«L’appel à agir» lancé par un groupe de «citoyens libres, conscients et responsables» et la «pétition contre la régence franco-marocaine» ne sont ni des exercices narcissiques ni des appels du pied.

Face à l’«appel à agir» ou à la pétition «contre la régence franco-marocaine», certains leaders d’opinion n’ont pas hésité à déverser des tombereaux d’injures, sombrant dans le procès en sorcellerie. © Gabonreview/Shutterstock

 

Ce n’est pas l’emballement mais, un frémissement. Après «l’appel à agir» lancé par un groupe de «citoyens libres, conscients et responsables» (lire «La jeune garde de l’opposition exige l’application de l’article 13»), une pétition vient d’être mise en circulation (lire «Contre la régence franco-marocaine»). Au-delà des querelles de clochers, ces initiatives ne sont ni des exercices narcissiques ni des appels du pied. Elles procèdent plutôt du désir d’ôter au débat sur la vacance du pouvoir toute connotation partisane. En d’autres termes, elles relèvent de la volonté d’en faire une préoccupation citoyenne. Dans un environnement où le soupçon gratuit est érigé en marque d’intelligence, l’analyse doit s’appuyer les faits. D’une façon ou d’une autre, sur des périodes plus ou moins longues, avec constance mais parfois de manière discontinue, les initiateurs des actions de ces derniers jours ont mis du leur dans le combat pour l’avènement d’une authentique démocratie. Élus, militants de partis, syndicalistes, membres de la société civile ou citoyens anonymes, ils ont été de toutes les luttes depuis maintenant 10 ans. C’est dire si les procès entendus çà et là se justifient difficilement.

Du pain béni pour le pouvoir

Comme «l’appel à agir», la pétition lancée mercredi dernier pourrait être parasitée par des déclarations tout à trac. Feignant de croire en leurs propres dires, certains leaders d’opinion n’ont pas hésité à déverser des tombereaux d’injures, sombrant dans le procès en sorcellerie. S’engouffrant dans la brèche ainsi ouverte, de nombreux observateurs se sont confondus en accusations gratuites, se livrant à toutes sortes d’amalgames, quitte à tomber dans la dénonciation calomnieuse. Se posant en seuls et uniques défenseurs de la «légitimité de Jean Ping», ces procureurs autoproclamés ont cultivé une rhétorique partisane, divisionniste voire sectaire.

Au sein de l’opinion, certains militent, à mots à peine couverts, pour l’échec des initiatives de ces derniers jours. A leurs yeux, elles sont destinées à noyer le débat sur le «rétablissement de la vérité des urnes». Or, si la valeur du vote populaire reste une question essentielle, la situation politique de l’heure commande d’aller au-delà des considérations partisanes. Plus prosaïquement, le flottement institutionnel né des ennuis de santé d’Ali Bongo requiert un traitement circonstancié. L’échec de «l’appel à agir» et de la «pétition contre la régence franco-marocaine» serait du pain béni pour les prévaricateurs de tout bord. Entre engourdissement des consciences, opacité sur les réelles capacités du président de la République à assumer les devoirs de sa charge et prégnance d’intérêts privés ou partisans, les ingrédients d’un verrouillage total du jeu institutionnel seraient alors réunis.

Explorer toutes les voies démocratiques

Évoquée dans les chaumières et redoutée par une bonne partie de l’opinion, la confiscation du pouvoir serait alors une suite logique. Depuis 1990, chacun a pu mesurer combien le soupçon gratuit, le déficit de confiance, les luttes d’influence ou le culte de la personnalité ont gêné la marche vers davantage de démocratie, faisant le lit aux coteries de toutes sortes. Faut-il repasser les plats, commettre les mêmes fautes ?  Sans optimisme béat, chacun gagnerait à laisser les initiatives se développer. Loin de tout messianisme, il  faut explorer toutes les voies démocratiques. Après tout, au cœur de la promesse démocratique se trouve la pluralité des idées. Mieux, la légitimité n’est pas un blanc-seing. Elle s’entretient et se renouvelle par les résultats.

L’opinion est manifestement gagnée par le doute. Particulièrement traumatisée par la dernière présidentielle, n’ayant pas digéré les résultats des élections d’octobre dernier, elle peine à envisager la suite des évènements. D’où la chasse à courre déclenchée contre les porteurs d’initiatives. N’empêche, pour cerner les propos des uns et des autres, il faut regarder d’où ils s’expriment. Autrement dit, il faut considérer leur conditionnement et leurs intérêts. Pour ainsi dire, il faut interroger leur passé, examiner leurs rôles, évaluer leurs apports et surtout leur capacité à accepter l’autre dans sa différence. Sauf à se faire les relais d’un jeu de massacre. Au grand bonheur des réactionnaires.

 
 

4 Commentaires

  1. Moussavou Jacques dit :

    “La légitimité n’est pas un blanc-seing” ? Vrai. Sinon les gilets jaunes n’existeraient pas. Ils sont dans la rue parce que Macron ne fait pas ce pourquoi ils l’ont choisi en 2017. Au Gabon, on demande aux gens qui ont choisi quelqu’un pour qu’il prenne le pouvoir en 2016 de se taire alors que ce monsieur n’a pas honoré sa promesse

  2. Biyoghe Armand dit :

    Je ne cesserai de dire que la pierre d’achoppement vient de la France. Comment concevez-vous que cette hypocrite France soutient au Venezuela l’opposant Juan Guaido, et au Gabon est complètement SILENCIEUX de la victoire de Jean Ping ? Réponse : parce que, son candidat était et demeure Ali Bongo, valet parfait de la Métropole. Jean Ping pose problème à la France parce qu’il ne sera pas une marionnette comme le sont les Bongo. Voilà pourquoi la France refuse que le vainqueur des élections présidentielles de 2016 prenne le pouvoir au Gabon.

    Et n’attendez rien de bon s’il y a encore une élection présidentielle, il y aura encore fraudé avec la complicité de la France. Cette connasse de France se FOUT éperdument de la Liberté ou de la démocratie au Gabon.

    Pour mettre FIN à son jeu, nous devons IMPOSER JEAN PING comme président élu (ce qui est vrai en plus). Ainsi, nous mettrons FIN aux manoeuvres diaboliques de la SATANIQUE FRANCE qui veut se faire passer pour un ange de lumière.

  3. Gouyet dit :

    Arrêtons de dire n importe quoi Macron est le meilleur President que la France a depuis De Gaulle.

    • Kabore Michel dit :

      Mais mon cher Gouyet, j’ai le regret de te faire savoir que ton Macron est lui-même un marionnette entre les mains des puissants milliardaires de la planète, et donc des juifs surtout.

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