À travers une conférence-débat ce 14 février, le Collectif 240120 a célébré une Saint-Valentin citoyenne, en édifiant l’opinion sur les dérives des réseaux sociaux. Dans sa démarche, le Collectif qui entend proposer au Parlement une réflexion pour la régulation des réseaux sociaux, a invité les utilisateurs à s’en servir de manière responsable.

Les intervenants lors de la conférence-débat. © Gabonreview

 

Parfois taxés d’omniprésents, les réseaux sociaux constituent une belle innovation en matière de communication. Celle-ci comporte néanmoins une face hideuse façonnée par des dérives. Pour édifier l’opinion sur ces dérives, lors de la célébration de de sa Saint-Valentin citoyenne, le Collectif 240120 a mis en relief les malheureux évènements du 24 janvier 2020.

En effet, des émeutes avaient éclaté dans la capitale gabonaise à cause des rumeurs, sur les réseaux sociaux, d’enlèvements d’enfants. Ces incidents ont conduit à la mort de deux personnes innocentes. C’est pour dénoncer ces faits qui portent atteinte au vivre-ensemble que ce collectif a organisé, le 14 février, une “Saint-Valentin citoyenne” autour du thème central : “Les réseaux sociaux : agir pour une utilisation responsable” et du sous-thème “Qu’on aime ou qu’on n’aime pas les réseaux sociaux, il faut vivre avec”.

Les différents intervenants qui ont assuré que «les réseaux sociaux sont une chance», ont invité leurs utilisateurs à s’assurer de l’authenticité des contenus, avant de les publier et de les partager. «Les réseaux sociaux ont un pouvoir destructeur, d’où l’intérêt de faire attention à ce que nous publions», a déclaré Sylvie Touré, l’un des intervenants. «L’information, si elle n’est pas vérifiée, entraîne toutes les dérives que nous connaissons aujourd’hui», a ajouté Aziz Odjire, un autre intervenant. Professionnel du numérique, il a indiqué que ces dérives sont entre autres dues à un élément que le numérique a de particulier : «le phénomène de distribution». «C’est un changement de paradigme qui fait qu’il s’impose à nous sans pourtant demander l’avis de qui que ce soit», a-t-il expliqué.

© Gabonreview

Éduquer ceux qui reçoivent l’information

Pour lui, il serait judicieux «d’éduquer les personnes qui reçoivent l’information plutôt que de se focaliser sur les personnes qui diffusent le contenu». «Aujourd’hui, on n’a pas la maîtrise totale de ce qui est diffusé sur Internet et de ce point de vue, il est beaucoup plus facile d’éduquer les personnes qui reçoivent l’information», a-t-il exposé.

Pour Anicet Engo, magistrat, président du Yali Gabon, les dérives décriées sont punies par le Code pénal gabonais. «Les informations diffusées à tort peuvent causer le trouble au sein de la société. Donc la loi a prévu dans le Code pénal en son article 227 que toute personne qui diffuse les fausses informations (…) est punie d’un emprisonnement de 5 ans assorti d’une amende de 3 millions» a-t-il informé, soulignant que l’idée est de «mettre des gardes fous pour éviter les dérives pour l’avenir».

Selon Ziza Sandrine Itou-Y-Maganga, membre de cette plateforme citoyenne, le Collectif 240120 a lancé une réflexion et compte élaborer un texte qui sera déposé à l’Assemblée nationale pour réguler l’usage des réseaux sociaux en République gabonaise. Après la célébration de cette Saint-Valentin citoyenne, le Collectif 240120 qui travaillera également sur un guide d’utilisation pour les utilisateurs des réseaux sociaux, entend se charger de la mobilisation et de la sensibilisation des jeunes des établissements scolaires et d’ailleurs. L’ambition est de sensibiliser le plus grand nombre sur les dérives des réseaux sociaux.

 
 

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