Cemac : BGFI Holding entre à la BVMAC et réussit une IPO historique en Afrique centrale
La finance sous-régionale a enregistré, ce jeudi 7 mai, l’introduction en bourse (IPO) de BGFI Holding Corporation à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Cette journée marque en effet la première cotation officielle de la maison-mère du Groupe BGFIBank sur le marché financier unifié de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). À travers cette opération dite historique, le groupe bancaire gabonais ouvre un nouveau chapitre de son développement et confirme son ambition de jouer un rôle moteur dans la transformation du financement des économies d’Afrique centrale.

Cette introduction en bourse symbolise une nouvelle étape de croissance pour le groupe gabonais dirigé par Henri Claude Oyima. © D.R.
BGFI Holding Corporation a fait son entrée en bourse, ce jeudi 7 mai, à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Ce qui marque la première cotation de la maison-mère de BGFIBank sur le marché financier unifié de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Cette opération symbolise une nouvelle étape de croissance pour le groupe gabonais, qui ambitionne de renforcer son rôle dans le financement des économies, particulièrement en Afrique centrale. «Plus qu’une introduction en Bourse, c’est une invitation lancée aux investisseurs à bâtir, avec nous, le champion bancaire panafricain de demain», a souligné le Groupe.
Signature bancaire considérée comme l’une des plus solides de la sous-région
L’opération a suscité un engouement remarquable sur le marché régional. L’introduction en Bourse (IPO), portant sur 10 % du capital social de BGFI Holding Corporation, a permis de mobiliser 45,3 milliards de francs CFA auprès de 7 601 investisseurs répartis dans 24 pays. La période de souscription s’est conclue sur un taux de sur-souscription de 136 %. Ce qui traduit un intérêt soutenu pour cette signature bancaire considérée comme l’une des plus solides de la sous-région. Fait notable, les particuliers ont représenté 71 % des souscripteurs, illustrant une montée progressive de la culture boursière et de l’investissement financier dans l’espace Cemac.
Pour la BVMAC, cette cotation revêt une portée hautement symbolique. Depuis sa création, la place financière de Douala fait face à un déficit de liquidité et à un nombre limité d’entreprises cotées. L’arrivée de BGFI Holding, première multinationale à intégrer le compartiment actions de la Bourse régionale, apparaît ainsi comme un signal fort envoyé aux grandes entreprises de la zone. L’opération démontre également la capacité du marché financier régional à accueillir des levées de fonds d’envergure sous la supervision de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). À travers cette réussite, les autorités monétaires et financières de la Cemac espèrent accélérer l’élargissement du marché des capitaux et renforcer l’attractivité de la place boursière régionale.
Réduire la dépendance des économies sous-régionales aux capitaux extérieurs
Cette introduction intervient par ailleurs dans un contexte de réflexion plus large sur la souveraineté financière de l’Afrique centrale. Depuis plusieurs années, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) encourage le développement du financement en monnaie locale afin de réduire la dépendance des économies sous-régionales aux capitaux extérieurs. En ouvrant son capital au public, le Groupe BGFIBank réaffirme sa volonté de «faire de l’épargne régionale le moteur de la croissance africaine». La diversification du groupe, présent notamment au Gabon, au Cameroun, au Congo, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin, en Guinée équatoriale, à Madagascar, à Sao Tomé-et-Principe, ainsi qu’en France, constitue par ailleurs un facteur de résilience apprécié des investisseurs.
Au-delà de la performance financière immédiate, l’entrée de BGFI Holding à la BVMAC ouvre aussi un nouveau cycle en matière de gouvernance et de transparence. La cotation impose désormais au groupe bancaire des obligations renforcées d’information financière et de communication périodique, contribuant à améliorer la visibilité du secteur bancaire régional auprès des investisseurs et des analystes. Les premières séances de cotation seront observées avec attention, car elles serviront de test pour mesurer la profondeur réelle du marché financier de la Cemac et sa capacité à attirer durablement l’épargne régionale.













0 commentaire
Soyez le premier à commenter.