Au cœur du plus grand marché de Libreville, plus d’une centaine de box commerciaux étaient alimentés clandestinement en électricité, sous la coupe d’un réseau de ressortissants ouest-africains qui, ayant endossé les habits d’agents de la SEEG, empochaient plus de quatre millions de francs CFA chaque mois. La cellule anti-fraude de l’opérateur public a frappé.

Sur le terrain, au cœur du marché de Mont-Bouët : les agents de la SEEG identifient les box raccordés en marge de tout contrat et démontent, un à un, les branchements frauduleux. © GabonReview (capture d’écran)

 

L’opération a été menée par la cellule anti-fraude de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), dans la zone de Mont-Bouët. Méthodiquement organisé, le dispositif s’était patiemment installé à l’abri du tumulte du marché. Munis d’un aplomb certain et d’une connaissance suffisante des codes de la maison, les imposteurs, dont l’identité demeure en cours d’établissement, frappaient aux portes des échoppes pour y collecter, mois après mois, ce qu’ils présentaient comme des règlements de factures.

Branchés en marge de tout contrat, les box incriminés contournaient les compteurs officiels. Une mécanique doublement lucrative pour les fraudeurs : aux commerçants, ils vendaient l’illusion d’un service régulier ; à la SEEG, ils dérobaient une part de ses recettes. Pour les occupants des échoppes, le piège se refermait silencieusement, sans facture en règle (juste des reçus quelconques), sans garantie, sans recours.

Plusieurs interpellations et placements en garde à vue ont été opérés. Les autorités compétentes ont été saisies, et les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des ramifications du réseau. À travers cette opération, la SEEG entend intensifier ses contrôles sur le territoire et porter un coup d’arrêt aux pratiques de fraude électrique, qui pèsent sur ses comptes autant que sur la confiance de ses abonnés.

 
GR
 

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