La société CASEP-GA a lancé un ultime appel aux familles pour identifier des dépouilles conservées à la morgue d’Oloumi depuis plus d’un an. Faute de manifestation avant le 30 avril prochain, ces défunts seront inhumés sous X, scellant ainsi leur sort dans l’anonymat de l’indigence.

CASEP-GA lance un appel pour l’identification des corps. © D.R.

 

C’est un constat froid qui interroge sur la gestion des disparitions au Gabon. Dans un communiqué officiel, la CASEP-GA informe l’opinion publique de la présence, dans ses installations d’Oloumi, de plusieurs corps non identifiés. Enregistrés entre janvier 2025 et février 2026, ces défunts attendent, dans le silence des chambres froides, qu’un proche vienne enfin mettre un nom sur leur visage. Pour la structure de pompes funèbres située face à la DGDI, l’enjeu est désormais autant logistique qu’humain. La loi est claire : passé un certain délai de conservation sans réclamation, le parquet de Libreville est saisi. «À compter du 30 avril 2026, le procureur de la République pourrait autoriser l’inhumation de ces corps à titre d’indigent», prévient la CASEP-GA.

L’inhumation à titre d’indigent est la procédure administrative par laquelle l’État prend en charge les funérailles de personnes sans ressources ou non réclamées. Pour les familles, c’est le risque de voir un parent disparaître une seconde fois, sans rites, sans tombeau nominatif et sans possibilité de recueillement futur. Dans ce sens. La CASEP-GA exhorte donc toute personne à la recherche d’un proche dont elle n’a plus de nouvelles à se rapprocher de ses services pour consulter les registres et les signalements disponibles.

Au-delà de la simple gestion des places en morgue, cette initiative vise à offrir une dernière chance de dignité. Dans le contexte socioculturel gabonais, où le respect des morts est sacré, finir « indigent » est perçu comme une tragédie sociale absolue. Le compte à rebours est lancé. Il reste quelques semaines aux familles pour éviter que ces «oubliés d’Oloumi» ne finissent leur trajectoire terrestre dans l’oubli collectif d’un carré d’indigents.

Thecia Nyomba 

 
GR
 

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