Dans un document intitulé «mise en œuvre de la nouvelle réglementation des changes» présenté, le 4 juillet 2019, aux opérateurs économiques à Douala, au Cameroun, la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) condamne la violation du principe de centralisation des avoirs de réserves à l’institution d’émission. Entre 2000 et 2018, 2 188 comptes en devises ont été ouverts au profit des résidents (État, personnes physiques, personnes morales) pour un montant de 92. 306 milliards de francs CFA».

Selon la BEAC entre 2000 et 2018, 2 188 comptes en devises ont été ouverts dans l’illégalité. © D.R

 

Le rapport de mise en œuvre de la nouvelle réglementation des changes issue de la réunion de haut niveau tenue le 4 juillet 2019 à Douala, au Cameroun, tire la sonnette d’alarme. Selon ce rapport, entre 2000 et 2018, les États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont donné la possibilité aux agents économiques résidents de détenir de nombreux comptes en devises, sans l’autorisation préalable de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), en violation de la réglementation en vigueur. En effet, selon l’accord de coopération monétaire, «les résidents ne doivent pas détenir des comptes en devises…sauf cas exceptionnel». En fin février 2019, «la Beac a dénombré 2 188 comptes ouverts au profit des résidents (État, personnes physiques, personnes morales) pour un montant de 92. 306 milliards de francs CFA», souligne la banque.

Cette situation d’entrave au principe de centralisation des devises à la Beac, favorisant de manière insidieuse la spéculation, se présente différemment d’un État à un autre. Dans le détail, le Cameroun a permis l’ouverture de 244 comptes en devises pour un montant record de 53,662 milliards de francs CFA. Le Congo détient 202 comptes d’un montant de 27,23 milliards de francs CFA. Le Gabon en a ouvert 239 pour 9,9 milliards de francs CFA. Le Tchad a permis l’ouverture de 1 413 comptes disposant de 886 millions de francs CFA. La Guinée équatoriale en a créé 59 disposant de 439 millions de francs CFA. Les comptes les moins approvisionnés sont ceux ouverts en Centrafrique, soit 31 comptes pour un montant de 146 millions de FCFA.

Selon le rapport de la réunion de haut niveau, dans un souci de flexibilité, la nouvelle réglementation des changes a concédé, depuis son entrée en vigueur le 1er mars 2019, une période transitoire de six mois pour la régularisation des comptes indûment ouverts. «À la fin mai, 37 dossiers ont été reçus et examinés par la Beac dont, 21 dossiers de régularisation et 16 dossiers de demande d’ouverture de compte», assure la banque centrale sous régionale.

 
 

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