La journée mondiale de lutte contre le VIH Sida a été célébrée le 1er décembre à travers le monde et au Gabon où des efforts sont enregistrés en termes de riposte. Qu’à cela ne tienne, le tabou autour de la maladie demeure dans certains milieux où des vies sont en péril.

Au Gabon où 53 000 personnes sont infectées, la riposte contre le VIH se poursuit (illustration). © LUCA SOLA

 

Aujourd’hui, 36,9 millions de personnes, dont 21,9 millions ont un traitement, vivent avec le VIH Sida dans le monde. Si les blouses blanches assurent que le taux de mortalité dû au Sida a considérablement baissé, notamment grâce à la mise des malades sous antirétroviraux, ils soulignent que ces antirétroviraux n’éliminent pas le virus, mais «permettent de vivre avec».

Grâce à la prise d’antirétroviraux, «le Sida s’est progressivement transformé en maladie chronique». Les recherches menées actuellement pourraient déboucher sur un vaccin. «Les grandes épidémies ne se terminent qu’avec un vaccin, quels que soient les progrès qu’on peut faire avant. On va passer probablement par un vaccin qui sera à moitié efficace dans un 1er temps», a déclaré, optimiste, Jean-François Delfraissy, professeur de médecine et spécialiste de la lutte contre le sida.

Des efforts contre la riposte qui pourraient faire sourire plus d’un. Au Gabon, a déclaré Denise Ongotha Aplogan, directeur général adjoint à la Direction de la prévention du Sida (DGPS), «le VIH Sida a diminué depuis plusieurs années». Dans les années 2000, a-t-elle laissé entendre, le taux de prévalence était de 8%. Selon l’enquête démographique et de santé (EDS) de 2012, la prévalence est descendue à 4,1%. «Nous avons toujours cette prévalence jusqu’à ce qu’on ait un nouveau résultat», a-t-elle fait savoir, tout en indiquant que la 3e EDS est en cours.

Concrètement ce sont 53 000 personnes qui vivent avec le VIH au Gabon. Parmi eux, 36 000 sont sous traitement antirétroviral. Au cours de l’année 2018, a-t-elle noté, 2 000 nouveaux cas ont été déclarés. Soit, une «diminution» par rapport aux années antérieures due, entre autres, à l’implication des organisations communautaires qui ont joué un rôle essentiel depuis le début de la maladie. «Elles ont fait au niveau de la sensibilisation un travail important pour le recul de la maladie. Le Gabon n’était pas un pays d’associations. Aujourd’hui c’est le cas, il y a beaucoup d’associations qui travaillent en collaboration avec les services du ministère de la Santé», a-t-elle déclaré.

Pendant que la lutte s’intensifie et que le pays brise progressivement le tabou autour du VIH, dans certaines familles, le Sida demeure un tabou, un secret qu’il ne faut absolument pas dévoiler. Une stratégie appropriée serait la bienvenue pour tordre le cou à cette attitude qui met en péril plusieurs vies.

 
 

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