Santé en milieu scolaire : des résultats alarmants appellent à une réponse urgente
À Libreville, un atelier organisé par les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé, en partenariat avec l’UNESCO, a permis de valider les résultats de deux enquêtes mondiales menées en 2024. Entre comportements à risque et fragilités psychosociales, les conclusions interpellent sur l’urgence d’agir en faveur du bien-être des élèves.

La présentation des résultats de deux enquêtes mondiales de santé en milieu scolaire, le 14 avril 2026. © GabonReview
Les ministères en charge de l’Éducation nationale et de la Santé, en collaboration avec l’UNESCO, ont tenu le 14 avril 2026, au Complexe scolaire d’Alibandeng à Libreville, un atelier consacré à la présentation et à la validation des résultats de deux enquêtes mondiales de santé en milieu scolaire réalisées en 2024. Inscrite dans le cadre du programme Éducation (ED), cette rencontre visait à analyser, enrichir et consolider les rapports issus de ces études, avant leur diffusion à l’échelle nationale et leur publication sur les plateformes de l’UNESCO et de l’OMS.
Les travaux ont porté sur deux outils majeurs : le Global School-based Student Health Survey (GSHS), mené auprès de 4 000 élèves âgés de 13 à 17 ans, et le Global School Health Policies and Practices Survey (G-SHPPS), réalisé auprès de 800 responsables d’établissements. Ces enquêtes complémentaires offrent une lecture approfondie de la santé, du bien-être et de l’environnement scolaire des jeunes, tout en évaluant les politiques et pratiques en vigueur.
«Nous sommes là pour le processus de validation des résultats de deux enquêtes mondiales qui ont eu lieu en 2024. Nous sommes arrivés au terme de ces enquêtes et l’activité d’aujourd’hui, c’est que les techniciens puissent regarder, est-ce qu’on a pris en compte tous les besoins mentionnés dans l’enquête mondiale au niveau des rapports», a expliqué Marie Louise Bénédicta Boutamba, responsable du programme «Nos droits, nos vies, notre avenir».
Plusieurs problématiques abordées

Quelques moments des travaux. © GabonReview
Les échanges ont notamment mis en évidence des problématiques liées à la santé mentale, au soutien psychosocial et à l’éducation à la vie. «Lorsqu’on a parlé des drogues en milieu scolaire, il y en a qui ont constaté qu’il n’y avait pas les causes. Les produits psychoactifs en milieu scolaire sont un frein pour un meilleur apprentissage. Pourquoi l’enfant voudrait-il se suicider ? Généralement, lorsque la vie suicidaire est là, c’est qu’il y a une dépression qui peut être latente. C’est un problème de santé mentale», a souligné le Dr Mouiti Mouiti épse Owono, psychologue.
La question du sport scolaire a également suscité des préoccupations. «Aujourd’hui, le sport scolaire est pratiquement mort. Aller dans un établissement, l’après-midi, combien de plateaux sportifs sont occupés ? À partir du moment où ces élèves n’ont pas les espaces pour dégager le trop d’énergie qu’ils ont, les tensions, ils les règlent autrement», a déploré Jean-Marie Bandinga Wora, plaidant pour un renforcement des infrastructures sportives dans les quartiers.
22,4 % des élèves ressentent l’envie de se suicider
Les résultats des enquêtes révèlent des défis préoccupants. Ainsi, 29,9 % des filles et 52,7 % des garçons âgés de 13 à 17 ans déclarent avoir déjà eu leur premier rapport sexuel. Par ailleurs, 22,4 % des élèves affirment avoir ressenti l’envie de se suicider au cours des douze derniers mois. Des indicateurs qui traduisent une vulnérabilité accrue des jeunes et soulignent la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et d’accompagnement. «Les résultats sont disponibles et donc un atelier de validation de ces résultats, de relecture, de vérification et de proposition a eu lieu afin de pouvoir stabiliser le rapport qui sera présenté à la tutelle», a indiqué Clarisse Anguezome Nguema, inspecteur général adjoint des services chargé des enseignements.
À terme, la diffusion de ces données devrait contribuer à orienter les politiques publiques et à impulser des actions concrètes en faveur d’un environnement scolaire plus sûr, inclusif et propice à l’épanouissement des apprenants.













0 commentaire
Soyez le premier à commenter.