20 mois après la signature, à Paris, de la Lettre d’intention entre le gouvernement gabonais et l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), visant à soutenir le pays à réduire de 50% ses émissions de CO2 d’ici 2025, le financement de 18 millions de dollars prévu reste bloqué dans les caisses de l’AFD. Le gouvernement s’impatiente, alors que les partenaires assurent que le programme sera bientôt lancé.

 Le Gabon a bénéficié, en 2017, de 18 millions de dollars de la part du CAFI pour l’aider à réduire de 50% de ses émissions de GES. © D.R.

 

Signé le 27 juin 2017 à Paris (France), l’accord liant le gouvernement gabonais au CAFI disposait que le Gabon bénéficierait de 18 millions de dollars, soit plus de 10,5 milliards de francs CFA. Cet argent devait servir à aider le pays dans son ambition de réduire de 50% ses émissions de CO2 d’ici 2025. Une promesse faite par Ali Bongo, en 2015, et notifiée dans la Contribution nationale déterminée lors de la COP21. Plus d’un an après, la mise en œuvre des principaux programmes de l’Initiative n’a pas démarré. La raison : l’argent promis n’a pas été décaissé jusque-là. Il sommeille dans les caisses de l’Agence française de développement (AFD).

À la faveur d’une réunion, ce lundi 11 mars à Libreville, Guy-Bertrand Mapangou n’a pas caché son impatience. D’autant que, selon les explications de Tanguy Gahouma, secrétaire permanent du Conseil national climat (CNC), si l’argent n’a pas encore été mis à la disposition du Gabon, c’est en partie à cause des lourdeurs administratives de l’AFD et de l’indisponibilité de certains de ses responsables.

Interrogé sur la question, Christophe du Castel, le représentant de l’AFD, n’a pas nié les reproches faits par la partie gabonaise. Il assure toutefois qu’«il y a quelques procédures administratives à régler» pour que la mise en œuvre du CAFI soit effective dans le pays. Ce dernier assure que la convention avec le gouvernement gabonais a été signée la semaine dernière, ce qui «permet de penser que le programme va démarrer incessamment».

Moments de la réunion entre les trois partenaires du CAFI, le 11 mars à Libreville. © Gabonreview

Même son de cloche pour Jostein Lindland, le conseiller principal du ministère norvégien du Climat et de l’Environnement, qui dit lui aussi s’impatienter du démarrage effectif du programme. Mais il dit comprendre que ça prenne «un peu de temps pour lancer un tel programme». «Selon les dernières informations qu’on a de l’AFD, la convention a été signée, le programme devrait démarrer très rapidement. On est donc confiants que maintenant, tout est en place et les activités vont démarrer», tente de rassurer le représentant du gouvernement norvégien.

Si Guy-Bertrand Mpanagou a bien voulu croire les deux partenaires du Gabon qui promettent d’entrer, dès le mercredi 13 mars prochain dans une nouvelle phase de préparation de la mise en œuvre du programme, il n’a pas moins exhorté les participants à ces travaux de définir comme priorité l’impact du projet aux populations locales. «Il est temps que la communauté internationale s’occupe aussi et davantage des populations autochtones. Si elles ne bénéficient pas d’une certaine ristourne à leur préservation de la forêt, ces populations ne se sentiront pas concernées, donc mises à l’écart. Ce qui pourrait avoir l’effet contraire de ce que vous recherchez», prévient le ministre d’État en charge du Climat.

Selon les clauses de l’accord signé en juin 2017, le financement accordé au Gabon dans le cadre du CAFI sera mis à disposition pour la programmation en deux tranches, dont une première d’un maximum de 9 millions de dollars US sur approbation des programmes jugés «pertinents» par le Conseil d’administration de CAFI, et une seconde, du même montant après vérification de la mise en œuvre des actions sur le terrain.

 
 

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