Dix tonnes de crevettes royales ont été débarquées à Port-Gentil, le 24 avril, en présence du ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba. Cette prise couronne une campagne de pêche exploratoire de six mois menée par l’armateur Astipeche dans la Zone économique exclusive (ZEE) du Gabon, destinée à mieux cartographier le potentiel des crustacés de fond.

Le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba (au milieu), s’imprégnant de la marée en crustacés. © AGPGabon

 

Dix tonnes de crevettes royales. Telle est la quantité de crustacés débarquée le 24 avril à Port-Gentil, en présence du ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, qui y a vu une étape déterminante pour la pêche industrielle gabonaise. Cette prise est l’aboutissement d’une campagne exploratoire de six mois conduite par l’armateur Astipeche dans la Zone économique exclusive (ZEE) du Gabon.

Au-delà de la performance quantitative, l’opération revêt un enjeu stratégique pour l’État gabonais : évaluer la capacité des opérateurs privés à structurer un maillon encore fragile de la chaîne de valeur halieutique. «Il s’agit de voir comment l’État, via les opérateurs privés, peut organiser les unités de débarquement et de stockage qui nous manquent», a souligné le ministre, rapporté par l’Agence gabonaise de presse (AGP). Les premières données issues des captures nourrissent déjà un certain optimisme quant à la viabilité économique du segment des crevettes de fond. «Les quantités obtenues donnent de l’espoir quant à une éventuelle extension du permis d’exploration», a-t-il ajouté, mettant en avant un environnement propice à l’expansion de cette activité.

Du côté des opérateurs, cette campagne s’inscrit dans un cadre rigoureux et expérimental, fondé sur la collecte et l’analyse de données scientifiques. Saïd, armateur marocain impliqué dans l’opération, a ainsi insisté sur cette dimension. «Nous devons pêcher, répertorier et analyser toutes les données collectées avec l’appui d’observateurs embarqués», a-t-il dit chez nos confrères. En moins d’un mois en mer, les équipes ont réussi ledit tonnage de crevettes roses, dites royales. Toute chose qui confirme le potentiel des eaux gabonaises.

Cette embellie ne saurait, cependant, occulter les contraintes persistantes du secteur. Les professionnels pointent notamment le coût élevé du gasoil, la concurrence accrue des crevettes importées et l’obsolescence de certaines zones de pêche. Dans ce contexte, une responsable d’Amerger Gabon a déploré une baisse de 40 % du chiffre d’affaires en 2025, conséquence directe de l’afflux de produits importés à faible taxation. Face à ces défis, le gouvernement entend renforcer son rôle de régulateur et de soutenir les acteurs locaux, pour améliorer la compétitivité de la filière et pour préserver une activité jugée stratégique pour l’économie nationale.

 
GR
 

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