nos jeunes. Notamment ces deux là qui se sont pris aux urnes.

  3. Pierre Ntoum de Cocotier dit :


    Le désordre provoqué par le bris de l’urne et surtout le coup de feu tiré en l’air par un agent des forces de l’ordre afin de ramener le calme dans la salle a suscité la débandade.”

    Que fait un agent des forces de l’ordre dans la salle de vote du congrès provincial d’un parti politique ?

    Ah! J’oubliais. Ce Parti c’est le PDG.

    • Maganga Octave dit :

      @Pierre Ntoum de Cocotier. Demande à Eyéghé. Il le pratiquait jusqu’en 2009

    • Angazouamane dit :

      Que faisait-il là ? Mieux, comment a-t-il pu se permettre de commettre une voie de fait aussi grave en tirant en l’air à l’intérieur d’une salle remplie de personnes ? Se croyait-il dans un saloon au far-west où le dernier mot revenait à celui qui savait mieux manier son colt ? Autant de questions que aucun conseil de discipline, aucun procureur ne lui posera jamais. Comme son collègue gendarme qui vient de gazer sans raison des jeunes élèves au Pk5, lui aussi il jouit d’une impunité devenue totale depuis un moment dans notre pays. Entre temps la vie d’une femme et d’un bébé s’est trouvée en péril par la faute d’une racaille abusivement appelée force de l’ordre.

  4. Mimbo dit :

    L’incompétence est l’ombre du PDG,c’est pourquoi le pays va à la dérive.

  5. LAFONTAINE dit :

    qui vivra verra, “La triche…l’ADN du PDG” aujourd’hui on attend la cour constitutionnelle venir dire que c’est l’opposition qui vient encore et toujours de tricher.

    des vrais cancres ces leches bottes du PDG, meme une election interne. On enregistre des morts juste pour se couvrir de ridicules billets et honneur des morts.

    Nous vous attendons aux legislatives, renvoyer les a votre guise mais un jour ces elections se tiendront et le people marchera sur vos petites personnes en vous envoyant dans une retraite a sans famille ou au chateau.

    Veritable merde ce parti.

  6. Efong dit :

    PDG Oyééééééé, oyé, oyé soutien

  7. Akandais de seconde zone dit :

    Le PDG, la grosse entourloupe gabonaise de près de 50 ans! Au Gabon, au plan politique, ne cherchez plus l’erreur. L’erreur c’est le PDG. PARTI DEMOCRATIQUE GABONAIS! Voila un Parti démocratique qui refuse de céder le fauteuil présidentiel au Président élu par les Gabonais! Un Parti démocratique qui pousse à la bagarre tout le temps! Un Parti démocratique qui interdit les meetings des candidats de l’oppisition dans le Haut Ogooué!un Parti démocratique qui interdit les marches pacifiques de l’opposition et des étudiants! Un Parti démocratique qui bafoue les franchises universitaires en envoyant les gendarmes, les policiers et les autres, envahir les campus et torturer les étudiants à coups de matraques et de gaz lacrymogènes!Un Parti démocratique qui achète des votes, comme à Lambaréné! Un Parti démocratique champion du monde du tripatouillage des urnes! Comment a-t-on pu supporter tout ça pendant tout ce temps?

  8. diogene dit :

    Le Parti des dégénérés grotesques ne se renie jamais lors des élections…Même internes…
    N’ayant jamais compris ce que démocratie veut dire, ces énergumènes continuent au XXI siècle leurs magouilles préhistoriques.
    Ainsi les résultats de ces élections donneront du pouvoir illégitime et illégale aux gagnants, comme à la tête de l’État .
    On ne peut pas dire que cela manque de cohérence…

  9. Milangmissi dit :

    Parti qui n’a de démocratique que le nom, je ne vois pas ce qui surprend, ces gens ont toujours fraudé,triché pour la moindre élection, pourquoi en interne il en serait autrement.
    “Quand la fraude a construit une maison, elle la détruit.” Proverbe Malinké

  10. BEYEME dit :

    Ainsi tous les clowns PDGistes de Ndjolé ont encores soutenu cette femme qu’on nomme l’impératrice du département de l’abanga bigne. La forte influence de D.M. ne pourra plus faire quelque chose. Le PDG verra que du feu. Nous souhaitons que cette petite ville soit gérée par des jeunes, fûent-ils PDGistes. Comme par exemple M. MEYE Daltri de Bingoma qui a construit un centre pour jeunes filles économiquement faibles dans la localité, alors cette suceuse là nothing !

    • BEKALE dit :

      Ces jeunes pensaient pouvoir compter sur l’auteur de ce post pour faire capituler l’Impératrice mais visiblement il préfère désigner la prochaine victime comme tout perfide sorcier qui sème le poison dans le quartier. Pour le moins, il porte bien son nom!

  11. Le peysan dit :

    Quelqu’en soit le changement qui se fasse au sein du PDG, par son Secrétaire Général, ce parti est appellé à faire des échecs. Vu la sorcellerie politique qui constitue son ADN. Sa ne saura pas tarder, puisse que les Législatives arrivent… Et plus on recule la date, plus la défaite sera cuisante.

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