Pour renforcer sa filière avicole, le Gabon a besoin d’environ 71 000 hectares de terres agricoles supplémentaires

Le foncier destiné à l’agriculture au Gabon constitue un enjeu crucial pour le développement économique et la sécurité alimentaire du pays. Lors du Forum national de concertation sur l’interdiction des importations de poulets et le renforcement de la filière avicole, du 25 et 26 août 2025, à Libreville, les participants ont particulièrement mis en lumière l’état d’avancement et les défis liés à l’accès à la terre agricole. De ce fait, le Gabon dispose actuellement de 324 860 hectares affectés à l’activité agricole. Cependant, le pays a besoin d’environ 71 000 hectares supplémentaires de terres agricoles.

Le vice-président du gouvernement et les membres du gouvernement à l’ouverture du Forum national de concertation sur l’interdiction des importations de poulets, le 25 août 2025. © D.R.
Le forum national de concertation sur l’interdiction des importations de poulets et le renforcement de la filière avicole s’inscrit dans une dynamique de valorisation de ce secteur, mais aussi de mise en exergue des ressources foncières pour répondre à la demande croissante en production locale, notamment. Selon les données présentées lors de ce rendez-vous, dans le cadre de l’atelier consacré à l’accès à la terre, l’Agence gabonaise de presse (AGP) indique que le Gabon dispose actuellement de 324 860 hectares affectés à l’activité agricole. Sauf que cette portion n’est pas suffisante au regard des ambitions du pays.
Forte insécurité foncière, avec près de 87% des terres non sécurisées
En effet, seule une petite partie, environ 43 000 hectares de ces terres, est sécurisée par des titres fonciers, ce qui représente moins de 13% des terres exploitées. Cette situation de forte insécurité foncière, avec près de 87% des terres non sécurisées, freine considérablement les investissements et la productivité agricole. Et ces terres agricoles sont administrées par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, et se répartissent essentiellement entre cinq Zones agricoles à forte productivité (ZAP). Il s’agit des sites d’Andem, de Kango, de Bifoun-Abanda, d’Idemba et de Kounkou.
Pour renforcer la filière avicole, notamment la production de poulets de chair, ajoute l’AGP, le Gabon doit mobiliser environ 71 000 hectares supplémentaires de terres agricoles. La mise à disposition de ces terres passe par plusieurs mécanismes légaux, notamment des ordonnances présidentielles, les décisions de la Commission nationale d’affectation des terres (CNAT), ou encore par des interventions de l’Agence de développement agricole du Gabon (Adag). Ces procédures, encadrées par les arrêtés du 2 février 2021, définissent les critères et la procédure d’attribution, ciblant particulièrement les exploitants individuels, les coopératives, les petites et moyennes entreprises agricoles, ainsi que les agro-industries.
Absence d’une cartographie complète et à jour du foncier agricole
À ce forum, on note néanmoins que plusieurs contraintes subsistent et freinent l’optimisation du foncier agricole au Gabon. Ainsi, les experts ont souligné l’absence d’une cartographie complète et à jour du foncier agricole. Ce qui rend difficile une planification efficace et transparente. À cela s’ajoute un déficit important de données hydrogéologiques et météorologiques indispensables pour assurer une gestion durable des terres et de l’eau.
Les chevauchements réglementaires entre différentes administrations compliquent de même la coordination des actions et peuvent engendrer des conflits d’usage et des retards dans l’attribution des terres.
En définitive, la sécurisation et la meilleure gestion du foncier agricole sont déterminantes pour le succès de la politique de substitution des importations de poulet par une production locale renforcée au Gabon. Le forum national de concertation permet donc de mettre en lumière ces enjeux et d’appeler à une refonte urgente des outils de gouvernance foncière, ainsi qu’à une meilleure collaboration institutionnelle.

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