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Selon le rapport de la Banque africaine de développement (BAD), en raison de la pandémie du coronavirus et de son impact sur l’économie des pays du continent, entre 28,2 et 49,2 millions d’Africains pourraient être poussés dans l’extrême pauvreté, de même que 30 millions d’emplois environ sont menacés.

Selon la BAD, en 2020, jusqu’à 49,2 millions d’Africains pourraient connaître l’extrême pauvreté. © D.R.

Après avoir tablé, le 30 janvier dernier, sur une croissance de 3,9 % en 2020 et 4,1 % en 2021 pour l’Afrique, la BAD n’y croit plus vraiment. Selon ses Perspectives économiques pour l’année 2020, dont le supplément a été publié le 7 juillet, la Banque évalue désormais de 145,5 milliards à 189,7 milliards de dollars américains la perte de la croissance du continent, avec des répercussions importantes sur le quotidien des populations si des «mesures d’interventions urgentes» ne sont pas mises en œuvre par les États. Mais surtout si la pandémie du Covid-19 se poursuit au-delà du premier semestre de 2020.

Directrice du département des Politiques macroéconomiques, des Prévisions et de la Recherche à la BAD, Hanan Morsy affirme en effet que pour la première fois depuis un demi-siècle, selon les Perspectives de l’institution bancaire, «l’Afrique serait confrontée à une récession économique en raison des retombées de la pandémie de Covid-19. Cela affecterait les progrès réalisés en matière de réduction de la pauvreté, car on estime que 49 millions d’Africains pourraient être poussés dans la pauvreté, avec environ 30 millions d’emplois sur le point de disparaître».

Le rapport précise que «trois des cinq nouvelles personnes extrêmement pauvres devraient être en Afrique centrale et Afrique de l’Ouest». «La République Démocratique du Congo, qui a à la fois la plus grande population estimée de la région (89,5 millions, soit 61,9 % en 2020) et le taux le plus élevé d’extrême pauvreté (72 % en 2020 dans le scénario de base) devrait exercer un effet d’entraînement sur l’impact de la COVID–19 en Afrique centrale», précise le rapport.

À la BAD, l’on exhorte donc plus que jamais les décideurs politiques à «agir rapidement pour atténuer l’impact de la crise sur les groupes vulnérables, grâce à des mesures de protection sociale bien ciblées». Il s’agira notamment, précisent les auteurs du rapport, que les États interviennent aussi bien sur les mesures de santé publique pour contenir la propagation du virus et réduire le nombre de décès, mais aussi sur les mesures de politique monétaire pour atténuer les effets de l’insuffisance de liquidités et les risques d’insolvabilité, ainsi que sur les mesures budgétaires pour limiter les impacts économiques de la pandémie sur les moyens de subsistance et pour aider les entreprises.

 

 
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