À l’ouverture officielle de la première session ordinaire de la 6ᵉ législature, ce lundi 2 mars 2026, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana Ekoume-Awori, a dressé un tableau exigeant des priorités nationales. Devant le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et plusieurs membres de l’Exécutif, elle a appelé à une coopération institutionnelle plus efficace tout en alertant sur l’insécurité, les tensions sociales et la situation économique.

La présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana Ekoume-Awori, et des membres de son bureau, le 2 mars 2026. © Communication Sénat

 

D’entrée de jeu, la présidente du Sénat a fixé le cadre : la Haute chambre entend jouer pleinement son rôle dans l’architecture institutionnelle tout en exigeant une traduction concrète de l’action gouvernementale.

«Le Sénat voudrait compter sur vous et votre équipe, principe de séparation des pouvoirs respecté bien évidemment, pour traduire en actes la vision du chef de l’État en relation avec les attentes de nos populations», a déclaré Huguette Yvonne Nyana Ekoume-Awori.

Elle a précisé la nature de la relation souhaitée entre les deux pouvoirs : «Collaboration pratique, qualité du rendu et performance doivent orienter les relations entre l’Exécutif et notre Chambre.»

Bicaméralisme et production législative

La présidente a également rappelé l’ampleur du travail parlementaire en cours : 21 textes restent en instance, dont 14 projets et 7 propositions de loi hérités du Sénat de la Transition.

Le Sénat plaide pour une meilleure organisation de la procédure législative afin d’éviter les blocages. Elle a ainsi insisté sur «le respect de l’équilibre du bicaméralisme» et demandé une répartition plus rationnelle des dépôts de projets de loi entre les deux chambres pour éviter «l’engorgement des dossiers» et «la dictature de l’urgence».

Elle a par ailleurs invoqué l’article 101 de la Constitution : «Toute proposition de loi transmise au gouvernement et sans réponse sous 60 jours est d’office mise en délibération par le Parlement. Ceci est une exigence du bon fonctionnement de nos institutions.»

Enfin, le Sénat a invité l’Exécutif à transmettre rapidement les ordonnances adoptées pendant l’intersession parlementaire.

Sécurité et société : les inquiétudes du Sénat

Des invités à la cérémonie, dont le vice-président du gouvernement. © Communication Sénat

Sur le plan sécuritaire, la présidente a évoqué une recrudescence préoccupante de certains phénomènes criminels : «Les crimes rituels refont parler d’eux. Le gouvernement doit renforcer l’appareil judiciaire, sensibiliser la population et soutenir la société civile.»

Elle a également dénoncé la banalisation de la violence en milieu scolaire, estimant qu’une absence de réponse efficace pourrait «sacrifier les générations futures et le vivre ensemble».

Faiblesses électorales et tensions sociales

Sur le plan politique, les dernières consultations électorales ont, selon elle, révélé «un certain nombre de faiblesses normatives et organisationnelles», notamment lors des élections sénatoriales dans le département de Ndolou, appelant à «une relecture du dispositif légal et réglementaire».

La présidente du Sénat a aussi insisté sur l’urgence sociale. Face aux tensions ayant touché l’Éducation, la Communication et le secteur pétrolier, elle a demandé au gouvernement «d’intensifier le dialogue social et d’apporter des réponses d’espoir afin de ramener la sérénité».

Eau, énergie et économie

Autre préoccupation majeure : l’accès aux services essentiels.

«Le stress hydrique et énergétique demeure une préoccupation», a-t-elle souligné, encourageant des «réformes structurelles et des investissements ciblés».

Enfin, la situation macroéconomique a été évoquée sans détour : «Le climat de morosité financière est de plus en plus perceptible. Déficit budgétaire, dépendance à la dette, pression fiscale…». Le Sénat exhorte l’Exécutif à adopter «des politiques budgétaires actives afin de soutenir la croissance, l’emploi et la stabilité macroéconomique».

Par ce discours inaugural, la Haute chambre pose ainsi les bases d’une législature qu’elle souhaite marquée par l’efficacité institutionnelle et une réponse plus visible de l’action publique aux préoccupations quotidiennes des populations.

 
GR
 

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