Face à un conflit qui embrase le Golfe et le Moyen-Orient, la Chine et le Pakistan ont présenté le 1er avril 2026 une initiative diplomatique conjointe en cinq points, appelant à une cessation immédiate des hostilités et à l’ouverture de pourparlers de paix. Pékin invite d’ores et déjà la communauté internationale à s’y associer.

Chine et Pakistan : le 1er avril 2026, Pékin et Islamabad ont présenté une initiative en cinq points pour tenter de ramener la paix dans le Golfe et au Moyen-Orient. © GabonReview / Dall-E (IA)

 

C’est à Pékin, lors d’un entretien entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue pakistanais Mohammad Ishaq Dar, que l’initiative a été formalisée. Les deux diplomates ont passé en revue la situation dans la région du Golfe et au Moyen-Orient avant de formuler un plan articulé autour de cinq axes, présenté comme une feuille de route pour sortir la région de la spirale de la violence.

Dans la foulée, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a tenu à préciser que l’initiative est «ouverte» : tous les pays et organisations internationales sont invités à y répondre et à y participer. Un message sans ambiguïté : la Chine entend s’imposer comme acteur incontournable de la résolution d’une crise dont les effets (hausse des prix de l’énergie, blocage du commerce maritime, risque d’embrasement régional) dépassent largement le seul Moyen-Orient.

Une architecture en cinq piliers

Le premier point exige une cessation immédiate des hostilités et l’accès sans entraves à l’aide humanitaire dans l’ensemble des zones affectées. Le deuxième appelle au lancement le plus rapide possible de pourparlers de paix, en posant comme condition non négociable le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran et des États du Golfe.

Le troisième pilier réclame la protection des civils et des cibles non militaires, c ’est-à-dire lesinstallations énergétiques, électriques, de dessalement, ainsi que les infrastructures nucléaires civiles. Le quatrième volet concerne la sécurité des voies maritimes, avec une attention particulière portée au détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial que les deux pays appellent à rouvrir sans délai à la navigation civile et commerciale.

Le multilatéralisme comme horizon

Le cinquième et dernier point est peut-être le plus ambitieux : Pékin et Islamabad plaident pour la primauté de la Charte des Nations Unies et pour la construction d’un cadre de paix global et durable, fondé sur le droit international. Un appel implicite à écarter toute solution imposée par la force ou par une puissance hégémonique.

Cette initiative sino-pakistanaise s’inscrit dans la stratégie de projection diplomatique de la Chine, qui multiplie les offres de médiation dans les crises régionales depuis sa percée dans le rapprochement irano-saoudien de 2023. Elle souligne aussi le rôle croissant d’Islamabad comme relais des ambitions de Pékin dans le monde musulman.

 
GR
 

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