HABANA

Sur la matinale de Radio Gabon, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, jette un regard panoramique sur un secteur secoué par de nombreuses grèves, dont les répercussions se ressentent dans le niveau des étudiants et les retards la conduite des programmes.

Avec les journalistes de Radio Gabon, Denise Mekamne, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. © gabondirect/Twitter

Avec les journalistes de Radio Gabon, Denise Mekamne, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. © gabondirect/Twitter

 

Comme les années précédentes, l’année académique 2014-2015 a connu des perturbations. Quelles sont les dispositions prises par le ministère dont vous avez la charge ?

Je vous parlerai, par exemple, d’un évènement important dans la vie de l’enseignement supérieur et de l’éducation au Gabon : les états généraux de 2010. A la suite de ceux-ci, il a été pris une loi d’orientation sur l’éducation et la formation au Gabon, notamment la loi 21/2011, qui a vraiment révolutionné, renforcé ou amélioré les missions de l’enseignement supérieur. C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’Etat gabonais signe des conventions sur le plan international, avec des universités étrangères. Citons la convention avec l’université de l’Oregon, qui s’investit à ce jour à l’UOB (Université Omar Bongo, ndlr), et qui mettra en place un système d’échange entre enseignants. Et c’est une action du chef de l’Etat. Je parlerai également de tous les partenariats qui ont abouti à la mise en place de l’Institut du pétrole et du gaz (à Port-Gentil, ndlr), à celle de l’Ecole des mines de Moanda, qui est un partenariat entre Comilog (Compagnie minière de l’Ogooué, ndlr) et l’Etat gabonais. Nous avons des accréditations des établissements privés, qui reçoivent des jeunes Gabonais.

Vous comprendriez qu’avec un tel engagement, et au regard du contexte de l’année académique en cours et celui des années précédentes, avec les grèves récurrentes, j’ai entrepris de rencontrer les recteurs des universités, les responsables des grandes écoles, les partenaires sociaux, la mutuelle des étudiants. Le but de ces rencontres était de rappeler le calendrier fixé par le gouvernement, qui veut que les cours, cette année, s’achèvent au mois de mai. Donc, que l’on mette en place pour permettre à l’étudiant gabonais, qui souhaite poursuivre ses études à l’extérieur, de faire ses inscriptions à temps, parce que la situation est aujourd’hui assez dramatique : lorsque les cours s’achèvent en novembre, cet étudiant est condamné à perdre une année. L’objectif était donc de voir comment les différents chefs d’établissements préparent l’année académique 2015-2016. Bien entendu, une telle analyse passait par la revue de l’année 2014-2015 : voir ce qui n’a pas marché, ce qui a gêné. Et sur ce point, l’une des revendications récurrentes était le système de rémunération. Des entretiens que j’ai eus avec tous ces partenaires, j’ai retenu que la situation de l’enseignant s’est considérablement améliorée, avec le nouveau système de rémunération. On peut donc être presque sûrs que l’année académique 2015-2016 pourra se dérouler dans de bonnes conditions. Evidemment, il y a d’autres problèmes qui ont été posés, mais ce sont des problèmes qui trouveront des solutions au fur et à mesure. Et je leur ai signifié que ma porte reste ouverte pour des débats, des discussions et pour que nous parvenions à des négociations.

Les enseignants seraient satisfaits du nouveau système de rémunération, dites-vous. Mais qu’en est-il des bourses des étudiants ?

Les étudiants ont été les premiers satisfaits. Il vous souviendra que leurs bourses ont été revalorisées. Les bourses dont ils bénéficiaient, qui étaient conformes à une époque, étaient uniformes. Que l’on soit du premier, du second ou du troisième cycle, on bénéficiait d’une bourse encadrée, en dehors des étudiants inscrits à l’extérieur du pays. Mais aujourd’hui, les étudiants ont vu leurs bourses revalorisées : ceux inscrits en licence perçoivent 83 000 francs au lieu de 66 000 francs, ceux inscrits en master perçoivent 98 000 francs et ceux inscrits en doctorat 130 000 francs. Voyez qu’on est parti de 66 000 francs à des montants aussi considérables.

La condition des étudiants a également été améliorée. Mais ce n’est pas tout parce qu’il y a eu la bancarisation, qui est un point très positif. La bancarisation règle les problèmes des retards qu’on observait dans le paiement des bourses, et qui était source de grèves. Grâce à ce dispositif, les étudiants pourront percevoir leurs bourses comme les fonctionnaires, parce que tous les mois, à date fixe, la bourse est dans les comptes. C’est également une manière de permettre à l’étudiant, futur cadre de la République, d’apprendre à gérer ses revenus, à s’organiser. Il y a eu également une généralisation de la bourse, dès lors qu’elle est désormais attribuée à tous ceux qui obtiennent le bac, ce qui est à mettre à l’actif du chef de l’Etat.

Mais ces mêmes étudiants, dont vous dites avoir amélioré la condition, se plaignent d’avoir été chassés du campus universitaire…

Nous avons tous suivi le documentaire sur France 24, qui avait fait le buzz. La chaîne y montrait des résidences universitaires dans un état de délabrement avancé, et une cité universitaire complètement dégradée. A la suite de ce documentaire, le président de la République avait décidé de réhabiliter la cité universitaire, et c’est un grand chantier. Or, pour la réhabiliter on n’aurait pas pu le faire avec les étudiants à l’intérieur. Il fallait donc prendre des dispositions et demander aux étudiants de libérer les locaux pour leur offrir des conditions d’accueil et de vie plus saines. Ce chantier est en cours. A quand la réouverture ? Bien, elle sera pour prochainement. Vous savez : ce sont des travaux importants, avec des problèmes d’étanchéité, d’électricité et de plomberie. Ce sont des travaux qui ne peuvent pas se réaliser à la va-vite. Il faut prendre du temps. Mais il n’y a pas que le campus. Il y a aussi les aires de jeu qui ont été réhabilités. En somme, il s’agit d’un ensemble de travaux qui permettront à l’UOB de répondre aux normes et d’être à la hauteur des autres universités. Le gouvernement n’avait donc pas chassé les étudiants pour le simple plaisir de le faire ou parce qu’il y avait un problème. C’était tout simplement pour leur permettre d’avoir un environnement sain et pour que leurs études se déroulent de manière saine également.

Un autre sujet de revendication des étudiants : la réduction du nombre de repas au restaurant universitaire, qui est passé à un seul par jour.

Le restaurant a été réhabilité. Et aujourd’hui, en termes de restauration, nous avons amélioré les offres de services, parce que la restauration ne concerne plus uniquement l’université. L’offre a été élargie aux grandes écoles, en conservant le coût du repas initial, fixé par la plus haute autorité du pays à 150 francs pour les étudiants et à 500 francs pour les enseignants. Il s’agit du prix du ticket qui donne lieu à un repas complet.

Et sur la question de la capacité d’accueil des universités…

On peut le reconnaître, la capacité d’accueil ne suit pas. C’est une réalité, mais il faut également reconnaître qu’il a été construit deux amphithéâtres, qui permettent d’accueillir à ce jour un grand nombre d’étudiants à l’UOB et à l’Enset (Ecole normale supérieure de l’enseignement technique, ndlr).

Source : interview réalisée par Hass Nziengui et Kennie Kanga pour Radio Gabon

 

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Grimba dit :

    Bilan du régime en 6 ans dans l’enseignement supérieur est très glorieux.
    En fait ils ont complètement révolutionné l’université aujourd’hui un semestre c’est environ 20 jours de cours vraiment bravo les émergents.

    Sur le plan structurel, ils ont construit tellement de pavillon à l’USTM que plus de la moitié des étudiants vivent hors du campus dans une ville où les étudiants ne sont pas très appréciés Bravo les émergents.

    Félicitation Mme Mekamne vous êtes en train d’enterrer et de briser tous les espoir des enfants de pauvres qui veulent réussir.

    Bravo aujourd’hui 60% des étudiants qui entrent à l’UOB ou à l’USTM finissent à l’ENI ou à l’école de santé des infirmiers.

    Ce n’est pas pour mépriser ces deux écoles mais quelqu’un qui veut être ingénieur ou avocat n’a pas à finir à l’ENI une fois deux.
    En plus ça ruine l’éducation nationale de recruter tous ces étudiants en situation d’échec car ça fait des instituteurs très peu motivés

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