Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption, Nouvelle attitude d’Itou-Y-Maganga a organisé un débat, le 8 décembre à Libreville, pour mieux cerner ce phénomène qui gangrène le Gabon.

Ziza Sandrine Itou-Y-Maganga, expliquant les enjeux de la célébration. © Gabonreview

 

Le public regardant “La République des corrompus” à l’American Corner de Glass. © Gabonreview

Nouvelle attitude a choisi de célébrer la journée internationale de la lutte contre la corruption par une belle piqure de rappel. La diffusion du film “La République des corrompus” et un débat sur les moyens de «combattre les pratiques de corruption par le bas et par le haut». La vocation de l’événement initié par le mouvement du Dr Itou-Y-Maganga, en partenariat avec Sem Films, est d’élargir le débat à tous les corps sociaux pour faire face à l’urgence.

«Aujourd’hui, toutes les difficultés que nous pouvons avoir en Afrique, tout le monde en est conscient, a comme cause la corruption. A la suite du secrétaire général des Nations-unies qui disait dans son discours de circonstance “mobilisons-nous pour l’intégrité”, je nous invite à nous mobiliser pour l’intégrité. Et pour se mobiliser, il faut d’abord faire le bilan. Savoir exactement ce que c’est que la corruption», a déclaré Itou-Y-Maganga.

Il y a urgence car le phénomène s’épanouit avec allégresse, les actes de corruption se banalisent et impriment leur marque comme des référents sociaux légitimes. Malgré les mécanismes mis en place au Gabon pour lutter contre la corruption, le pays est toujours classé parmi les pays les plus corrompus au monde.

Pr Mike Ndoumou Mikala répondant aux questions de la presse. © Gabonreview

Selon l’un des débateurs, Pr Mike Moukala Ndoumou, expert ONUDC anti-corruption, cette mobilisation est d’autant plus nécessaire dans la mesure où la corruption au Gabon est «un phénomène endémique». «Lorsqu’on parle de corruption endémique, il s’agit de justifier que dans la plupart des services de l’Etat gabonais, il y a des actes corruptibles». Au nombre de ces actes figurent en bonne place les pots-de-vin, le «Coca», les dessous de table, le favoritisme, les détournements, etc.

Malgré sa prégnance, l’expert de l’ONUDC estime qu’il est possible d’enrayer ce phénomène. «J’ai souvent dit que la corruption n’est pas quelque chose qui s’installe indéfiniment. Il y a des pays qui aujourd’hui occupent la 6e ou la 7e place des pays les moins corrompus qui étaient très corrompus, il y a des années, et qui à travers la lutte ont pu augmenter de plusieurs rangs parmi les pays les moins corrompus. C’est l’exemple de Singapour. Autour des années 80, c’était l’un des pays les plus corrompus. Aujourd’hui, la lutte a fait en sorte qu’il soit parmi les pays les moins corrompus», a-t-il plaidé.

© Gabonreview

La lutte reste donc la voie la plus sure pour combattre avec succès la corruption. Mais quelles sont les armes les plus appropriées pour cette lutte ? L’expert n’a rien proposé sur ce volet, laissant sans doute le soin aux instances habilités d’en proposer. Mais Nouvelle attitude et son leader n’ont pas le temps d’attendre, «Pour 2019 nous allons lancer une campagne “mobilisons-nous pour l’intégrité”. Nous avons déjà pris contact avec une ONG malgache qui a créé un jeu pour les enfants et les adolescents, pour les sensibiliser aux problèmes de corruption. Grâce à ce jeu, que nous attendons, et le film “La République des corrompus”, nous pouvons plus largement diffuser ce message de lutte contre la corruption», a assuré le Dr Itou.

Auteur : Alix-Ida Mussavu

 
 

1 Commentaire

  1. Ikobey dit :

    “Célébrer” c’est bien. C’est l’occasion de dire “faut qu’on”, ya pu ka”, etc, et puis on rentre chez soi et rien n’est fait.
    On aime bien parler et ne rien faire.

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