Fuite de données mortuaires : l’Autorité des données auditionne la CASEP-GA
Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant l’utilisation de documents contenant les données personnelles de personnes décédées, l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP) a reçu, le 22 octobre 2025, les responsables de la Compagnie africaine de sépulture du Gabon (CASEP-GA). Objectif : faire la lumière sur cette fuite préoccupante et rappeler les exigences de conformité à la loi.

Le président de l’APDPVP, Joël Dominique Ledaga (costume bleu) auditionnant le directeur technique de CASAP-GA, le 22 octobre 2025. © D.R.
L’affaire a fait grand bruit sur la toile. Une vidéo devenue virale montre des documents estampillés du logo de la Compagnie africaine de sépulture du Gabon (CASEP-GA), contenant les informations personnelles de personnes défuntes, entre les mains d’un commerçant. Une situation jugée inacceptable par l’Autorité pour la protection des données personnelles et de la vie privée (APDPVP), qui s’est aussitôt autosaisie du dossier.
Le 22 octobre 2025, les responsables de la CASEP-GA ont été entendus par l’Autorité afin d’expliquer les circonstances de cette fuite. «Sous l’alouette de l’autorité, nous avons pu apporter plus de détails sur les faits qui sont indépendants de notre volonté», a déclaré Dimitri Awori Ndouna Depenaud, directeur technique de la société, à l’issue de l’audition.
Selon les premiers éléments, la fuite résulterait d’un manquement partagé entre la CASEP-GA et son prestataire chargé de la destruction des archives et déchets, dix ans après leur conservation, comme le prévoit la réglementation. Une mission interne a été diligentée par la société de pompes funèbres pour comprendre l’origine exacte de la défaillance.
CASEP-GA contrainte à se conformer à la loi
Mais l’audition a également révélé un second problème : la CASEP-GA, considérée comme responsable du traitement de données, n’a jamais effectué sa déclaration de conformité auprès de l’Autorité, contrairement aux dispositions de la loi n° 025/2023 du 12 juillet 2023. La société s’est engagée à régulariser sa situation sous huitaine. Quant à l’entreprise prestataire, elle devra suspendre ses activités jusqu’à sa mise en conformité.
L’Autorité, de son côté, a annoncé l’ouverture d’investigations plus poussées, comprenant des contrôles sur site et de nouvelles auditions. Une autre rencontre est prévue afin de déterminer les mesures définitives à prendre.
Dans un contexte où la protection des données personnelles devient un enjeu majeur au Gabon, cette affaire met en évidence la nécessité, pour toutes les entreprises, publiques comme privées, de se conformer strictement à la loi.













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