Satram-EGCA-Alogis : anatomie d’une «spoliation organisée» avec la complicité des institutions
Le groupe gabonais de logistique maritime dénonce une prédation économique orchestrée impliquant administrations publiques, justice et nouveaux acteurs du secteur portuaire.

Me Marlène Fabienne Essola-Effoutame : «Ce n’est pas un simple litige commercial. C’est un scandale institutionnel, économique, financier et surtout humain (…) On ne peut pas opposer l’investissement ou le développement au non-droit. Tout ce qui est fait sur du non-droit finit par être payé bien plus cher et plus tard.» © GabonReview
Dans un réquisitoire d’une rare virulence, Me Marlène Fabienne Essola Efountame a exposé mercredi 27 novembre 2025 ce qu’elle qualifie d’«assassinat économique organisé» contre le groupe Satram-EGCA-Alogis. Le conseil juridique a méthodiquement déconstruit une série d’irrégularités administratives et judiciaires qui menacent la survie d’un fleuron économique gabonais employant plus de 1 050 personnes.
Un concordat bafoué, une protection juridique violée
L’avocate martèle un argument juridique central : «Les entreprises Satram, EGCA et Alogis ne sont pas du tout en liquidation ou en cessation de paiement.» Un concordat homologué le 17 septembre 2021 par le tribunal de Port-Gentil protège ces sociétés pour sept ans. Selon le droit OHADA, cette homologation confère «l’autorité de la chose jugée» et impose que «aucun créancier ne peut venir derrière avec une complainte. L’entreprise n’est pas poursuivable.»
Pourtant, en avril 2024, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA), basée à Abidjan, ordonne la désignation d’un syndic en vue de liquidation, «au mépris total de l’existence du concordat signé en 2021». Plus grave : l’entreprise n’a jamais été notifiée de cette procédure initiée en 2020, violant le principe du contradictoire.
À Port-Gentil, un quai de 500 millions confisqué pour 6 millions. À Libreville, un titre foncier obtenu en 12 jours chrono
En 2003, l’OPRAG vend légalement un quai de 5 012 m² à Satram pour près de 500 millions de FCFA. Inexplicablement, une convention de 2013 apparaît, permettant à Pechaud de louer ce même bien pour 6 millions de FCFA annuels. «Je ne sais pas si au Gabon on peut louer un quai qui fait plus de 5 012 m² à 6 millions de francs», ironise l’avocate. Depuis 2017, Pechaud occupe illégalement cette propriété, privant Satram de revenus essentiels.
Sur le site d’Antares à Libreville, Ebomaf obtient un titre de 24 000 m² incluant 3 000 à 5 000 m² appartenant à Satram. La célérité stupéfie : «Il n’y a qu’au Gabon que l’on peut initier une procédure de régularisation foncière en l’espace de 12 jours», s’étonne l’avocate. Plus choquant encore : «On a le procureur de la République lui-même qui descend sur le terrain pour expulser», alors que «le parquet ne se déplace pas pour une exécution d’huissier de justice».
L’analyse juridique révèle l’absurdité : le titre mentionne un «déclassement» par décret présidentiel de juillet 2025, introuvable au Journal officiel. Or, «on ne peut pas déclasser un bien qui est déjà titré», démontre Me Essola Efountame.
Une offensive coordonnée
Parallèlement, la BGFI Bank (via ses filiales successives Finatra puis BCOG) réclame la résolution d’un crédit-bail de 7 milliards pourtant remboursé à 80%, malgré la protection du concordat. «Cette connexité dans les combats qui se fait au même moment» suggère «une entente qui a pour seul but de finir avec Satram-EGCA et de récupérer tout pour le groupe Ebomaf».
L’avocate interpelle solennellement les autorités de la Ve République : «J’en appelle au Président Brice Clotaire Oligui Nguema, au ministre de la Justice, à l’Agence de lutte contre l’enrichissement illicite.» Son message est sans équivoque : derrière les manœuvres juridiques, ce sont 1 050 familles gabonaises qui paient le prix d’une «société de non-droit» que le pays ne peut accepter.













1 Commentaire
Il est sain et salvateur pour notre pays de s’attacher à tordre le coup à des contre-vérités qui font prospérer des clichés pleins de paradoxes, et pourtant, comme ailleurs sur la terre, on trouve comme au Gabon, « les fruits avocats, les poissons capitaines, et les oiseaux gendarmes. »
Les sachants doivent éteindre ces histoires cousues de fil blanc contreproductives pour notre pays, à plus d’un titre.
D’abord parce que la CNI devenue CNNII, est le tout premier opérateur d’unités navales installé dès sa création par l’Etat Gabonais, sur le site dit des ACAE, en sa qualité d’armement national, site relèvant bel et bien du domaine maritime public placé sous l’égide de l’autorité administrative et institutionnelle, l’OPRAG
Ensuite, en 1994, feu Mahothes-Magouindi, paix à son âme, va bénéficier d’un agrément d’exploitant naval délivré par le ministre des transports de l’époque, M. Ngoua-Bekale, sous le sigle SATRAM. Et c’est à l’appui dudit agrément que le diéséliste feu Lahcen, opérateur de la société EGCA sise à port-gentil, va lancer l’exploitation du navire fraîchement acquis de type LCT, baptisé Amissa Albertine Bongo, en co-exploitant, par l’intermédiation auprès de la CNI de feu Mahothes, promu entre-temps ministre de la marine marchande, le site des ACAE, alors appelé beach-CNI-ACAE.
Il est tout à fait clair que SATRAM, société de droit privé gabonais au titre de l’agrément attribué à feu Mahothes-Magouindi, opère en qualité de squatteur sur le beach-CNI, domaine maritime public, sous la bienveillance du management de la CNI
Après la disparition du ministre Mahothes, en s’appuyant sur les faiblesses légion de l’administration publique, feu Lahcen va obtenir un nouvel agrément d’exploitation navale délesté du contenu natif concédé à Mahothes, en conservant toutefois le sigle SATRAM pour continuer à jouir des facilités attachés, acte assimilé à une usurpation, même si le sigle originel n’a pas fait l’objet d’un enregistrement auprès de la propriété intellectuelle
Chemin faisant, alors que les activités de la CNI s’étiolent pour diverses raisons sur lesquelles on reviendra éventuellement ultérieurement, neo-SATRAM s’épanouit concomitamment sans bourse déliée dans le segment logistique pétrolière grâce à l’aura et à l’entregent essaimes de son vivant par Mahotes. Et du coup, le beach CNI sera dénommé par facilité beach-Satram-Antares, Antares étant cette structure créée quelques temps avant le décès de Mahothes par lahcen
L’occasion faisant le larron, l’abus a été sera poussé jusqu’à son paroxysme à l’époque du règne d’accrombessi au bord de mer mêlé à une certaine proximité avec des connections marocaines, de faisant passer SATRAM comme une société marocaine, alors que, calculette en main, du premier centime de CFA au nième milliards, oui le Gabon est généreux, c’est la richesse du Gabon seule de bout en bout qui a fait le rayonnement de neo-Satram et assuré son expansion au delà même des frontières nationales, et principalement dans les pays riverains. Et comme il me plait à le répéter, calculette en main, les compatriotes qui y sont déployés n’ont pas reçus la juste contrepartie à l’aulne de ce que le top management a obtenu de ce groupe abusivement désigné par les faiblesses de notre pays de groupe marocain.
Oui, il s’agit bel et bien de faiblesses qui ont permi entre autres l’attribution d’un titre foncier sur un domaine maritime réputé public, inaliénable et incessible, à un opérateur de droit privé, alors qu’aucune instance nationale habilitée n’avait déclenché le déclassement et ou la radiation dudit site du domaine public. Tout titre foncier établi sans le respect de ce format est un vrai-faux à mettre dans un broyeur comme le vrai-faux passeport délivré par feu Charles pasquoi à Yves chalier en France dans le cadre de « carrefour du développement »
Les sachants qui savent et que je ne nommerai pas, pourquoi vous ne dites rien , pauvre Gabon, de quoi avons-nous peur…on laisse prospérer sans rien dire une activité sans doute aux mains d’une filière mafieuse de vente de chaussettes par des mineures qui écument à longueur de journée les rues de la ville à pied au motif que ça leur procure un peu d’argent, les mêmes rues sont désormais l’antre des sachets plastiques usagés et abandonnés par les consommateurs d’eau qui polluent l’environnement d’un pays qui se veut chantre en matière de préservation de l’environnement et à dire que la vente d’eau en sachets n’existait pas il y’a moins de quinze ans, les jeunes disposaient de gourdes pour se rafraîchir
Pauvre Gabon, Nguema Mwane Bizima il y’a du travail et on doit retrousser nos manches