Guerre ouverte au sommet du Parti démocratique gabonais. Dans une mise en demeure au ton d’acte d’accusation, Ali Bongo charge ses anciens camarades pour «sabotage délibéré», «intelligence avec l’adversaire» et «soumission totale» au pouvoir en place, leur laissant quinze jours pour quitter les commandes sous peine de poursuites pénales. Plus qu’un différend interne, c’est une bataille pour la légitimité et la survie politique du PDG qui se noue, avec des conséquences et une suite pour le moment incertaines.

Ali Bongo somme le directoire de quitter les lieux et brandit la menace d’une guerre judiciaire. © Jeune Afrique/Nicolas Messyasz/Sipa

 

La fracture au sommet du Parti démocratique gabonais (PDG) se transforme en affrontement juridique. Dans une mise en demeure avant poursuites judiciaires datée du 20 février 2026 et parvenue à la rédaction de GabonReview, Ali Bongo Ondimba intime à Blaise Louembé, Angélique Ngoma et «tous les membres du prétendu directoire du PDG» de «libérer volontairement et sans délai la direction du Parti».

Se présentant toujours comme président légitime, il conteste «l’usurpation illégale du 7 mars 2024» et qualifie le congrès du 30 janvier 2025 de «frappé de nullité absolue et d’inexistence juridique». Il invoque des «violations des conditions de convocation», une «fraude caractérisée aux textes» et l’usage de statuts «expressément abrogés». À ses yeux, la direction actuelle ne repose sur aucun fondement juridique valide.

Mais l’essentiel de la lettre dépasse le terrain procédural. Ali Bongo accuse ses camarades d’avoir orchestré un «sabotage délibéré des candidatures du PDG» aux élections législatives et locales de 2025. Il leur reproche notamment d’avoir autorisé le retrait de recours constitutionnels qui auraient pu invalider des candidatures concurrentes, permettant ainsi à l’UDB de consolider ses positions. Il évoque des accords «égoïstes et scandaleux» conclus au second tour, accusant certains responsables d’avoir privilégié «leurs intérêts personnels» au détriment des autres candidats du parti.

Le ton se durcit lorsqu’il dénonce une «soumission totale aux intérêts d’Oligui Nguema» et une «intelligence avec l’adversaire». Selon lui, ces choix ont conduit à une «défaite politique et morale impardonnable» et conduit le PDG en «mise en danger existentielle». Il parle d’un «calcul politique cynique et destructeur» ayant privé le parti d’un financement substantiel et d’une stratégie autonome.

L’ultimatum est sans ambiguïté : dans un délai de quinze jours, les destinataires doivent «démissionner immédiatement», «restituer l’intégralité des biens, locaux, documents et ressources du parti» et cesser toute activité au nom du PDG. À défaut, Ali Bongo annonce des actions pénales pour «usurpation de fonction», «association de malfaiteurs», «abus de confiance» ou encore «intelligence avec l’ennemi politique», ainsi que des actions civiles visant la nullité de tous les actes posés depuis mars 2024.

Cette mise en demeure formalise une guerre de légitimité dont l’issue pourrait déterminer l’avenir institutionnel du plus ancien parti politique du pays.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Diaz dit :

    Ce n’est pas ce même Ali qui avait fait publier par ses avocats une déclaration selon laquelle il se retirait définitivement de la vie politique? N’est-ce pas sur la base de cette même déclaration qu’un congrès du parti avait dû être organisé et que Blaise Loembe avait été élu? Ou bien fait-il qu’après sa déclaration le parti reste inactif jusqu’au reveil soudain d’Ali Bongo? Actuellement le parti est la deuxième force politique du pays avec de nombreux élus nationaux et locaux, sont-ils tous mis en demeure puisqu’ils ont été élus sous la bannière du PDG dirigé par Blaise Loembe?
    Je ne comprend qu’une seule chose dans cette histoire. C’est que Romuald Lekogo, alias Ali Akbar Onanga Y’Obegue, a besoin d’un os pour exister politiquement. Au fait, n’est-ce pas ce méme Romuald Lekogo qui avait été exclu du PDG par le même Ali Bongo pour « atteinte à l’unité du parti et acte contraire à la probité »? A quel moment est-il redevenu membre et cadre du parti?

  2. akoma mba dit :

    Du n’importe quoi. Un mort-vivant et en plus sosie d’Ali Bongo ne peut emmerder personne. Arrêtons cette mascarade à la con!

  3. De Kermadec dit :

    Non? Mais on rêve avec A.B.O; c’est l’histoire du voleur qui crie plus fort que tous en criant « Au voleur ». Il a l’air d’oublier dans quel état catastrophique qu’i a laissé le GABON (lui et sa clique). N’est pas lui qui a dit qu’il se retirerait de toute vie politique après sa fuite (avec la complicité de certaines personnes au pouvoir actuellement)

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