La controverse autour la révision des critères d’attribution des bourses aux nouveaux bacheliers gabonais remet au goût du jour la problématique des réformes non finalisées. Norbert Giral Abessolo Obame, doctorat en Gestion de la Formation professionnelle dans l’économie du bois, remet donc sur la table l’apprentissage de type dual, notamment développé en partenariat avec la Suisse et permettant une adaptation de l’offre de formation aux besoins des entreprises. Raccourci pour les besoins du référencement dans les moteurs de recherche, le titre initial de sa tribune est : «La formation duale, une opportunité pour l’adéquation formation emploi, un atout pour la diversification dynamique de l’économie Gabonaise.»

Visite en 2015, par une délégation gabonaise, d’un cours interentreprises à l’école de la construction à Tolochenaz (Suisse). © ahb.bfh.ch

 

Norbert Giral Abessolo Obame, Doctorat en Gestion de la Formation Professionnelle dans l’Économie du Bois, diplômé de la Haute École Spécialisée Bernoise (Suisse). © D.R.

La polémique née des mesures portant révision des critères d’attribution des bourses aux nouveaux bacheliers gabonais a obligé le gouvernement à centrer la réforme sur la valorisation des formations en adéquation avec les besoins réels de notre économie. Ces nouvelles dispositions remettent au goût du jour, la problématique des réformes non finalisées. Une situation récurrente au Ministère de l’Education Nationale où les réformes meurent dès que le Ministre change.

Le système éducatif gabonais avait déjà amorcé depuis 2013 une mue vers une valorisation de la formation professionnelle avec l’introduction de l’apprentissage de type dual, développé en partenariat avec la Suisse. Cette initiative est en veille depuis quelques années, du fait certains compatriotes réfractaires au changement. Et pourtant, l’introduction de l’apprentissage de type dual, fortement sollicitée par les entreprises a permis une dynamisation de l’Enseignement Technique et Professionnel (ETP) avec la mise en place des Baccalauréats Professionnels, selon  le modèle par apprentissage de type dual, inspiré du modèle Suisse.

Né de la visite officielle effectuée en Suisse en 2010, par le président de la République Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, le Gabon avait initié un partenariat entre nos deux pays dans le domaine de la formation. Parmi les retombées de ce partenariat, il a été entrepris l’implémentation de la formation duale, un atout pour l’employabilité des jeunes.

Développée en collaboration avec les entreprises, le concept prévoit que les apprentis inscrits dans les lycées techniques répartissent leur temps de formation entre les entreprises et le lycée. Ainsi, ils passent par semaine, quatre jours (04) en entreprise et deux (02) jours au Lycée Technique. Chaque trimestre, on les regroupe pendant quinze (15) jours pour les cours de méthodologie et d’harmonisation, encore appelés Cours Inter-Entreprises (CIE).

Cette innovation, dont le principal atout est de contribuer à une adaptation de l’offre de formation aux besoins des entreprises, a démarré en 2013 dans la filière bois. A ce jour, on compte dans cette dernière, quatre baccalauréats professionnels en apprentissage de type dual (Sciage Déroulage, Menuiserie Industrielle, Construction Bois et Habitat et Maintenance des Equipements Industriels).  Avec un taux de réussite de 98% au Baccalauréat, l’atout majeur de la formation duale est la participation des entreprises dans l’analyse du marché de l’emploi, l’élaboration collégiale des curricula, l’implication active dans la mise en œuvre de la formation et surtout l’évaluation par les représentants des entreprises pendant le baccalauréat.

L’adhésion des entreprises gabonaises à ce concept collaboratif se confirme par l’évolution du nombre d’entreprises accueillant les apprentis qui est passé de huit (08) lors du lancement, en 2013, à cent huit (108) en 2018. Dans le même temps,  le nombre  de jeunes, en apprentissage, est passé de quinze (15) en 2013 à plus de cent soixante (160) en Octobre 2018. Le taux de réussite au Baccalauréat se situe toujours autour de 98% dans chaque filière.

Quant au taux d’employabilité au sortir de la formation, il se situe autour de 98%, certains des bacheliers ayant opté, sous l’égide des entreprises, de poursuivre en BTS. Ces chiffres devraient motiver la généralisation de l’innovation sur l’ensemble du territoire et dans plusieurs secteurs – métiers.

La question reste : combien d’apprentis peut-on mettre en apprentissage en une année solaire ?

Au regard du nombre de jeunes qui sont en apprentissage dans les quatre filières ouvertes, on compte plus de 160,  répartis entre Libreville, Oyem et Port-Gentil. Avec l’hypothèse de  quinze filières au Lycée Technique National Omar BONGO, on atteindrait 640 à raison de quinze(15) par classe/filière. Si on étend les formations dans l’ensemble des Lycées Techniques, on aurait à peu près 6300 élèves apprentis en classe de seconde professionnelle à la prochaine rentrée des classes.

Le principal atout du Gabon

Dans le cadre du Partenariat Gabon-Suisse, le Gabon a investi environ deux milliards de francs CFA pour former dix-neuf experts de la formation duale. Ces experts de carrure internationale servent à ce jour en qualité d’enseignants dans divers établissements. Dans le contexte actuel, leur expertise en formation duale devrait servir pour développer la formation professionnelle, un juste retour sur l’investissement consenti par l’État.

Ce dispositif de formation, prenant en compte tous les métiers et professions, est un levier sûr pour réduire le chômage des jeunes, améliorer la qualité des prestations de service, augmenter les recettes fiscales de l’état et réduire l’oisiveté des jeunes. Dans cette vision, la réforme actuelle devrait soutenir et développer l’extension et la dissémination de la formation duale.

Norbert Giral Abessolo Obame

Doctorat en Gestion de la Formation Professionnelle dans l’Économie du Bois, diplômé de la Haute École Spécialisée Bernoise (Suisse).

  • Membre Permanent de la Cellule de Gestion du Partenariat Gabon-Suisse.
  • Enseignant Génie Industriel Bois et Matériaux Associés à l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET), Libreville Gabon

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