Lancée ce lundi 13 avril au Lycée national Léon Mba, la caravane School Tour dédiée à la santé mentale a officiellement donné le coup d’envoi de ses activités. Initiée par une association engagée, cette campagne de sensibilisation met l’accent sur l’importance de l’écoute et de l’accompagnement des élèves. À travers des échanges et des espaces dédiés,  elle entend rappeler que la santé mentale de l’enfant se construit d’abord au sein de la cellule familiale et appelle à privilégier la prévention. 

Les organisateurs pendant le lancement de la caravane, le 13 avril 2026 à Libreville. © GabonReview

 

La caravane School Tour dédiée à la santé mentale a été lancée ce lundi 13 avril 2026 au Lycée national Léon Mba, à Libreville. Se positionnant comme une véritable plateforme de lutte contre les troubles liés à la santé mentale, cet événement a marqué le coup d’envoi effectif de ses activités. Initiée par l’association Gertrude Françoise, la caravane vise à promouvoir une approche préventive, fondée sur le principe «prévenir plutôt que guérir». Réunissant plusieurs psychologues et professionnels de la santé mentale, les échanges ont permis d’aborder en profondeur les causes et les moyens de prévention liés à cette problématique de plus en plus préoccupante.

Selon le technicien supérieur en santé mentale à Melen, Dianga Félicien,  la santé mentale se définit comme «un état de bien-être dans lequel une personne réalise ses capacités peut faire face aux difficultés normales de la vie, travailler avec succès et contribuer à sa communauté». Une définition qui, selon lui, met en lumière le fait que la santé mentale ne se limite pas à l’absence de maladie : même sans pathologie organique, elle peut être entretenue et améliorée.

Sur le plan psychologique, elle renvoie notamment à l’équilibre émotionnel, à la stabilité psychique, à la capacité de gérer ses émotions et à s’adapter aux différentes situations de la vie. L’expert a également évoqué plusieurs causes à l’origine de la dégradation de la santé mentale chez les élèves, en mettant particulièrement l’accent sur les facteurs scolaires. « La pression scolaire excessive constitue l’une des principales causes. Je ne vise pas uniquement les enseignants, mais aussi les parents. Trop de devoirs, des examens fréquents… tout cela peut affecter les élèves». Il a par ailleurs cité d’autres facteurs, tels que le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement, les conflits familiaux, les difficultés sociales ou encore le manque de confiance en soi. «Certains élèves, convaincus de leurs limites, évitent de participer en classe, abandonnent rapidement et finissent par se décourager», a-t-il ajouté.

Ces différentes situations peuvent engendrer des troubles émotionnels, une mauvaise gestion des émotions et des difficultés d’adaptation. D’où l’importance, selon les intervenants, d’adopter des comportements responsables et de renforcer les mécanismes d’écoute et d’accompagnement pour préserver la santé mentale des élèves.

Des pistes de solutions abordées

Les élèves assistant à la cérémonie du lancement de la caravane. © GabonReview

Plusieurs pistes de solutions pour lutter contre la mauvaise santé mentale ont été énumérées au cours des discussions. «Pour y faire face, il est essentiel de créer un environnement scolaire sécurisant et bienveillant, de mettre en place un réseau d’échanges, ainsi que des services de soutien psychologique, notamment des cellules d’écoute», toujours selon Félicien Dianga. Il a également souligné que des psychologues qualifiés sont déjà disponibles et qu’il est nécessaire de renforcer les initiatives existantes, notamment à travers l’organisation d’activités sportives et culturelles. Par ailleurs, les enseignants doivent se montrer particulièrement attentifs au comportement des élèves, car ils constituent les premiers détecteurs des signes de détresse psychologique. Il a aussi insisté sur l’importance d’encourager une éducation plus positive, basée davantage sur l’accompagnement que sur la critique.

Ainsi, la caravane School Tour sur la santé mentale se veut une stratégie de prévention, de sensibilisation et d’encadrement des élèves. Selon la présidente de l’association Gertrude Françoise et initiatrice de la caravane, Marie Wilma Sickout : « Vous avez le devoir de briser le silence. Ce programme que nous lançons aujourd’hui a une ambition simple, mais puissante : libérer la parole et construire un environnement scolaire bienveillant où chacun se sent écouté, respecté et soutenu», tout en rappelant que c’est ensemble que la sensibilisation portera ses fruits.

Elle a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une logique de prévention : «Prévenir plutôt que guérir, c’est bâtir une école qui ne forme pas seulement des esprits brillants, mais aussi des êtres humains solides. Aujourd’hui, nous faisons un choix courageux : reconnaître que derrière chaque élève, il y a une histoire, une sensibilité, parfois des fragilités, mais aussi un immense potentiel». Après ces interventions, les élèves ont réagi positivement. Pour Handje Fiagueu Alma Kelly, élève en classe de seconde au lycée Léon Mba : «Si ça ne va pas mentalement, ça n’ira pas physiquement. Il est grand temps de faire attention. Il existe beaucoup de signes qui montrent qu’une personne ne va pas bien, même si certaines font semblant d’aller bien».

Donc, pour accroitre l’impact d’une sensibilisation efficace, la caravane s’étendra à dix autres lycées de Libreville, avec l’ambition de marquer durablement les esprits et de porter un message fort sur l’importance de la santé mentale.

Thécia Nyomba 

 
GR
 

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