Le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, ainsi que les adjudants Estimé Bidima Manongo et Dimitri Nzé Minkom, auteurs du coup d’État manqué du 7 janvier 2019 au Gabon, ont retrouvé la liberté ce samedi 30 août 2025. Très tôt ce matin, alors que le pays commémore le deuxième anniversaire du coup d’Etat du 30 août 2023, à Tchibanga, dans le sud du pays, ils ont quitté la prison centrale de Libreville, escortés jusqu’au portail par les responsables de la maison d’arrêt. Leur libération marque la fin d’une période de plus de six ans d’incarcération, et ouvre une nouvelle page dans l’histoire politique du pays.

Le Lieutenant Kelly Ondo Obiang et les adjudants Estimé Bidima Manongo et Dimitri Nzé Minkom raccompagnés à la sortie de la prison centrale de Libreville. © GabonReview

 

Conformément à l’ordonnance d’amnistie générale adoptée par le Conseil des ministres du 12 août 2025, le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, ses compagnons, les adjudants Estimé Bidima Manongo et Dimitri Nzé Minkom, auteurs du coup du putsch manqué du 7 janvier 2019, au Gabon, sont sortis de prison. Ils ont retrouvé la liberté ce samedi 30 août, jour où le pays commémore le coup d’État de 2023, mené par Brice Clotaire Oligui Nguema, alors général de brigade, à la tête des forces de défense et de sécurité regroupées au sein du CTRI. C’est donc un long feuilleton de plus de six ans de la vie du pays qui s’achève avec cette remise en liberté.

Hommage à ses compagnons d’armes tombés le 7 janvier 2019

Clichés de la sortie du Lieutenant Kelly Ondo Obiang et des adjudants Estimé Bidima Manongo et Dimitri Nzé Minkom. © GabonReview

À leur sortie, moins d’une dizaine de journalistes étaient présents. La libération, aussi soudaine qu’inattendue, a pris de court les familles : seul le lieutenant a pu compter sur la présence de son père, de sa sœur et de quelques proches arrivés presqu’en dernier lieu. Tout de blanc vêtu, Ondo Obiang est apparu en bonne forme, bien coiffé, affichant une attitude sereine, tandis que ses compagnons, bien que visiblement un peu amaigris, semblaient eux aussi en forme après ces années de détention.

Pour ses premiers mots, Kelly Ondo a rendu hommage à ses compagnons d’armes tombés le 7 janvier 2019. «Avant tout propos, j’aimerais rendre un vibrant hommage à mes hommes tombés pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation et la restauration de la dignité du peuple gabonais. Ils en ont payé le sacrifice suprême», a-t-il déclaré. Il a également rendu grâce à l’Éternel des armées et salué la justice divine, ainsi que la voix du peuple sur la justice humaine. «Vox populi, vox dei : la voix du peuple, la voix de Dieu. Cela revient ainsi à rendre gloire au peuple gabonais pour le soutien indéfectible dont mes hommes et moi avons bénéficié tout au long de ces sept années d’incarcération», a-t-il laissé entendre à sa sortie.

Hommes, instruments de Dieu, instruments du peuple

Le jeune Lieutenant a exprimé sa reconnaissance à ceux qui ont contribué à leur libération. Il a salué en prime le président Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de l’État et chef suprême des forces de défense et de sécurité, ainsi que des acteurs de la société civile à l’instar de l’honorable Lionel Ella Engongah, président de l’ONG SOS Prisonnier. Son compagnon d’infortune, Elvine Ballack Obam, et ses proches ont été salués dans le même élan.

«J’aimerais exprimer ma profonde gratitude aux hommes qui ont été des instruments de Dieu, des instruments du peuple afin qu’émane ce jour de justification, en tête desquels le président de la République», a-t-il déclaré, non sans saluer l’action du personnel pénitencier pour son rôle dans la préservation de son intégrité physique et morale durant sa détention.

Tenue de la parole donnée par les plus hautes autorités du pays

Cette libération est la résultante d’une ordonnance d’amnistie générale adoptée par le Conseil des ministres, le 12 août 2025. Elle confirme de même le respect de la parole donnée par les plus hautes autorités du pays. Ainsi, la mesure efface toutes les poursuites et condamnations liées aux crises politiques récentes, incluant la tentative de coup d’État de 2019. Pour rappel, Ce jour-là, les Gabonais s’étaient réveillés au son d’une annonce militaire diffusée sur la radio-télévision nationale, Gabon Première. À l’antenne, le lieutenant Kelly Ondo Obiang, entouré de quelques hommes en uniforme, proclamait la destitution du président en exercice, Ali Bongo Ondimba. Mais l’opération, qui avait fait grand bruit, avait tourné court : elle s’était soldée par l’arrestation des mutins, dont certains perdirent la vie lors de l’opération contre-putsch.

La sortie de prison du Lieutenant Kelly Ondo Obiang, de ses compagnons, les adjudants Estimé Bidima Manongo et Dimitri Nzé Minkom ouvre un nouveau chapitre dans la vie politique gabonaise. Elle symbolise à la fois la fin d’un épisode douloureux et l’espoir d’un nouveau départ pour ces acteurs de l’histoire récente du Gabon.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    Des héros et des martyrs resteront à jamais du bon côté de l’histoire de notre pays, tandis que les Bongo et leur famille, malgré leurs milliards, finiront du côté des zéros. Ils ont cru que le Gabon leur appartenait, préférant embastiller, brimer, séquestrer et enfermer plutôt que de libérer et partir, alors même que le peuple, étouffé par leur long règne médiocre, n’en voulait plus. Quant au lieutenant Kelly Ondo, il ne peut plus être un simple militaire : ce serait trop dangereux pour lui. Il est désormais une figure politique, appelée à poursuivre son engagement en tant que civil.

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