Le procureur de la République a confirmé, ce samedi 6 juin 2026, la poursuite des investigations sur un vaste détournement présumé de fonds lié aux primes de vacation au ministère de l’Éducation nationale. Alors que plus de 700 millions de FCFA seraient concernés, des agents mis en cause citent la ministre d’État, de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, dont le rôle devra être éclairci par l’enquête judiciaire.

Le procureur de la République, Dick Fabrice Boungou Mickolo. © D.R.

 

L’affaire des primes de vacation frauduleuses au ministère de l’Éducation nationale prend une nouvelle ampleur. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, a annoncé le samedi 6 juin que le préjudice financier dépasse les premières estimations : les enquêtes ont en effet mis en évidence un dépassement de plus de 700 millions de FCFA dans le fichier des bénéficiaires, loin des 560 millions évoqués initialement, tandis que vingt personnes demeurent en garde à vue.

À l’origine de cette procédure, un audit réalisé en 2025 par les services du ministère de l’Économie et des Finances, après une hausse jugée anormale du budget consacré aux primes de vacation. Les conclusions ont révélé des irrégularités présumées dans le fichier des bénéficiaires, conduisant le parquet à saisir les services spécialisés de la police judiciaire.

Les premières investigations évoquent un système de fraude reposant sur la création de lignes budgétaires fictives destinées au versement de primes par virements bancaires ou par bons de caisse au profit de plusieurs personnes, dont une majorité appartiendrait à la Direction centrale des affaires financières du ministère. concerné Selon le procureur, ce mécanisme se serait installé depuis plusieurs années dans les pratiques administratives.

Camélia Ntoutoume Leclercq mise en cause par un agent

Alors que les auditions se poursuivent, un agent de la Direction centrale des affaires financières, interpellé avec la vingtaine de ses collègues, a directement mis en cause la ministre de l’Éducation nationale et de la Formation civique, Camélia Ntoutoume Leclercq.

Tout en rejetant l’idée d’un enrichissement personnel, ce dernier affirme que «toutes les dépenses et tous les projets de dépenses engagés par le ministère portent le sceau de madame la Ministre d’État». Il soutient également qu’en sa qualité d’ordonnatrice principale des crédits, elle ne pouvait ignorer les mouvements financiers opérés au sein de son département.

À ce stade, ces déclarations constituent des éléments recueillis dans le cadre de l’enquête et devront être confrontées aux investigations menées par les autorités judiciaires. La documentation saisie est désormais entre les mains des enquêteurs, qui devront établir les responsabilités éventuelles et déterminer l’étendue exacte du préjudice subi par l’État.

Thécia Nyomba 

 
GR
 

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