Bilie-By-Nze : détention prolongée de six mois théoriques, la défense dénonce un dossier verrouillé
Une prolongation de six mois théoriques, un dossier fermé à la défense, des interrogatoires n’arrivant jamais : Me Thierry Nguia, avocat d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, dénonce une justice sans motifs ni réponses, et annonce des recours.

Une détention qui se prolonge, une défense qui hausse le ton : Me Thierry Nguia (au premier plan) conteste le traitement réservé à Bilie-by-Nze. (Photomontage). © GabonReview
Le 16 octobre approchait, et avec lui l’échéance de la détention provisoire d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Pour lui, aucune sortie en vue. Le juge d’instruction a ordonné la prolongation : six mois de plus, théoriquement, à la maison d’arrêt de Libreville, précise son conseil, Me Thierry Nguia, dans une interview diffusée sur Facebook. Six mois possibles entre quatre murs, que la défense entend bien contester : elle assure avoir déjà engagé des recours.
« Une demi-page a suffi »
Me Nguia ne décolère pas. Il décrit une ordonnance aussi expéditive que lourde de conséquences et dénonce une procédure où, selon lui, « la justice ne répond à rien et la justice ne motive rien ». Six mois théoriques d’une vie suspendue, tranchés en quelques lignes : « Une demi-page a suffi parce que le juge d’instruction s’est contenté de dire que, durant les six mois qui viennent de s’écouler, il n’a pas posé les actes essentiels de la procédure. »
Le grief est glaçant de simplicité. À l’en croire, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’aurait plus été présenté au juge pour un interrogatoire depuis son incarcération. Six mois d’instruction sans l’entendre, et la réponse serait six autres mois de cellule, théoriquement ? Un travail resté à faire ne saurait, plaide l’avocat, justifier une telle attente derrière les barreaux, sans explication circonstanciée. « Cette procédure ne comporte rien de complexe, comme nous ne cessons de le dire depuis le début », soutient-il.
Le magistrat avance d’autres motifs, que le conseil rapporte : « Le maintien de la détention préventive de notre client, monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze, était d’autant plus nécessaire, d’après lui, qu’elle éviterait qu’il fasse pression, lui, monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze, sur la victime et sur les supposés témoins, réels ou pas, je n’en sais rien, et que cela serait rendu nécessaire pour la manifestation de la vérité. » Face à ces soupçons, la défense réclame des faits, non des suppositions. « Il ne suffit pas de dire ceci ou cela, encore faut-il justifier, motiver, étayer », insiste l’avocat.
Caution, domicile, résidence : toutes les portes se ferment
Avant cette prolongation, la chambre d’accusation avait déjà fermé une première porte. En septembre, selon le conseil, elle a rejeté une nouvelle demande de liberté provisoire. Voici le raisonnement qu’il prête à la juridiction : « Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze ne bénéficierait pas de garanties suffisantes. Alors même que son épouse est gabonaise et travaille au Gabon. Ce ne serait pas suffisant, alors même qu’il a un domicile connu de tous, ce ne serait pas suffisant. »
Une épouse, un emploi, une adresse que tout le monde connaît : rien n’y ferait. Une demande libération sous caution aurait été balayée à son tour, rapporte l’avocat : « La chambre d’accusation a ajouté que même l’hypothèse d’une libération sous caution provisoire ne serait pas une bonne idée parce que ce serait pour éviter que monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze, notre client, n’influence la victime ou des témoins. »
Restait l’assignation à résidence, refusée elle aussi, pour un motif que le conseil peine à croire : « L’assignation à résidence qui était aussi une possibilité donnée à la justice pour ordonner une liberté provisoire ne serait pas possible parce que, tenez-vous bien, le domicile de monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze serait incontrôlable. Ce serait difficile de surveiller sa maison. Je ne sais pas pourquoi ! »
À tâtons, face à un mur
Puis vient le silence du dossier. Les avocats n’y auraient toujours pas accès. Défendre un homme sans savoir ce que contient son dossier : « Nous ne savons pas à ce jour ce qu’il y a dans le dossier et nous travaillons à tâtons », affirme Me Nguia. Il dit ainsi ignorer quels témoins seraient concernés par les risques de pression invoqués.
La riposte est lancée : « Nous avons aussitôt, bien entendu, interjeté appel de ces décisions », annonce-t-il, sans préciser le calendrier ni détailler les recours contre chacune d’elles. Son constat tombe, sec, sans appel : « Nous sommes face à un mur. »
Les décisions judiciaires n’ayant pas été transmises à la rédaction, leur contenu et leur motivation ne peuvent être confrontés à ce récit de la défense. Une question reste pourtant sans réponse : quand les recours annoncés seront-ils examinés, alors qu’une prolongation de six mois théoriques vient, selon l’avocat, d’être ordonnée ?
















1 Commentaire
C’est une insulte à la mémoire et à l’intelligence des Gabonaises et des gabonais que de vouloir faire passer pour un « détenu politique » ou une victime un homme qui a méthodiquement tordu le cou à la morale, aux finances publiques et à la démocratie de notre pays. Cessons de minorer l’inacceptable. Regardons les faits en face :
• Comment pouvez-vous défendre un homme qui a dépouillé Dame Ramatou (une gabonaise désormais estampillée haoussa par le parti machin de Billie Alain) de 5 millions de FCFA sous prétexte d’avances pour la Fête des Cultures ?
Une fête entièrement financée par les fonds publics, où cette transaction n’avait aucune existence légale dans la comptabilité publique.
C’est du vol qualifié, pas de la politique.
• L’utilisation d’un parlement aux ordres, une véritable chambre d’enregistrement, pour faire « karcheriser » et dépénaliser ses propres délits d’escroquerie et de détournement datant de plus de cinq ans ne peut guère surprendre sachant que dame Ramatou a un arbre qui lui produisait des ballots de cinq millions, mais ce moment vient où l’arbre ne produit plus..que fait-on ?
Si Billie Alain est si blanc-bleu, pourquoi avoir eu besoin de se fabriquer une immunité judiciaire rétroactive sur mesure ?
• N’est ce pas lui qui, conscient du rejet massif de son camp par le peuple, a imposé le bulletin unique qualifié d’inique pour verrouiller les élections. C’est encore lui qui méprisant l’idée même d’une transition a martelé cyniquement que « la transition n’est pas une disposition constitutionnelle ».
C’est toujours lui, candidat à la toute première élection démocratique organisée par le Gabon qui a refusé de se plier à la discipline républicaine engageant tout candidat de produire son budget de campagne (origines des ressources et dépenses) comme si l’institution président de la république était un héritage de ses géniteurs.
• Oser prétendre jouer les donneurs de leçons démocratiques en renvoyant les militaires dans les casernes, comme il l’a vociféré tout au long de sa campagne de 2024 à 2025, c’est oublier qu’il a été ministre des Affaires étrangères devenu, le gabonais déviant qui a couvert et englué dans les abysses le dossier du bain de sang de 2016.
Réduire ce massacre post-électoral documenté par les médias internationaux à « deux morts », n’est plus de la politique, c’est de la complicité morale de crime contre le peuple.
• Son alliance avec l’extrême-droite française via les réseaux Bolloré, couronnée par l’instauration de la RAC du groupe de prédation canal + et par le parachutage d’une proche de ces réseaux à la tête de Gabon Télévision, alors que notre pays dispose des profils de qualité dans cette filière, montre bien qu’il avait un agenda et préparait son ascension personnelle après avoir évincé au passage dame Rose Christiane Ossouka Raponda.
Chers compatriotes, ce post n’est nullement un « règlement de compte » pour reprendre le vocabulaire de Billie Alain qui s’est auto octroyé l’exclusivité de commettre les actes que lui inspirerait son ego sans commune mesure au mépris du vivre ensemble et de la paix sociale.
L’histoire et la justice le rattrapent.
Sa détention est prolongée parce que les faits sont têtus.
On ne bâtit pas l’avenir d’un Gabon digne en amnistiant les pilleurs et les fossoyeurs de notre liberté.
Son « camp » a bel et bien été vomi par les Gabonaises et les gabonais et aucune opération de blanchiment médiatique ne pourra effacer l’ardoise de ses turpitudes.