Le Musée national des Arts, Rites et Traditions de Libreville a servi de cadre, ce mercredi 22 avril 2026, à la conférence de presse annonçant la sortie du nouvel album de l’artiste Seba, intitulé «Po põ : berceuses et comptines du Gabon, Vol. 1». Une œuvre profondément ancrée dans les traditions, qui met en lumière le patrimoine culturel gabonais transmis de génération en génération.

L’artiste Gabonaise Seba annonçant la sortie de son album, le 22 avril 2026 à Libreville. © GabonReview

 

Porté depuis l’enfance par l’artiste d’origine inzebi, langue du Sud du Gabon, cet album de dix titres se distingue par sa richesse linguistique. Si la langue inzebi y occupe une place prépondérante, d’autres langues gabonaises, telles que l’aduma, le fang et l’akélé, y sont également représentées. Disponible à partir du 24 avril 2026, ce projet s’adresse prioritairement aux enfants, avec pour ambition de les reconnecter à leur héritage culturel et linguistique. Face à la presse, ce mercredi au Musée national, Seba a expliqué le sens de cette œuvre : «L’album Po põ tire son essence des contes, proverbes et histoires, qui sont des canaux essentiels de transmission des valeurs», a-t-elle indiqué. Réalisé sous le label KoloMoto, l’album vise à toucher l’expression identitaire du public gabonais.

Le terme « Popõ », précise l’artiste, est une onomatopée utilisée en langue inzebi pour bercer un enfant, à l’image du mot «dodo» dérivé de «dormir». Pour Seba, la berceuse va bien au-delà de la simple chanson. En effet, elle constitue un vecteur de transmission, un lien affectif entre parent et enfant, mais aussi un moyen de préserver les valeurs culturelles. «Une berceuse transmet une histoire, une vision du monde. Elle crée un lien entre celui qui chante et l’enfant», a-t-elle souligné.

À travers cet album, l’artiste invite à un retour aux sources, à une reconnexion avec l’héritage laissé par les ancêtres. Elle considère la berceuse comme un pilier de la souveraineté culturelle, essentiel pour les générations futures.

Une immersion sonore entre tradition et émotion

Instantanés de la conférence de presse. © GabonReview

Au-delà de la dimension linguistique, l’album « Po põ » propose une véritable immersion sonore, marquée par la simplicité et l’authenticité. Les journalistes présents ont pu découvrir un extrait de l’album, notamment le titre «Colé», empreint d’une signature mélancolique. Porté par la voix envoûtante de Seba, ce morceau mêle harmonieusement le mughogo (cithare traditionnelle), les percussions corporelles, c’est-à-dire le son des mains, et le rythme ‘’lichimbou’’, tout en offrant une expérience musicale à la fois intime et enracinée.

D’ailleurs, l’album ne se limite pas aux berceuses. Il explore également d’autres aspects de la culture gabonaise, notamment à travers un titre rendant hommage au rite de la circoncision chez les Akelés. Des collaborations enrichissent également le projet, dont un featuring avec l’artiste Naneth Nkoghe sur un titre en langue fang.

Un appel à la jeunesse pour un retour aux racines

Dix ans après ses précédents projets, l’artiste Seba revient avec l’ambition de sensibiliser la jeunesse à l’importance de l’identité culturelle. Dans un contexte où les jeunes sont en quête de repères, l’artiste souhaite, à travers ses mélodies, encourager un retour aux sources. Elle prendra part à la dizaine des cultures gabonaises et prévoit une tournée dans les établissements scolaires, afin de toucher un large public et transmettre ce patrimoine immatériel aux plus jeunes.

Ainsi, en filigrane de ce projet, un mot s’impose : identité. Une identité que Seba entend préserver, valoriser et transmettre, au rythme des berceuses d’hier et d’aujourd’hui, selon elle, «pour pérenniser notre héritage».

Thécia Nyomba

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire