Réunis lundi à Libreville autour du projet de fer de Belinga, l’État gabonais et Fortescue ont fait le point sur l’avancement du partenariat et les prochaines étapes. Face aux exigences de Libreville sur la maîtrise du projet, ses retombées économiques et la protection de l’environnement, le président du groupe australien, Dr Andrew Forrest, a assuré de la détermination de son équipe à concrétiser le projet, dans des conditions jugées sûres et efficaces.

Une vue de la salle pendant la rencontre. © D.R.

 

Le ton était à la concertation, mais aussi aux assurances. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé, lundi 28 septembre au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville, une rencontre stratégique consacrée au projet de fer de Belinga. Autour de la table : plusieurs membres du gouvernement, la délégation de Fortescue conduite par son président Dr Andrew Forrest, ainsi que des experts et partenaires internationaux.

Au cœur des échanges : l’état d’avancement du partenariat, les activités du groupe, les prochaines étapes et les conditions nécessaires à une conduite coordonnée des différentes opérations.

Pour les autorités gabonaises, cette réunion devait surtout permettre de maintenir un suivi rapproché d’un projet considéré comme stratégique, tout en veillant à ce que sa mise en œuvre réponde aux priorités nationales en matière de valorisation des ressources minières, de transformation économique et de développement durable.

Fortescue assure : « ce projet sera réalisé »

Face aux attentes du gouvernement, Andrew Forrest s’est voulu rassurant. Le président de Fortescue a insisté sur la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes pour conduire le projet à son terme. « Alors que nous sommes tous réunis autour de ce projet, toute l’équipe et l’ensemble des partenaires sont mobilisés pour assurer sa réalisation, sa sécurité et son efficacité », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Il est absolument essentiel que toutes les parties prenantes soient pleinement engagées dans ce projet ; une chose est certaine : ce projet sera réalisé. Il sera efficace et il sera sûr. »

Une assurance qui intervient alors que Libreville entend maintenir un contrôle étroit sur les différentes étapes de concrétisation du projet. Andrew Forrest a notamment salué le processus d’approbation engagé autour de Belinga, tout en soulignant l’importance du contrôle des opérations, de la maîtrise du budget et du respect des engagements pris par les différentes parties.

L’homme d’affaires australien a également placé la protection de l’environnement et des communautés au rang des priorités. « Nous devons protéger l’environnement et les communautés. C’est une responsabilité à laquelle j’accorde une grande importance », a-t-il souligné.

Libreville fixe ses exigences

Si Fortescue réaffirme sa volonté de faire aboutir Belinga, le gouvernement gabonais entend, pour sa part, encadrer étroitement le partenariat. Hermann Immongault a rappelé le caractère structurant du projet et l’attention portée au choix des partenaires industriels.

« Le projet reste l’un des projets les plus structurants du Gabon. Tout le soin que nous mettons particulièrement au choix des partenaires avec lesquels nous travaillons », a-t-il expliqué, évoquant la nécessité de s’appuyer sur des partenaires partageant la même vision et disposés à s’inscrire dans une logique « gagnant-gagnant ».

L’exécutif veut ainsi éviter que le développement du gisement de Belinga ne se limite à l’extraction et à l’exportation du minerai. La transformation locale des ressources et le développement des compétences nationales figurent également parmi les attentes affichées.

« Le Gabon est dans une trajectoire où il entend mettre un soin particulier à favoriser la transformation locale de ses ressources, à développer les compétences de ses filles et de ses fils et à attirer des partenaires capables d’accompagner cette ambition industrielle dans la durée », a précisé le vice-président du gouvernement.

Trouver l’équilibre entre expertise et intérêts gabonais

La question du partage des responsabilités et de la maîtrise stratégique du projet apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux du partenariat. Le gouvernement veut tirer parti de l’expertise et des capacités opérationnelles de Fortescue, sans renoncer à la maîtrise des intérêts stratégiques du Gabon.

« Nous devons ici trouver le point d’équilibre entre l’expertise et la capacité opérationnelle d’un partenaire industriel de dimension internationale d’une part et la participation, la maîtrise stratégique et les intérêts de long terme de l’État gabonais d’autre part », a expliqué Hermann Immongault.

Pour Libreville, cet équilibre doit notamment passer par un cadre contractuel et institutionnel suffisamment robuste. « Nous avons à cœur de bâtir un partenariat économique robuste, juridiquement clair et politiquement soutenable, qui repose sur la confiance et la transparence », a-t-il poursuivi.

Belinga au-delà du minerai de fer

Au-delà de l’exploitation du gisement, le projet concentre plusieurs enjeux pour le Gabon : infrastructures, emplois, formation, transformation locale, protection de l’environnement et contribution accrue du secteur minier à l’économie nationale.

La rencontre de Libreville traduit ainsi la volonté du gouvernement de maintenir un dialogue direct avec Fortescue tout en veillant à la cohérence du projet avec les orientations nationales. Pour le groupe australien, l’engagement affiché est clair : mobiliser ses équipes et ses partenaires pour assurer la réalisation d’un projet présenté comme devant être à la fois « efficace » et « sûr ».

Cette convergence entre les assurances de l’industriel et les exigences de l’État constitue désormais l’un des principaux ressorts de la poursuite du projet Belinga, appelé à s’inscrire dans les ambitions de transformation économique portées par le Plan national de croissance et de développement (PNCD).

 
GR
 

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