Analysant la récente cérémonie de prestation de serment du gouvernement, Raymond Ndong Sima a émis des doutes sur la capacité réelle d’Ali Bongo à «assumer pleinement les charges de sa fonction». Pour lui, le chef de l’Etat est sous l’emprise d’un «groupe d’individus» qui a quelque peu instauré une «régence» au Gabon.

Raymond Ndong Sima doute de la capacité d’Ali Bongo à «assumer pleinement les charges de sa fonction». © D.R.

 

Raymond Ndong Sima a livré son analyse sur la cérémonie de prestation de serment du gouvernement devant Ali Bongo, le 15 janvier Libreville. Un rituel qui a laissé perplexe l’ancien Premier ministre, comme il l’a signifié dans un post sur sa page Facebook, le 17 janvier.

«Le président de la république vient de faire un voyage éclair au Gabon pour recevoir le serment des membres du nouveau gouvernement. Il n’a pas mis cette occasion à profit pour rencontrer la population l’espace de quelques minutes et dissiper ses doutes», a regretté Raymond Ndong Sima. Pour lui, «ceux qui ont organisé ce voyage ont juste voulu assurer, derrière un semblant de légalité, la continuité du pouvoir en place».

Premier ministre durant le premier mandat d’Ali Bongo, de février 2012 à janvier 2014, Raymond Ndong Sima estime que cette cérémonie de prestation de serment, à défaut de rassurer l’opinion, a plutôt conforté l’inaptitude d’Ali Bongo à tenir les rênes du Gabon.

«Le déroulé de la cérémonie comme toute la séquence allant de son arrivée secrète, à l’éloignement des médias, l’absence d’audience en dehors du cercle déjà à la manœuvre, l’annulation du conseil des ministres annoncé et finalement son retour rapide et tout aussi discret pour le Maroc, accroissent significativement le doute sur sa capacité réelle à assumer pleinement les charges de sa fonction», a-t-il affirmé.

Ce qui a laissé dire au natif d’Oyem que «le Gabon n’est pas un royaume». Pour lui, en effet, «il n’appartient pas à un groupe d’individus, quelle que soit la confiance dont ses membres peuvent se prévaloir de la part du président de la république, de statuer en lieu et place du peuple et d’instaurer en quelque sorte une régence». Et Raymond Ndong Sima de prévenir que «de tels agissements mettent inutilement en péril la paix intérieure du pays».

 
 

6 Commentaires

  1. Je-passe dit :

    Pourquoi jouer sur les mots et même sur les maux?Ce boa est grabataire et à terre qu’on trimbale de pays en pays comme un trophée pour l’exhiber et s’il était exhibé normalement,ça passait encore.J’ai visionné la dernière pitrerie sur la prestation ou allégeance de ces moins que rien entre de jurer devant un momie.c’était tout simplement grotesque.Sur 20mn,le cadavre ou le sosie de ce boa est apparu à l’écran furtivement flou et séquentiellement qu’en 1 mn à peine.Ce fut un cirque très pathétique mais comme la honte qui est un sentiment humain n’habite plus les Gabonais,rien ne m’étonne car dans aucun pays même dans les pays de dictature comme la Corée du Nord,il n’est plus possible de voir une telle forfaiture.En tout cas je ne fais que passer puisque je ne suis pas Gabonais et heureusement

  2. Akoma Mba dit :

    Ndong Sima, Ping, Myboto. Nzouba, etc et tous les acolytes des Bongo savent très bien qu’Ali Bongo ne peut revenir au Gabon que dans un cercueil.
    Foutez-nous la paix et Dégagez. Il n’y a pas que vous dans ce pays!
    Monsieur Ndong Sima, n’avez-vous pas honte de la ruelle appelée route nationale qui passe devant chez vous après avoir été Premier Ministre?

  3. Mboung dit :

    “Quand la merde vaudra de l’or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus.”Henry Miller

  4. bill ngana dit :

    Étonnement et interrogations. Ce sont en effet, comme semble le dire Ndong Sima, les principaux sentiments, au-delà du vrai doute, qui étreignent les citoyens gabonais au lendemain de toutes ces mises en scène (“la chosification…”, dixit le putschiste du 7 janvier. Finalement, les événements lui donnent raison…) du président de la République. Ces mises en scène durent depuis de longues semaines dans le but, semble-t-il, de démontrer que M. Ali Bongo est toujours à la manœuvre à la tête de l’Etat. Et, par conséquent, l’inutilité de convoquer l’article 13 de la Constitution, qui préconise dans de telles circonstances, ce que nous savons tous. Pourquoi cette insistance à vouloir démontrer à tout prix la capacité d’ABO à gouverner, en le faisant simplement apparaître pour quelques minutes devant les écrans de télé, ou pour quelques secondes dans une cérémonie publique filmée à huis clos ? Pourquoi cette insistance manifeste en même temps que ce refus catégorique de désigner un collège de médecins gabonais capables de certifier sur l’honneur de la capacité de M. Ali Bongo à diriger le Gabon malgré les séquelles de son AVC en voie de normalisation ? Pourquoi, dans la famille même de l’intéressé, apprend-on que des parents très proches, considérés comme des poids lourds au regard de nos traditions gabonaises, seraient tenus à l’écart des informations concernant leur propre neveu, chef de l’Etat fût-il ? Quels objectifs sont poursuivis avec autant d’opacité affichée ? Et, au sujet de toutes ces manœuvres, aucun institutionnel ne prend la parole. Le nouveau PM, plutôt que de vouloir se tourner d’abord vers les syndicats ainsi qu’il l’a annoncé publiquement, ne devrait-il pas commencer par éclairer l’opinion gabonaise sur cette question, étant donné qu’il est tenu désormais de lui dire toute la vérité vraie ?

  5. IPANDY dit :

    si seulement tu avais eu le courage de démissioner au lieu de te faire éjecter comme un mal propre au poste de PM, tes paroles auraient une crédibilité aujourd’hui.
    Si tu n’avait pas eu ce courage, à l’époque, je doute fort que tu aurais eu le courage de saisir la cour, actuellement, pour faire constater la vacance.

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