La décision conjointe de la FIFA et de la CAF de maintenir en fonction le comité exécutif de la Fédération gabonaise de football jusqu’au 31 décembre 2026 suscite une vive contestation. Ancien président du Comité de normalisation de la Fegafoot, Dieudonné Ndoumbou Likouni dit « Diego » dénonce une «prolongation illégitime» du mandat de Pierre Alain Mounguengui et appelle à une mobilisation nationale pour saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.

Dieudonné Ndoumbou Likouni, ancien président du Comité de normalisation de la Fegafoot. © Gabonreview

 

La tension autour de la gouvernance du football gabonais est loin de retomber. Dans une correspondance adressée le 7 mai 2026 à la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), à l’issue de leur mission conjointe effectuée à Libreville du 18 au 20 avril, la FIFA et la CAF ont confirmé le maintien en fonction du comité exécutif actuel jusqu’à la tenue d’une assemblée générale élective, prévue au plus tard le 31 décembre 2026.

Les deux instances expliquent cette décision par la nécessité de permettre la régularisation administrative de la fédération et de ses membres statutaires, notamment en matière d’agréments et d’enregistrements administratifs. Elles indiquent également que cette transition devra s’effectuer dans un délai de six mois, courant jusqu’à la fin octobre 2026.

Dans leur lettre signée par Elkhan Mammadov pour la FIFA et Sarah Mukuna pour la CAF, les deux organisations affirment que le comité exécutif demeure en fonction « conformément à l’article 38, paragraphe 4 des Statuts de la Fegafoot », en attendant la prochaine assemblée générale élective.

 « L’heure du TAS a sonné ! »

Cette décision a immédiatement provoqué la réaction de Dieudonné Ndoumbou Likouni, ancien président du Comité de normalisation de la Fegafoot mis en place par la FIFA en avril 2013.

Dans un long message publié sur Facebook, celui qui avait supervisé la réforme des statuts de la fédération et l’organisation des élections ayant conduit à l’arrivée de Pierre Alain Mounguengui à la tête de la Fegafoot en mars 2014, dénonce une décision « parodique » de la FIFA et de la CAF.

« Le football gabonais continue à être pris en otage par une décision qui défie les principes fondamentaux de la démocratie et de l’éthique », écrit-il, accusant les instances dirigeantes du football mondial et africain de « valider l’illégitimité » en prolongeant le mandat du comité exécutif actuel.

Dieudonné Ndoumbou Likouni estime que Pierre Alain Mounguengui, après douze années à la tête de la fédération, ne devrait plus se maintenir au pouvoir. Il accuse également la FIFA de faire preuve de complaisance envers les dirigeants actuels de la Fegafoot.

Un appel à une coalition pour saisir le TAS

Au-delà de la dénonciation politique et institutionnelle, l’ancien dirigeant du football gabonais annonce vouloir porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, en Suisse.

Selon lui, les recours internes ayant été « systématiquement rejetés », seule la juridiction sportive internationale serait désormais en mesure de trancher le différend.

« Nous demandons l’annulation pure et simple de cette prolongation de mandat arbitraire », affirme-t-il, tout en appelant les acteurs du football gabonais et l’opinion nationale à soutenir financièrement une procédure devant le TAS.

Dans son message, Dieudonné Ndoumbou Likouni évoque même la mise en place prochaine d’une cagnotte destinée à financer ce recours judiciaire.

Une figure historique du dossier Fegafoot

La prise de position de Dieudonné Ndoumbou Likouni revêt une portée particulière dans le paysage footballistique gabonais. En 2013, la FIFA lui avait confié la présidence du Comité de normalisation instauré après une grave crise de gouvernance et une élection controversée au sein de la Fegafoot.

Sa mission consistait notamment à réviser les statuts de la fédération et à conduire le processus électoral devant ramener la stabilité institutionnelle. Ce processus avait débouché, en mars 2014, sur l’élection de Pierre Alain Mounguengui à la présidence de la Fegafoot.

En 2022, Dieudonné Ndoumbou Likouni avait affiché son intention de briguer lui-même la présidence de l’instance fédérale.

Alors que la FIFA et la CAF disent poursuivre leur évaluation de la situation avant de se prononcer définitivement sur la suite du processus électoral, le dossier de la gouvernance du football gabonais semble désormais se déplacer sur le terrain judiciaire sportif international.

 

 
GR
 

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