Afin de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le trafic illicite de bois et de promouvoir des échanges commerciaux conformes aux normes de légalité, les États-Unis et le ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune organisent, du 18 au 22 mai 2026 à Libreville, un atelier multilatéral de renforcement des capacités réunissant plusieurs pays producteurs, transformateurs et consommateurs de bois.

Photo de famille à l’occasion de la première journée de l’atelier contre le trafic illicite de bois, le 18 mai 2026 à Libreville. © D.R.

 

À l’initiative de la Division de l’environnement et des ressources naturelles département de la Justice des États-Unis, une rencontre s’est ouverte ce 18 mai 2026 à Libreville, réunissant plusieurs acteurs internationaux et nationaux engagés dans la lutte contre le commerce illégal du bois. Cette rencontre associe notamment le ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune du Gabon, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement de la République socialiste du Vietnam, ainsi que le ministère camerounais des Forêts et de la Faune. 

Présenté comme une première dans ce domaine, l’atelier réunit autour d’une même table les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement du bois, depuis l’exploitation forestière jusqu’à la transformation et la distribution, en passant par les services douaniers chargés du contrôle des flux commerciaux entre les pays participants. Le secteur privé y est également représenté.

D’ailleurs, l’initiative s’inscrit dans le prolongement de la coopération engagée depuis 2016 entre les États-Unis et le Gabon dans la lutte contre l’exploitation forestière illégale. Pour les autorités américaines, il s’agit notamment d’empêcher l’introduction sur le marché américain de produits ligneux issus de circuits illicites, en violation du Lacey Act, principal dispositif juridique américain de lutte contre le commerce illégal des ressources naturelles.

Renforcer la traçabilité et la coopération judiciaire 

Durant cinq jours, les participants bénéficieront de formations portant sur les mécanismes de traçabilité et de garantie de légalité du bois, les procédures douanières applicables aux chaînes d’approvisionnement mondiales, les techniques d’enquête et de poursuites judiciaires, ainsi que les stratégies de coopération entre États et acteurs industriels.

Le programme prévoit également des tables rondes, des exercices pratiques et des séances de réseautage destinés à renforcer les échanges entre magistrats, responsables de l’application de la loi, agents des douanes et représentants du secteur forestier. Des visites de terrain sont également annoncées dans plusieurs sites stratégiques de la filière bois au Gabon, notamment des concessions forestières, des unités de transformation et des installations portuaires. 

Du côté américain, plusieurs administrations prennent part aux travaux, parmi lesquelles l’Agence des douanes et de la protection des frontières, le Service des forêts, le Service de la pêche et de la faune sauvage, la Division des enquêtes de la Sécurité intérieure, le Bureau du Représentant américain au commerce et le Département d’État. «Les États-Unis ont un intérêt commercial de premier ordre à endiguer la présence de bois d’origine illégale dans les chaines d’approvisionnement mondiales et à prévenir l’introduction sur le marché américain de produits ligneux issus de circuits illicites, en violation du Lacey Act», a déclaré un responsable du département de la Justice, rappelant que cette approche multilatérale renforce la capacité collective à intercepter les flux commerciaux de bois illégal, tout en favorisant le développement d’échanges normaux.  

Considérée comme la troisième activité criminelle transnationale organisée la plus lucrative au monde après la contrefaçon et le trafic de stupéfiants, l’exploitation forestière illégale engendre chaque année des pertes financières colossales pour les producteurs légaux et les États forestiers. 

Ainsi, dans un contexte marqué par l’intensification des échanges commerciaux de produits ligneux entre le Gabon, le Viet Nam et le marché américain, les États-Unis entendent consolider leur coopération économique et sécuritaire avec leurs partenaires africains et asiatiques par le canal de cet atelier.  

Thécia Nyomba

 
GR
 

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