Par arrêté du Premier ministre daté du 19 juillet dernier et rendu public le 23 juillet 2017, le gouvernement a interdit l’importation du ciment pour une durée de deux ans.

Du Ciment fabriqué au Gabon durement concurrencé par les importations. © union.sonapresse.com

 

Dans le communiqué parvenu à Gabonreview, le gouvernement explique que cette interdiction temporaire vise à réguler le marché gabonais du ciment, mais aussi à valoriser la filière et à protéger les investissements dans ce secteur.

Selon le gouvernement, «après plusieurs mois de travail entre les acteurs du secteur public et ceux du secteur privé, le Gouvernement a décidé, par arrêté du Premier ministre daté du 19 juillet 2017, impliquant le ministère de la Promotion des investissements privés, du Commerce, du Tourisme et de l’Industrie, le ministère de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du développement ainsi que le ministère des Mines, d’interdire l’importation du ciment en République gabonaise pour une période de deux ans».

Le gouvernement explique cette mesure par plusieurs éléments, en l’occurrence la volonté de valoriser la filière ciment et la protection des investissements, le maintien des emplois existants et la création d’emplois nouveaux en faveur des travailleurs locaux. Cette mesure vise également la protection du consommateur, du circuit de distribution et la préservation du pouvoir d’achat des ménages. Cette mesure aidera également la mise en œuvre du programme d’industrialisation par les acteurs du secteur industriel et la création d’un tissu entrepreneurial industriel, sur les chaînes de valeur de l’écosystème de la transformation industrielle, et à assainir le circuit des importations du ciment.

Cette décision ne serait-elle pas liée à l’affaire de contrebande et de vente illégale de ciment dans laquelle sont englués les groupes Foberd-Gabon et Sericom-Gabon ? Récemment, il a été mis sur la place publique une affaire de contrebande et de vente illégale de ciment menée par Foberd-Gabon au profit de Sericom-Gabon, déjà en bisbille avec l’Etat gabonais.

Pour la contrepartie de cette interdiction, l’on indique que le ministère de la Promotion des investissements privés, du Commerce, du Tourisme et de l’Industrie, le ministère de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du développement et le ministère des Mines ont signé un accord de suivi des engagements avec les producteurs locaux de ciment, définissant les engagements en termes d’approvisionnement du marché, de fiabilité du circuit logistique, de prix, de création d’emplois et de mise en œuvre d’un programme d’industrialisation moderne à l’échelle nationale.

Selon la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), la production de ciment, qui s’est élevée à 146 590 tonnes en 2015 contre 161 347 tonnes en 2014, s’est repliée de 9,1%, en raison de la contraction de la demande des sociétés de BTP et de la concurrence des importations.

La réduction des effectifs de 15,1% à 158 employés en 2015 est liée à la restructuration de la société Cimgabon, suite à la reprise de ses actifs par le groupe marocain Ciment d’Afrique (CIMAF). Cette évolution a induit une contraction de la masse salariale de 54,4% à 2,1 milliards de francs CFA.

«L’Etat gabonais entend exiger les contreparties d’investissement liées aux facilités accordées. En cas de violation des obligations inscrites dans l’accord de suivi, le gouvernement se réserve le droit, sans sanctions imposables à son encontre, de surseoir ou d’annuler cette décision», précise le communiqué, soulignant l’entrée en vigueur de cet arrêté dès sa publication.

 
 

8 Commentaires

  1. Jones dit :

    Espérons que les prix ne vont pas exploser dans ce secteur ou que les entreprises en situation de monopole ne feront pas d’abus.

  2. mwanemame dit :

    et qui va payer le lourd tribut? encore la pauvre population!! pitié pour nous

  3. Mankwel dit :

    Hum, l’état qui a besoin d’argent se prive d’une ressource aussi facilement taxable à l’importation?!
    Curieuse décision, cependant est-ce qu’elle sera vraiment appliqué dans 1 régions frontalière comme le Woleu Ntem?
    osons espérer que pour une fois cette mesure ne sera pas contre productive?

  4. LeGambanais dit :

    Est-ce que la production locale peut absorber la demande domestique mais également industrielle. Si je ne m’abuse, il y a de grands travaux en cours non?

    Et puis, on sait jamais hein! mais si notre BBM national arrive à faire démarrer son projet de 2.000 logements, à une fréquence insoutenable, aura-t-on assez de stock pour satisfaire toute cette demande supplémentaire?

    Attention hein M. le PM si on freine les ambitions de notre surdoué VPM national, il va mordre à coup de posts sur son la toile. Mdr!!!

  5. Milangmissi dit :

    Incapable de fournir un marché de 1,5 millions de consommateurs, entreprise de merde on est obligé de tuer la concurrence pour survivre. Dégagez bande de voleurs et d’incompétents.

  6. Abdel de klm dit :

    Je pense qu’il y a un sérieux problème avec cette décision selon votre article c’est l’entreprise cimaf qui est aussi propriétaire de cim Gabon comment être compétitif et répondre à la fluidité des demandes lorsqu’on est le seul fournisseur de tout un pays ce type de décision nos anciens administrateurs avaient déjà pris et le résultat nous le connaissons vraiment dommage qu’à leur de l’excellence et de la compétitivité nous soyons ramené à refuser de rentrer dans l’ère de la mondialisation

    • @ BEYEME dit :

      @Abdel,

      C’est simple, pour faire plaisir à son frère roi marocain, ali là prend des décisions impopulaires. CIMGABON a été repris par les marocains et est devenu CIMAF. La suite nous l’imaginons déjà (pénurie dans le pays, ensuite les grèves)
      Qui ne nous dit pas qu’en cas de manque, seul le maroc pourrait nous fournir le ciment.

      qui vivra verra

  7. christian dit :

    Mon Dieu, est ce qu’ils ont d’abord mené une étude pour prévoir l’impact sur les prix? sur l’approvisionnement de L’ENSEMBLE DU PAYS???? il ne nous reste plus qu’à prier!!! loool

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