Procès du clan Bongo : Cédric Tchissambou dénonce un «silence complice» au sein de la classe politique
Lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Mandji à Port-Gentil, l’acteur civique Cédric Tchissambou a salué l’ouverture du procès criminel spécialisé visant les malversations de l’ancien régime. Tout en appelant à l’unité nationale contre la corruption, il s’est insurgé contre le mutisme persistant de plusieurs responsables politiques, qu’il juge préoccupant.

Cédric Tchissambou (au milieu) lors du point de presse, le 15 novembre 2025, à Port-Gentil. © GabonReview
Le hall de l’hôtel Mandji, situé dans le troisième arrondissement de Port-Gentil, a servi de cadre à une conférence de presse. À cette occasion, Cédric Tchissambou, un acteur civil et ancien candidat aux législatives dans le deuxième arrondissement, a fait une analyse sévère des dérives de l’ancien régime. Face à un parterre de journalistes nationaux et internationaux, le leader de la plateforme ‘’La Majorité Bloquante’’ est revenu sur les révélations faites lors du procès tenu au palais de justice de Libreville du 10 au 18 novembre 2025, consacré aux détournements de fonds publics attribués au clan Bongo et à la défunte Young Team.
Saluant «un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité», Tchissambou a insisté sur l’importance de cette procédure judiciaire pour restaurer la confiance citoyenne. Selon lui, les audiences mettent en lumière des pratiques de corruption systémique, des abus d’autorité et un vaste réseau de bénéficiaires. «Les sommes évoquées sont alarmantes : des centaines de millions de francs CFA de primes indûment perçues, des détournements massifs, un blanchiment organisé. Si ces ressources avaient été utilisées pour le développement, notre pays disposerait aujourd’hui d’infrastructures modernes, d’hôpitaux équipés et d’écoles dignes», a-t-il déploré.
Un appel à la mobilisation générale
Le militant a également appelé la société civile gabonaise installée à l’étranger à renforcer sa cohésion afin d’accompagner ce qu’il qualifie de «lutte du peuple». Pour lui, le soutien international, même symbolique, est indispensable pour garantir la transparence du processus et consolider la crédibilité du système judiciaire. «Critiquer à distance ne suffit pas. Les fonds en question appartiennent à tous les Gabonais. Nous devons collectivement aider à restaurer la justice et la dignité nationale», a-t-il martelé.
Mais c’est surtout le silence de certains responsables politiques locaux qui suscite son indignation. Tchissambou s’est étonné du mutisme de plusieurs figures de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), qui n’ont toujours pas réagi depuis l’ouverture du procès. Un silence qu’il juge «préoccupant» et potentiellement révélateur d’une «complicité passive».
À l’adresse du chef de l’État, il a exprimé sa «surprise» face à l’absence de positionnement clair de certains alliés du pouvoir. «Chacun doit assumer ses responsabilités et se prononcer en faveur de la transparence», a-t-il insisté.
Au-delà du procès, l’espoir d’une transformation sociale
À travers cette mise en garde, Cédric Tchissambou souhaite interpeller l’ensemble des acteurs politiques et sociaux. Il rappelle que les pratiques de corruption ont longtemps pesé sur la vie quotidienne des Gabonais : pauvreté persistante, infrastructures défaillantes, chômage, décrochage scolaire, accès limité aux soins, insalubrité ou encore inondations récurrentes. Selon lui, la rupture avec l’ancien système ne pourra être totale qu’à travers une mobilisation collective et une exigence citoyenne de vérité.
En concluant, il a réaffirmé l’importance de ce procès historique, qu’il considère comme une chance unique d’assainir la gouvernance publique et de tracer les bases d’un Gabon plus juste, plus transparent et résolument tourné vers l’avenir.













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