À peine installé à la tête de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), le Gabonais Prosper Zo’o Minto’o se retrouve confronté à une fronde syndicale inédite. Moins de huit mois après sa prise de fonction, les organisations syndicales de l’agence ont décidé de faire front commun pour dénoncer le manque de réponses concrètes aux revendications des personnels techniques et administratifs qui durent depuis plusieurs années.

Prosper Zo’o Minto’o, directeur général de l’Asecna, attendu sur l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents. © D.R.

 

Elles lui avaient laissé du temps pour lui permettre de s’installer et de prendre connaissance de l’état d’esprit dans lequel se trouvent les agents depuis plusieurs années. Huit mois après, les organisations syndicales de l’Asecna sont récemment montées au créneau, estimant avoir trop attendu. Surtout que le nouveau directeur, le Gabonais Prosper Zo’o Minto’o, semble avoir oublié leurs attentes à son endroit.  Conséquence, rapporte Africa Intelligence le 28 août 2025, pour la première fois, la mobilisation regroupe les syndicats de plusieurs pays membres, mécontents face à une direction jugée trop lente à réagir.

Ces tensions interviennent dans un contexte de réforme. En effet, élu lors de la 74e session extraordinaire de l’Asecna à Dakar en septembre 2024, Prosper Zo’o Minto’o avait présenté un programme ambitieux de redressement et de modernisation. Lors d’une conférence de presse à Libreville en septembre 2024, il avait notamment souligné que l’agence avait perdu près de 47 % de son trafic depuis 2019, impactant lourdement ses ressources et sa capacité à investir dans la formation et les infrastructures. Mais pour les syndicats, les annonces ne suffisent plus. Ils réclament des mesures immédiates et tangibles pour améliorer le quotidien des agents, notamment dans les centres de contrôle aérien et les aéroports régionaux.

Leurs griefs portent notamment sur : la dégradation des conditions de travail, l’absence de revalorisation salariale, le manque de moyens humains et techniques.

Une crise aux répercussions régionales

L’Asecna, qui regroupe 18 États africains et la France, joue un rôle clé dans la sécurisation des espaces aériens du continent. Une perturbation prolongée des opérations pourrait affecter le trafic aérien dans plusieurs pays, avec des conséquences économiques et sécuritaires.

Au-delà des revendications sociales, cette crise met en lumière les défis structurels auxquels l’agence est confrontée : comment concilier sécurité aérienne, efficacité opérationnelle et paix sociale dans un contexte de ressources limitées et de forte attente politique ?

Fort de son expérience à l’OACI et de son expertise technique reconnue, Prosper Zo’o Minto’o, devra désormais conjuguer diplomatie interne et leadership stratégique pour apaiser les tensions. La réussite de son mandat dépendra en grande partie de sa capacité à instaurer un dialogue social constructif et à accélérer la mise en œuvre des réformes promises.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. KIEM dit :

    Il y travaille, c’est un stratège

  2. KIEM dit :

    Obama avait demandé aux jeunes des banlieues américaines de réclamer ce qu’ils sont réellement. Attention, tout le monde à l’Asecna a-t-il les compétences requises pour occuper son poste ? Wait and see.

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