Pour éviter la paralysie prévue le 6 mai dans le secteur des transports en commun, le ministre de l’Intérieur a reçu, le 3 mai à Libreville, les membres de la Coalition des syndicats des transporteurs terrestres de l’administration publique et du secteur privé. À l’issue de cette rencontre, Lambert-Noël Matha et les syndicalistes ont convenu de deux décisions visant à mettre un terme au phénomène du racket, fortement décrié par les transporteurs.

Lambert-Noël Matha et le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Patricia Tayé, échangeant le 3 mai 2019, avec la Coalition des syndicats des transporteurs terrestres. © Gabonreview

 

Attentif à la menace de grève du Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg), le 6 mai prochain, le ministre de l’Intérieur souhaite visiblement étouffer ce mouvement d’humeur à fort impact économique et social. À ce titre, Lambert-Noël Matha a reçu les leaders de la Coalition des syndicats des transporteurs terrestres de l’administration publique et du secteur privé, le 3 mai à Libreville.

«J’ai été saisi par la Coalition des syndicats du Transport terrestre qui envisage de déclencher une grève de cinq jours, du 6 au 10 mai. J’ai convié les responsables de cette Coalition afin que nous devisions sur le contenu de la requête qui m’a été transmise. Un État ne peut se permettre un arrêt dans la question de transport urbain. C’est une question primordiale», a déclaré le ministre de l’Intérieur.

Se plaignant en effet des rackets intempestifs et de l’ampleur que prend de plus en plus ce phénomène, les transporteurs avaient promis une grève des taxis si le gouvernement n’agissait pas. «Nous avons profité de cette réunion pour faire à monsieur le ministre d’État, une photographie de la situation aujourd’hui en ce qui concerne les contrôles routiers», a expliqué le Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg). «Surtout la résurgence et la persistance de la gangrène que constitue le racket, qui est une forme illégale d’extorsion de fonds opérée par les agents affectés au contrôle routier», a ajouté Jean-Robert Menie.

Des membres de la Coalition des syndicats des transporteurs terrestres. ©
Gabonreview

La base va-t-elle donner un sursis à Lambert-Noël Matha ?

De fait, le leader de ce mouvement syndical a dénoncé la multiplicité des contrôles dans le temps et dans l’espace, la multitude des organes de contrôles, l’extorsion des fonds en lieu et place des amendes légalement prévues par la loi. Mais aussi, les «voies de fait» commises au quotidien sur les transporteurs. Au sortir de cette réunion, deux décisions ont été prises.

Selon le président du Syltteg, «le ministre de l’Intérieur a demandé qu’il soit mis fin à ces points de péage». La deuxième grande décision a été «la mise en place d’un espace, cadre permanent d’échange entre les syndicats issus de la Coalition, le ministère de l’Intérieur et le commandement en chef des Forces de polices nationales», a révélé Jean-Robert Menie. Ce cadre permanent d’échange va permettre de cerner la situation et répondre de manière régulière aux problèmes qui se posent.

À son corps défendant, Lambert-Noël Matha a rappelé qu’il n’a pas fallu attendre de recevoir ou d’avoir des échanges avec cette Coalition pour réagir, envisager un certain nombre d’opérations pour combattre ces phénomènes. «Lors de ma prise de fonction, j’ai déroulé au commandement en chef ma feuille de route pour une Police respectée, respectueuse et respectable. Le policier est avant tout un citoyen. Il est astreint comme tout le monde à des devoirs et à des obligations. Mais surtout, en portant l’uniforme, il y a une variable de plus. Nous nous devons d’avoir un comportement irréprochable», a-t-il dit, rappelant la dernière trouvaille du ministère qui est de faire porter des gilets aux agents affectés au contrôle routier afin d’éviter tout amalgame.

Les syndicalistes vont rencontrer leur base, le 4 mai à Libreville, afin de leur faire part des propositions du gouvernement. Une rencontre à l’issue de laquelle la grève sera maintenue ou non.

 
 

1 Commentaire

  1. diogene dit :

    “Mais surtout, en portant l’uniforme, il y a une variable de plus.” Hélas c’est faux et même le contraire, il a une variable en moins puisqu’il doit une obéissance aveugle , inconditionnelle, indiscutable du genre ouvrir le feu sur des manifestants. Donc ce n’est ni un citoyen libre, ni un homme responsable de ses actes.
    L’extorsion n’est pas une génération spontanée, elle a des causes.
    Corruption du système jusqu’à sa tête, impunité généralisée, justice aux ordres, salaires ridicules,formations déficientes, matériel obsolète, piston au lieu de mérite, dois je continuer ?

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