L’Association des anciens élèves du Lycée national Léon Mba (AAE LNLM) a organisé, ce 22 février, une journée pédagogique sur les violences en milieu scolaire. Au gymnase dudit établissement, ces anciens ont voulu attirer l’attention des plus jeunes sur les risques des violences en milieu scolaire.

Les élèves du lycée Maba ont été édifiés sur les violences en milieu scolaire. @ Gabonreview

 

Entre 2017 et 2018, les violences en milieu scolaires sont devenues des faits sociaux littéralement banalisés au Gabon. Des rixes entre élèves aux agressions des enseignants par des élèves, il était difficile de passer une semaine sans relever un fait-divers du genre. Le Lycée national Léon Mba, pourtant réputé pour le sérieux des élèves et l’excellence en termes de résultats scolaires, n’y a pas échappé. Fort de ce constat, l’Association des anciens élèves du Lycée national Léon Mba (AAE LNLM) a organisé, ce 22 février, une journée pédagogique sur la violence en milieu scolaire. «Nous avons été dans ce lycée pendant de nombreuses années, ce que nous sommes devenus c’est grâce au lycée. Donc nous nous sommes dit que nous devons aider nos jeunes à évoluer comme nous avons évolué parce que s’ils ne sont pas encadrés comme nous avons été encadrés, évidemment ils ne peuvent pas atteindre les objectifs dont le principal est la réussite dans la vie», a déclaré Jean-Michel Ella Essone, président de l’AAE LNLM.

Le président de l’AAE LNLM. @ Gbobreview

L’objectif majeur de cette journée, était de «sensibiliser les enfants pour que leurs comportements changent». Ces élèves, en plus des enseignants, ont été entretenus durant cette journée par un juge pour mineur, personnel de la police, ainsi qu’un médecin de la prison centrale de Libreville. Tour à tour, chacun a pointé du doigt différentes causes de violence en milieu scolaire afin de «prévenir les enfants». Au nombre des causes, les drogues, l’indiscipline. «Il y a aussi des élèves qui ont de mauvais résultats scolaires qui sont un peu perdus ou qui n’ont pas le soutien nécessaire au moment venu pour qu’ils ne décrochent pas. Donc ces enfants-là perdent l’estime de soi et pour se mettre en valeur, ils commencent à faire le désordre», a souligné Jean-Michel Ella Essone quand Orphée Martial Soumaho Mavioga, maître assistant CAMES, enseignant à l’Université Omar Bongo (UOB), qui a exposé sur la consommation de drogues à l’école, a déploré le fait que face à la violence en milieu scolaire, la réponse est souvent la mise à l’écart des élèves déviant. «La réponse apportée pour lutter contre la drogue privilégie le tout répressif au détriment de la prévention. Ce qui n’a pas réellement d’impact sur la situation actuelle», a-t-il dit.

Exposant pour sa part sur le thème “Violence enseignante : traumatisme et désorientation de l’enseigné“, Mathurin Ovono Ebe, enseignant d’espagnol a voulu quant à lui, mettre en exergue un autre type de violence en milieu scolaire. «La violence en milieu scolaire n’est pas une exclusivité inter-élèves. Elle, peut être aussi orientée de l’enseignant à l’élève», a-t-il dit indiquant les conséquences de celle-ci, sont dévastatrices pour l’élève en plein processus cognitif. Ayant été victime de ce type de violence, il a voulu attirer «l’attention de l’enseignant sur la responsabilité dans le développement de la personnalité de l’enseigné». «Moi qui au primaire et en 6e était très attaché aux questions de mathématiques, à partir de la 5e je me suis désorienté parce que l’enseignant que j’ai eu en 5e a eu à me répondre, lorsque je lui avais posé une question :”vous ne comprenez pas parce que vous êtes idiot”. Et là, ça a bloqué immédiatement le processus de cognition en mathématique. Et la malchance que j’ai eue, c’est que classe après classe, je n’ai fait que rencontrer des enseignants de mathématique de la même espèce. Aujourd’hui je suis enseignant de littérature, d’espagnole. J’aurai pu, j’aurai dû être enseignant de mathématique par exemple mais ce n’est pas le cas parce qu’il y a eu une violence de l’enseignant sur l’enseigné que j’étais à l’époque», a-t-il exprimé.

Aux termes de cette journée, les élèves ont dit avoir été édifié même s’ils ont eu du mal à comprendre certaines communications.

 
 

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