Suspendu du programme américain AGOA depuis janvier 2024, le Gabon retrouve officiellement son statut de pays bénéficiaire à la faveur d’une proclamation signée le 19 mai 2026 par le président américain Donald Trump. Cette réintégration ouvre à nouveau le marché américain à près de 1 800 produits gabonais sans droits de douane et renforce l’attractivité économique du pays auprès des investisseurs internationaux.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé le 19 mai 2026 une proclamation restaurant le statut du Gabon comme bénéficiaire de AGOA © GabonReview / Illustration IA

 

Le Gabon est officiellement réintégré dans l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé le 19 mai 2026 une proclamation restaurant le statut du pays comme bénéficiaire d’Afrique subsaharienne au titre du programme commercial préférentiel américain.

La décision met fin à la suspension prononcée en janvier 2024 par l’administration américaine précédente à la suite des événements politiques du 30 août 2023. Dans le texte officiel, Washington affirme avoir constaté que « le Gabon remplit les conditions d’éligibilité prévues à la section 104 de l’AGOA et les critères d’éligibilité prévus à la section 502 du Trade Act ».

Dans la foulée, les autorités américaines ont ordonné l’application immédiate des ajustements techniques nécessaires au sein du Tarif douanier harmonisé américain, rendant la réintégration effective sans délai. La proclamation prolonge également le programme AGOA jusqu’au 31 décembre 2026.

Un accès privilégié au marché américain

Premier avantage concret pour le Gabon : le retour de l’accès préférentiel au marché américain pour près de 1 800 produits exportables, exonérés de droits de douane dans le cadre de l’AGOA, en complément des 5 000 produits déjà couverts par le Système généralisé de préférences.

Les secteurs stratégiques de l’économie gabonaise devraient directement bénéficier de cette réouverture commerciale. Le bois transformé, les hydrocarbures et le manganèse figurent parmi les principales filières concernées. Mais les autorités gabonaises espèrent également voir émerger de nouvelles opportunités dans l’agro-industrie, le textile ou encore la cosmétique.

Cette fenêtre commerciale intervient dans un contexte déjà favorable aux échanges entre Libreville et Washington. Selon les données communiquées, le volume des échanges bilatéraux entre le Gabon et les États-Unis avait atteint 426,2 millions de dollars en 2024, en hausse de 23,1 % sur un an, malgré la suspension du pays du programme préférentiel américain.

Un signal rassurant pour les investisseurs

Au-delà du commerce extérieur, cette réintégration est perçue par les autorités gabonaises comme une validation internationale de la trajectoire politique, institutionnelle et économique engagée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

La décision américaine est notamment interprétée comme un signal positif envoyé aux investisseurs étrangers et aux partenaires financiers internationaux. Pour plusieurs observateurs, le retour du Gabon dans l’AGOA renforce la crédibilité du pays sur les marchés internationaux et améliore davantage son attractivité économique.

« Washington a évalué la situation gabonaise et l’a jugée conforme aux standards internationaux les plus exigeants », soutient une source proche du Palais présidentiel, estimant que cette décision vient consolider les signaux favorables déjà émis par des institutions comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Avec cette réintégration, le Gabon dispose désormais d’un nouveau levier pour stimuler ses exportations, attirer des capitaux étrangers et accélérer la diversification de son économie dans un contexte de repositionnement stratégique sur la scène internationale.

 
GR
 

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