La Dizaine gabonaise des arts et de la culture a officiellement ouvert sa deuxième édition ce mardi 19 mai 2026 à Libreville. Organisé au ministère du Rayonnement culturel, de la Jeunesse et des Sports, l’événement entend promouvoir le talent artistique gabonais tout en offrant aux jeunes un espace d’expression, de formation et de réflexion autour des enjeux culturels.

Une vue des tableaux exposés au cours du vernissage à l’ouverture de la deuxième édition de la Dizaine gabonaise, le 19 mai 2026 à Libreville. © GabonReview

 

Pour la cérémonie d’ouverture du festival de la Dizaine gabonaise des arts et de la culture, un vernissage mettant à l’honneur plusieurs artistes gabonais a captivé le public, ce mardi 19 mai 2026 à Libreville. Entre mémoire des origines, transmission générationnelle, rapport à la nature et réflexion sur l’existence humaine, les œuvres exposées ont donné lieu à diverses interprétations artistiques, plongeant les visiteurs dans un véritable circuit créatif.

Placée sous le thème « Rayonnement culturel, créativité et croissance durable », cette édition ambitionne de mobiliser les énergies artistiques et intellectuelles à Libreville, Lambaréné et Port-Gentil. À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent impulser une dynamique culturelle durable, inclusive et profitable aux jeunes artistes peintres, musiciens, acteurs culturels ainsi qu’aux passionnés d’art et de culture.

Revenant sur l’importance de cette manifestation, la présidente fondatrice de l’ONG Terre d’Espoir, initiatrice de la Dizaine gabonaise des arts et de la culture, a rappelé la portée citoyenne du projet. «La Dizaine gabonaise des arts et de la culture est une initiative citoyenne collective et apolitique qui fédère l’expertise locale autour des enjeux, défis et perspectives de développement et de croissance durable de notre patrimoine culturel et artistique», a-t-elle précisé.

Elle a également souligné que ce festival met en avant le génie créatif local à travers plusieurs disciplines artistiques, notamment le festival de cinéma «Les Reflets de l’Ogooué», le théâtre, la musique, la danse, la mode, la peinture, la sculpture, la photographie, l’artisanat ainsi que les arts numériques patrimoniaux, tout en favorisant les synergies avec les réseaux culturels provinciaux.

Un vernissage entre modernité, culture et réflexion existentielle 

Instantanés du vernissage de la cérémonie d’ouverture. © GabonReview

Sous le regard attentif des visiteurs, les artistes peintres ont progressivement dévoilé les significations profondes de leurs œuvres. L’un des tableaux représentait une femme enracinée, symbole du lien indéfectible entre l’être humain et ses origines, rappelant à chacun l’importance de savoir d’où il vient.

À proximité, une autre œuvre, composée de branches d’arbres et d’un pied posé sur celles-ci, a particulièrement retenu l’attention du public. Réalisée par l’artiste Kessia Christ, passionnée par les questions environnementales, cette peinture traduit une réflexion sur les parcours de vie et la transmission intergénérationnelle. «Les feuillages, pour moi, sont comme des réussites que l’on contemple et qu’on acclame. Mais lorsque toutes les feuilles tombent, on se rend compte de tout ce qui a porté cela», a expliqué l’artiste. Avant d’ajouter : «Un arbre se divise parce que, comme l’homme, il emprunte plusieurs chemins, souvent par instinct de survie, pas forcément par choix, mais parce qu’il le faut».

Selon Kessia Christ, son œuvre ne représente pas uniquement des arbres, mais surtout les chemins empruntés par les êtres humains tout au long de leur existence. «En prenant les feuilles comme des réussites, nous devons considérer les branches comme des chemins, des parcours que chacun d’entre nous a empruntés. Le pied posé sur la branche symbolise aussi la transmission, pour montrer que des personnes sont passées avant nous et que nous devrons, à notre tour, guider les générations futures», a-t-elle confié, estimant que «chaque parcours mérite sa floraison».

Non loin de cette toile, une autre œuvre, réalisée par l’artiste gabonaise Mexhilus, mettait en scène une graine plantée dans un cœur, sur fond bleu. À travers cette représentation, l’artiste a souhaité illustrer l’origine de toute existence. «Je me suis dit que tout a une base, tout commence par une graine, tout commence par une semence», a-t-elle déclaré. Pour elle, cette graine symbolise à la fois le commencement de la vie, le rêve intérieur et la destinée inscrite en chaque être humain par le créateur.

Plusieurs autres tableaux ont ainsi enrichi ce vernissage, suscitant admiration, réflexion et diverses interprétations auprès des visiteurs. Malgré la qualité artistique des œuvres présentées, la mobilisation du public est toutefois apparue en deçà des attentes, au regard du talent mis en lumière durant cette ouverture de la Dizaine gabonaise des arts et de la culture.

Prévue jusqu’au 30 mai prochain, cette manifestation s’articulera autour de deux principaux axes : le renforcement des capacités des jeunes et des acteurs culturels dans différentes filières artistiques, afin de permettre à cette créativité de se structurer et de rayonner, ainsi que la promotion d’une expression artistique de proximité grâce à des espaces d’exposition et d’animation en plein air, accessibles gratuitement au public.

Thécia Nyomba 

 
GR
 

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