L’épouse et le fils aîné d’Ali Bongo, absents à leur procès, ont été condamnés mardi 11 novembre 2025 à 20 ans de prison. Dans cette tribune incisive, Cédric Arnaud Mouelet* dénonce le scandale des 4 402 milliards de francs CFA détournés par Sylvia et Noureddin Bongo-Valentin, appelant à une justice concrète et réparatrice au-delà des effets d’annonce. Il y voit un moment de vérité pour le Gabon, où le peuple, désormais conscient, exige que les biens confisqués servent enfin à reconstruire le pays et à restaurer sa dignité.

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Cédric Arnaud Mouelet. © D.R.

Le procès par contumace de Sylvia et Noureddine Bongo vient de s’achever à Libreville, laissant derrière lui un goût amer, un mélange de stupéfaction, de colère… et d’ironie tragique. Oui, il a bien été question de 4 402 milliards de francs CFA envolés. Non, ce n’est pas une erreur d’impression : quatre mille quatre cent deux milliards, soit de quoi construire un réseau d’hôpitaux modernes, des écoles dans chaque province, des routes praticables même en saison des pluies — et, pourquoi pas, redonner un peu de dignité à un peuple longtemps saigné à blanc.

Mais pendant que le pays peinait à s’offrir un scanner dans un hôpital public, Madame la Première Dame et son fils chérubin empilaient les villas, les comptes offshores et les montres hors de prix. Le procureur a donc parlé : 20 ans de prison ferme, mandat d’arrêt international, confiscation des biens, et remboursement des milliards volés. De quoi faire trembler le marbre des palais… si seulement la justice, cette fois, allait au bout de ses mots.

Car voilà le vrai défi : que les confiscations cessent d’être un folklore judiciaire. Le peuple n’a plus besoin de communiqués en trompette, il veut des preuves tangibles. Que les villas soient revendues, les comptes saisis, et que les milliards rapatriés financent les routes promises, les écoles désertées, les hôpitaux exsangues, les médicaments absents. Bref, que le Gabon sente enfin le parfum de son argent retrouvé.

Les gouvernants d’aujourd’hui doivent se souvenir d’une évidence crue : hier, le peuple souffrait dans l’ignorance ; aujourd’hui, il souffre en pleine connaissance de cause. Et cela change tout. Car on peut pardonner le vol caché, mais jamais l’injustice éclairée.

Le procès Bongo n’est pas seulement un dossier judiciaire. C’est un miroir. Et dans ce miroir, c’est toute une nation qui se regarde — entre colère et espoir, entre mémoire et exigence. Si les puits de la fraude sont vraiment fermés, alors que jaillisse enfin l’eau vive du changement.

*Cédric Arnaud MOUELET, Communicant.

 

 
GR
 

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