Disant avoir subi «31 mois de procédure pour rien», les trois avocats de Landry Amiang Washington qui demandent sa relaxe pure et simple, accusent le ministère public d’avoir intenté un procès politique contre le cyberactiviste gabono-américain soupçonné, entre autres, d’outrage à Ali Bongo.

Devant les juges, Landry Amiang Washington a dit ne pas regretté ses posts contre le pouvoir qu’il dit détenu par un groupe. © D.R.

 

Mis aux arrêts quelques heures après son arrivée au Gabon, en août 2016, Landry Amiang Washington est incarcéré depuis 31 mois à la prison centrale de Libreville. Bénéficiant d’une double nationalité gabonaise et américaine, le cyberactiviste est poursuivi pour les délits d’outrage au chef de l’État, appel à l’insurrection et escroquerie. Son procès devant le tribunal correctionnel a eu lieu, le 22 mars. Le délibéré est attendu pour le 5 avril prochain.

Si le ministère public a requis la peine de 10 ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 1 million de francs CFA, la défense a quant à elle demandé à titre principal la nullité de la procédure, et à titre subsidiaire la relaxe pure et simple du prévenu. D’autant que pour Me Jean Paul Moubembe, un des trois avocats de Landry Amiang, il s’agit clairement d’«un procès politique». Il en veut pour preuve que le parquet de Libreville avait déjà lancé les poursuites alors même que le prévenu n’envisageait pas encore son retour au Gabon et que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas déroulés dans ce pays.

Son confrère François Meye, lui, regrette d’avoir eu à subir «31 mois de procédure pour rien». En effet, explique-t-il, «devant le juge d’instruction, rien de probant n’a été démontré», qui prouverait la culpabilité du cyberactiviste. Pour l’avocat, l’affaire dite Amiang Washington est en réalité «un dossier vide». Et sur les délits d’outrage au président de la République et d’appel à l’insurrection par l’entremise des réseaux sociaux, il rappelle que «les propos tenus sur Facebook n’ont pas de valeur juridique au Gabon». Pour les conseils de Landry Amiang Washington, ses posts sur Facebook ne sont donc nullement des tracts comme tente de le faire croire le ministère public qui les a imprimés en toute «violation de la correspondance privée».

Durant le procès, Maîtres Jean Paul Moubembe, François Meye et Anges Kevin Nzigou ont également soulevé la question de l’incompétence du tribunal correctionnel. Ils demandent d’ailleurs mieux que la relaxe de leur client, mais l’abandon des charges pesant sur lui.

 
 

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