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Le photographe gabonais, invité de la 11e édition des Rencontres du livre et de la photographie de Tourcoing en France, raconte ce que fut cette expérience et ses ambitions pour la photographie au niveau du Gabon, de l’Afrique et du reste du monde.

Magdalena Herrera (G), directrice de Photographie au magazine Geo,  Olivier Tourin (C), photojournaliste au quotidien Nordnet et Desirey Minkoh (D) jury, discutant d'une oeuvre. © D.R.
Magdalena Herrera (G), directrice de Photographie au magazine Geo, Olivier Tourin (C), photojournaliste au quotidien Nordnet et Desirey Minkoh (D) jury, discutant d’une oeuvre. © D.R.

 

Dans quel cadre se tenait cet événement  et en quoi a-t-il consisté?

C’est dans le cadre des activités du Centre de promotion et de la création  photographique de l’association Helio qui existe depuis 1978. Ces Rencontres du livre et de la photographie étaient à leur 11e édition. A ce jour, l’association a déjà organisé plus de 300 expositions. Les auteurs qui y participent ont souvent une renommée internationale, à l’instar du célèbre photographe français, Robert Doisneau qui y a exposé en 1989. Une référence : lors du palmarès des 25 ans des Rencontres photographiques d’Arles, près de 60% des photographes honorés avaient présenté leur travail sur les cimaises d’Hélio.

Quelques moments de l’exposition. © D.R.
Quelques moments de l’exposition. © D.R.

Pour cette 11e édition des Rencontres du livre et de la photographie, il y a eu une série de manifestations avec au départ 2 jours d’animation avec un public venu très nombreux visiter les expositions programmées. Il s’agit de : L’Albanie de Lionel Montagne et Takuji Shimmura ; Respirations de Valérie Douniaux ; le Conflit du Darfour de Désirey Minkoh ; 14 Jours en Tunisie de Olivier Touron : Au bout des points de  André Leclercque ; Colorblind de Gildas Lepetit-Castel Tend et Lieux de plaisir de Elodie Christment qui a malheureusement été censurée par la mairie de Tourcoing pour ne pas heurter la sensibilité des jeunes enfants de la ville, selon elle.

Il y a eu une conférence animée par Gildas Lepetit-Castel, photographe, éditeur, auteur de l’ouvrage «Concevoir son livre de photographie». Une table-ronde avec un thème portant sur la photographie et le droit à l’image, a été animée par votre serviteur et Raymond Viallon, directeur de la galerie lyonnaise Vrais Rêves et Jean-Pierre Salomon, président de l’association Helio, comme modérateur. Cette invitation pour co-animer ce débat, a été perçue comme une marque d’estime pour moi.

Il y a eu aussi, la 5e édition du concours photo porte-folio. J’ai également été invité à être membre du jury aux côtés de Magdalena Herrera, directrice de la photographie au magazine Geo et Olivier Tourin, photographe au quotidien lillois Nordnet. Sans oublier la foire aux livres de photographie.

Qu’est-ce qui fait l’originalité de cette rencontre?

Aux dires des organisateurs et du public, sans nul doute, la participation d’un photographe africain, sur un sujet qu’ils ne voyaient que dans et à travers les medias: le conflit du Darfour. Beaucoup de questions sur l’origine de cette guerre et les conditions de prises de vues sur un terrain aussi hostile m’ont été posées. Petite anecdote : un groupe de personnes qui n’avait pas pu me rencontrer le jour du vernissage a dû revenir le lendemain pour le faire. Elles voulaient tellement comprendre l’histoire de cette tragédie et me voir. Beaucoup ont apprécié ces images de guerre qui n’étaient pas violentes. Ils éprouvaient même de la sympathie pour «ces rebelles» et leurs victimes collatérales, les déplacés de guerre… Il s’agit d’un angle que j’ai toujours privilégié pour les conflits que j’ai couvert, en instaurant un dialogue avec ces combattants qui acceptent que je m’incruste parmi eux, le temps de faire mon travail de reporter.

Et pour vous, quelle appréciation avez-vous de la rencontre avec d’autres éminences de la photographie du monde ? Et quel message avez-vous au sortir de cette rencontre ?

C’est toujours enrichissant de vivre ces moments de partage entre professionnels et public. Sur un plan purement personnel, cela me permet de ne pas disparaitre du circuit international même si je garde «la main» à travers mon agence qui travaille plus à l’international que sur le plan national. C’est important d’autant plus que la photographie est un domaine où les choses évoluent très vite. Sur un plan plus large, cela me permet aussi de voir comment mieux faire partager toutes ces expériences aux jeunes que j’encadre déjà et à ceux qui s’intéressent à ce beau métier qui hélas, est non seulement mal connu, mais aussi mal pratiqué chez nous. L’idée est de créer un chemin pour les jeunes Gabonais qui veulent bien se lancer dans ce métier artistique passionnant, mais périlleux. Très peu de professionnels vivent convenablement de ce métier, faute de repère et de cadre idoine pour sa pratique. A cet effet, cette rencontre où j’étais à la fois spectateur et acteur va renforcer notre capacité à mettre en œuvre un projet sur lequel  nous travaillons depuis plusieurs mois avec un groupe de photographes gabonais. Il s’agira de faire découvrir et de montrer un autre visage de la photographie au Gabon, voire de la sous-région comme cela ne s’est jamais fait. Car pour moi, chaque Gabonais devrait apporter du sien dans le domaine qu’il peut pour faire évoluer les choses, au lieu de toujours attendre ou regarder vers le haut.

 

 
GR
 

2 Commentaires

  1. kinzenguele dit :

    Très bon article mon frère

  2. […] 3 questions à… Désirey Minkoh pour «un autre visage de la photographie au Gabon», Gabon Review, le 24/10/14 ; […]

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