Humiliés par des membres d’une partie de la famille d’Omar Bongo et par les collaborateurs d’Ali Bongo, ne parvenant pas à voir celui-ci depuis le début de ses ennuis de santé, les membres du clan formé par les patriarches Jean-Boniface Asselé et Idriss Ngari pourraient bien se venger en évoquant à leur tour la question de la vacance du pouvoir au sommet de l’État. L’épisode auquel les lecteurs de Gabonreview ont échappé durant notre suspension.

Arrêt sur image : dans une vidéo ayant emprunté les réseaux sociaux à partir du 24 juillet dernier, on reconnaît Idriss Ngari, Jean-Boniface Asselé, Nicole Asselé, entre autres, devant la villa d’Ali Bongo à la Sablière. © D.R.

 

Près de 10 mois après l’AVC du président de la République, les rapports entre les membres de sa famille maternelle et certains de ses proches collaborateurs, auxquels semble s’être jointe une partie de sa famille paternelle sont tendus. Les premiers accusent les seconds de s’être accaparés de la personne d’Ali Bongo toujours en convalescence. Sans nier ouvertement ces accusations, les seconds s’activent plutôt à conforter le côté paternel. La récente rencontre entre Ali Bongo et Fidèle Andjoua, frère aîné d’Omar Bongo, n’était pas anodine.

Pourtant, depuis le retour au Gabon du chef de l’État, rares sont ses parents maternels qui l’ont rencontré et lui ont parlé de vive voix, au point que des rumeurs persistantes veulent que sa propre mère, Patience Dabany, ait été écartée de son entourage après Rabat. Les rapports entre la mère du président et sa belle-fille Sylvia Bongo Ondimba ne seraient pas non plus les plus chaleureux, ainsi que le rapportent de nombreuses sources sur la bande.

Humiliation !

S’il a été le premier à décrier le mystère créé autour d’Ali Bongo depuis son AVC, en octobre 2018, Jean-Boniface Asselé a été rejoint ces derniers mois par Idriss Ngari. On a d’ailleurs vu les deux patriarches faire le pied de grue à proximité de la résidence privée du président à la Sablière, fin juillet dernier. À en croire le chef de la famille Asselé-Dabany, il s’était agi, entre autres, d’aller s’enquérir auprès de la première Dame si elle avait bel et bien «giflé» sa belle-mère, ainsi que c’est abondamment rapporté sur les réseaux sociaux et bien dans bien de cercles. Ce jour-là, tenus à plusieurs dizaines de mètres du domicile d’Ali Bongo qui avait visiblement autre chose à faire qu’à les recevoir, les deux patriarches avaient été humiliés et n’étaient parvenus qu’à s’entretenir quelques minutes durant avec Malika Bongo Ondimba, la fille aînée du président. Depuis, le conflit entre les collaborateurs du président et ses parents maternels semble être monté d’un cran. Le règlement de compte ne fait plus aucun doute.

Règlement de compte et chaudes empoignades à l’horizon

Limogée de la SGEPP à la tête de laquelle elle est n’est théoriquement restée que moins de deux semaines, Nicole Asselé n’est pas loin d’être une des victimes du conflit opposant les nouveaux «patrons» du palais présidentiel à la famille maternelle du président. L’ex-DG de la CNSS faisait partie de ceux qui avaient cherché à s’introduire chez Ali Bongo à la Sablière.

Exclu du PDG sous des motifs que l’intéressé juge fallacieux, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, beau-fils du Général Idriss Ngari, pourrait aussi être compté parmi les victimes du même conflit. Député d’Akiéni, l’ancien bras droit et haut représentant du raïs Ali Bongo entendrait bien ne pas se laisser faire, notamment se faire ravir son mandat et son immunité parlementaire. Beaucoup pensent que son beau-père est en passe d’entrer dans la danse, quitte à évoquer à son tour la question de la vacance du pouvoir au sommet de l’État en joignant un nombre de députés à sa cause, y compris ceux issus de l’opposition. Idriss est un des vice-présidents de l’Assemblée nationale. Il ne manque pas d’influence.

De son côté, ayant choisi la communication, Jean-Boniface Asselé n’en finit plus de proférer des menaces, y compris à l’endroit de Brice Laccruche Alihanga, dont il assure ne pas avoir peur. Dans son émission «Asselé vous parle», diffusée sur sa radio, Génération nouvelle, le chef de la famille Asselé-Dabany a récemment soupçonné le directeur de cabinet d’Ali Bongo et d’autres d’être «prêts à prendre le pouvoir». Ayant déjà mis en garde certaines personnalités proches du président et originaires du Haut-Ogooué de stopper les velléités de certains dans l’entourage du chef de l’Etat, le clan Asselé-Ngari ne devrait pas se laisser faire. Chaudes empoignades à l’horizon.

 
 

1 Commentaire

  1. asphalt dit :

    Quand un problème de famille devient une affaire d’état.pathétique!

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