L’Agasa, «une maison gangrenée par la corruption», dénonce le DG Biyogue Bi Ntougou
Le directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, a apporté, jeudi 2 octobre, des précisions sur la crise qui secoue actuellement son institution. Il insiste sur le fait que, malgré les «tumultes» observés, l’Agence ne traverse pas «des moments difficiles» impactant sa productivité. «Ce tumulte n’a pas d’impact négatif sur la productivité de l’agence», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

Le directeur général de l’Agasa, le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, face à la presse, le 2 octobre 2025, à Libreville. © GabonReview
En poste depuis le 28 décembre 2024, le directeur général de l’Agasa, le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, a éclairci l’opinion, ce 2 octobre, sur le débrayage provoqué par les membres du Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata). Lors d’une conférence de presse, il évoque sa nécessité de réformer l’intuition et de mailler efficacement l’ensemble du pays, la dette de plus de 938 millions de francs CFA qu’il a trouvés, la corruption endémique, les détournements massifs effectués par des agents en poste, aux mêmes endroits, depuis plus d’une dizaine d’années et bien de travers à mettre à l’actif de certains agents.
«Une maison gangrenée par la corruption, le détournement des recettes»
Dans un langage voulu franc et sincère, le directeur général de l’Agasa a voulu rétablir «la vérité» sur ce pour quoi il y a désormais ce tumulte des agents membres du Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata). «Comme vous le voyez à travers les réseaux sociaux, l’Agasa est bousculée. Mais elle ne traverse pas des moments difficiles. Parce qu’il y a une différence entre tumulte et moments difficiles, puisque ce tumulte n’a pas d’impact négatif sur la productivité de l’agence», a-t-il dit pour planter le décor.
D’emblée, le patron de ce bras séculier de l’État en matière de sécuritaire sanitaire des aliments, de phytosanitaire et de la protection de la santé des consommateurs, a rappelé qu’il a été mis en fonction avec des missions bien déterminées : «redresser la maison, ensuite la restructurer et la redynamiser». Pour mener à bien cette mission, le Dr Biyogue Bi Ntougou a d’abord procédé à un diagnostic approfondi de l’Agasa, rencontrant tout le personnel, du technicien de surface au Comité de direction, et analysant documents et rapports.
Ce diagnostic a révélé «une maison gangrenée par la corruption, le détournement des recettes de l’Agence», ainsi qu’une «démobilisation du personnel» et un service très réduit. Il explique que l’agence, qui intervient sur l’ensemble du territoire national pour garantir la sécurité alimentaire, ne répondait plus à cette exigence. Mais en plus, elle cumulait une dette de plus de 938 millions de francs CFA à son arrivée.
«Un système corrompu en place depuis 14 ans»

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Face à cette situation, le directeur général assure avoir mis en œuvre l’«ambition stratégique 2027» ; un plan triennal validé par le Conseil d’administration. «L’année 2025, c’est l’année de la restructuration», a-t-il expliqué. 2026, année de l’impact et 2027, année de la stabilisation et du développement. Et parmi les actions concrètes, il a décidé de réorganiser la répartition des ressources humaines et de décentraliser l’action de l’Agence en créant des délégations provinciales autonomes pour multiplier les contrôles sur le terrain.
C’est donc cette restructuration, explique-t-il, qui a provoqué de la résistance de la part de certains agents, notamment les membres du Syndicat national des travailleurs de l’Agasa. Le directeur général accuse ces derniers de s’opposer au changement, car ils perdent là leurs «acquis» issus d’un système corrompu en place depuis 14 ans.
«La grève que vous avez aujourd’hui n’est rien d’autre qu’un mécontentement d’un groupe»
Le patron du top management de l’Agasa a de même dénoncé leur implication dans la corruption et les détournements, affirmant que des plaintes existent contre des personnes occupant des postes clés, notamment dans le service informatique. «La grève que vous avez aujourd’hui n’est rien d’autre qu’un mécontentement d’un groupe de personnes qui a pris l’agence en otage depuis 14 ans», a-t-il déclaré.
Concernant les accusations de gestion opaque, l’ancien cadre du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) assure faire preuve de transparence. Il a dit avoir proposé la création d’une Commission de suivi des comptes, comprenant des syndicalistes. Dans le même temps, il a rejeté toute implication personnelle dans les détournements. «Je ne suis pas en contact avec l’argent», a-t-il fait savoir, tout en condamnant les pratiques anciennes de collecte illicite dans l’Agence.
Des arriérés de dette datant de 2021
Sur les critiques liées à la gestion du bus et des primes de transport, il explique que les agents bénéficient des primes que le bus a été réaffecté pour mieux servir les brigades d’inspection sur le terrain. Dans cette optique, il a nié toute confiscation arbitraire.
Quant à la dette accumulée auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGSà, il a indiqué que ces arriérés datent de 2021, avant son arrivée. «Je ne suis pas responsable de ce qui s’est passé par le passé», a-t-il dit, s’engageant néanmoins à rembourser cette dette dans la limite des ressources disponibles.
Pour dégager des économies, il a même renoncé à ses droits au carburant et à certaines indemnités. «J’ai pris sur moi parce que je veux que l’administration fonctionne», a-t-il conclu, appelant à la transparence et à l’évaluation juste de son action par les citoyens, bénéficiant de l’action directe de l’Agasa. Ceci d’autant plus que, depuis sa prise de fonction, les recettes ont pratiquement triplé.
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