Estuaire du Komo : la chefferie Mpongwè interdit toute activité maritime au nom de la tradition
Dans une note circulaire datée du 31 mars 2026, la Princesse Marie Anne Ankombie Rapontchombo appelle les opérateurs économiques, plaisanciers et pêcheurs de l’estuaire du Komo à s’abstenir de toute activité nautique durant la tenue de cérémonies traditionnelles programmées début avril.

Un moment de la cérémonie traditionnelle «Evandaganyè» de la communauté Mpongwè, en juin 2025 à Libreville. © Gabon 24
C’est un acte d’autorité coutumière rare dans l’espace public gabonais. Au nom du Trône du Roi Denis Rapontchombo, la Princesse Conservateur du Patrimoine Cultuel et des Attributs Royaux de la Pointe Denis a adressé une note circulaire aux usagers de la mer, leur demandant de libérer les eaux de l’estuaire du Komo et de l’océan Atlantique le temps de cérémonies traditionnelles prévues du 8 au 12 avril 2026. Un geste qui rappelle, avec une solennité tranquille, que certains espaces demeurent d’abord des territoires sacrés avant d’être des zones d’activité économique.
Des eaux sacrées, le temps des offrandes
Le cœur du dispositif est la journée du dimanche 12 avril, entièrement consacrée aux offrandes en mer et dans les rivières, pratique centrale dans la cosmogonie Mpongwè, peuple autochtone dont l’identité est intimement liée aux eaux de l’Estuaire. Ce jour-là, plaisanciers et opérateurs économiques sont priés de suspendre toute activité sur l’estuaire du Komo et l’Atlantique.
Pour les pêcheurs, la restriction s’étend sur une durée plus longue, du 12 au 17 avril 2026, afin de préserver la sérénité rituelle des eaux concernées.
La chefferie Mpongwè, une institution toujours vivante
La démarche dépasse le simple avis de restriction. Elle illustre la vitalité d’une institution traditionnelle qui, sans recourir à la coercition, continue d’exercer une autorité morale, et pratique, sur le littoral gabonais. La Pointe Denis, presqu’île emblématique face à Libreville, est bien plus qu’un site touristique prisé des Librevillois : elle est le cœur historique et spirituel du royaume Mpongwè, dont le Roi Denis Rapontchombo constitue l’une des figures tutélaires les plus révérées.
En sollicitant la compréhension des acteurs économiques tout en s’excusant du désagrément causé, la Princesse Marie Anne Ankombie Rapontchombo adopte un ton à la fois solennel et respectueux des réalités du terrain. Une façon d’affirmer la souveraineté culturelle sans confrontation, dans un Gabon où la réconciliation entre modernité économique et héritage coutumier reste un chantier permanent.












1 Commentaire
Cette Princesse n’est ni ministre de l’intérieur, ni ministre de la pêche donc j’irai pêcher ou je veux comme tous les weekends et faire du jetski ou bon me semble…