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Prévue pour le 16 mars 2020 puis décalée du fait du confinement, l’audience à la Cour d’appel de Bertrand Zibi n’a pas encore de date définie, alors que le tribunal a repris ses activités. La défense et ses soutiens s’interrogent.

Les activistes considèrent cet ancien député comme le plus emblématique des «prisonniers politiques» du Gabon, alors que les autorités ne reconnaissent pas l’existence de «prisonnier politique» dans le pays. © D.R.

 

« Nous avons écrit à de nombreuses reprises aux différents procureurs généraux, rien n’y fait : le dossier (de Bertrand Zibi) n’a toujours pas été programmé », regrette, questionné par Gabonreview Me Cédric Maguisset, l’un des avocats de Bertrand Zibi, en parallèle de Me Henry Gey, Me Jean-Paul Moumbembe et Me Imbong Fadi.

L’audience de Bertrand Zibi devait avoir lieu le 16 mars 2020 devant la Cour d’appel de Libreville. Elle a été reportée sine die, du fait des « mesures coronavirus » suspendant en mars les visites en prison mais aussi les activités au tribunal. Depuis mai, les tribunaux du Gabon ont pourtant repris leurs activités. La rentrée judiciaire s’est effectuée en octobre et plusieurs audiences se sont déjà tenues, même à la Cour d’appel. Programmée pour mars, l’audience de Zibi aurait donc dû, en toute logique, être parmi les premiers à se voir notifier d’une nouvelle présentation devant la justice.

Non seulement les avocats, mais aussi les proches, s’interrogent sur les raisons d’un tel retard. Mais, n’étant pas dupes, ils savent également que le dossier de Bertrand Zibi est sensible. Les activistes considèrent cet ancien député de Bolossoville (Woleu-Ntem) comme le plus emblématique des « prisonniers politiques » du Gabon, alors même que les autorités ne reconnaissent pas de « prisonnier politique » dans le pays.

En juillet 2016, quelques semaines avant le vote pour la présidentielle, il avait retiré publiquement et de façon tonitruante son soutien au PDG et à Ali Bongo, rejoignant ainsi le camp de l’opposition. Il avait alors participé aux manifestations post-électorales entachées de répression et de violences.

En détention depuis 2016 à la prison centrale de Libreville, Bertrand Zibi a été condamné en juillet 2019 à six ans de prison ferme et 400.000 FCFA d’amende par le tribunal correctionnel de Libreville, accusé de « détention illégale d’arme à feu, violences et voies de fait ». Les avocats avaient alors interjeté appel. La Cour devait se prononcer dans les deux mois. Ce qui n’a pas été fait et qui a constitué un vice de procédure et aurait dû aboutir à une liberté d’office, selon la défense de Zibi. La liberté provisoire a pourtant été refusée. La Cour d’appel s’était déclarée incompétente quant à cette question. Bertrand Zibi attend donc toujours depuis la prison son audience devant cette Cour.

 
GR
 

8 Commentaires

  1. Ndong Alexis dit :

    Il n’y a pas de démocratie dans ce pays. Sylvia et Nourredine Bongo ont peur de Zibi Bertrand. S’il sort, ce sera ka révolution au Gabon.

    Mais je ne comprends toujours pas que nous sommes actuellement manipulés par deux rigolos (Sylvia et Nourredine Bongo). Ils ont le soutien de qui ?

    La certitude de la mort d’Ali Bongo n’est plus à prouver même sans preuves. Car,s’ils voulaient vraiment nous faire croire le contraire, Ali Bongo aurait depuis longtemps observé une conférence de presse.

    Nous devons sortir de cette impasse au plus vite.

  2. Nguéma Vincent dit :

    Le dossier Bertrand ZIBI va lancer la campagne présidentielle d’Ali BONGO. Il l’annoncera en grande pompe, médiatique, peut-être en grâce présidentielle.

    • Teddy dit :

      Tu veux dire la campagne de Nourredine et/ou Junior ?
      Serais-tu le seul à ignorer le décès d’Ali Bongo ? Ne nous fais pas croire que tu aurais aperçu (en dehors de ses sosies ou dans tes rêves) ?

      Il n’y aura aucune campagne d’Ali Bongo. A mani, à Diououi…

      Se serait bien triste de voir une pseudo opposition gabonaise se lancer dans une campagne présidentielle. A moins de chercher des SOUS qui seront comme d’habitude injectés par le régime illégitime toujours en place avec les soutiens de l’extérieur: FRANCAFRIQUE et autres.

      Au fait, qui disait, il n’y a pas si longtemps, que le peuple gabonais est un peuple maboule ? Il n’a pas tort.

      • BINGOMA dit :

        @ teddy,

        Vous faites parti et pourtant de ce peuple…

      • Bassomba dit :

        Je ne sais pas où vous avez enterré Ali, mais moi je sais qu’il n’est pas mort, qu’il est bien vivant, bien que terriblement diminué par la maladie, mais bien présent à la présidence.

        • Irène dit :

          Et moi je sais aussi qu’il est bien mort. On cache son cercueil. Les français sont de connivences avec la famille Bongo-Valentin. Ils veulent nous imposer encore un autre Bongo.

        • Julien N'goua dit :

          @Bassomba, vous êtes en contradiction avec vous même. Il n’y a pas si longtemps, vous avez écrit que cet assassin et usurpateur était bien en train de travailler au palais. Et aujourd’hui, vous écrivez qu’il est fortement diminué. Vous êtes payé combien pour mentir ? Êtes vous heureux de gagner ainsi votre salaire ?

          Autre chose, s’il est vraiment diminué comme vous écrivez, alors qu’il se retire tout simplement. C’est l’attitude des grands hommes d’agir ainsi. Malheureusement, votre assassin – voleur – usurpateur n’est et ne sera jamais un grand homme.

    • Julien N'goua dit :

      Nguema Vincent, et Bertrand Zibi acceptera une telle humiliation d’Ali Bongo ou des Bongo tout court ? Je ne crois pas ça de ce dernier. Zibi est un combattant pour la liberté du Gabon.

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