Convaincue que l’affaire peut être étouffée s’il s’avère que de hauts cadres de l’administration publique sont impliqués, la société civile gabonaise a lancé, elle aussi, son enquête sur la disparition des 353 containers de Kevazingo.

Le ROLBG et le Samtac ont lancé leur enquête sur la disparition des 353 containers (illustration). © DCP-Gabon

 

Au Gabon, la société civile n’entend pas laisser s’éteindre l’affaire liée à la disparition des 353 containers de Kevazingo, dont 200 ont été retrouvés au port d’Owendo, selon les informations du procureur de la République. Parallèlement au parquet, elle a lancé son enquête. Ce mercredi 15 mai, Georges Mpaga et Ghislain Malanda qu’accompagnaient d’autres membres de la société civile se sont rendus sur le lieu de la disparition.

Rappelant que leur déplacement entrait dans le cadre de l’opération baptisée «Corruption zéro», le président du Réseau des organisations libre pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) explique que leurs investigations visent deux objectifs : se faire leur propre opinion sur l’affaire et contribuer à démanteler le réseau de trafiquants de Kevazingo qui sévit au port d’Owendo. Un rapport devrait être produit, soit pour confirmer les résultats du ministère public en charge de l’enquête, soit pour les infirmer.

«Les autorités judiciaires, administratives et politiques feront leur rapport, et la société civile est tenue de faire une contre-expertise pour avoir la vérité, parce que nous sommes dans ce qu’on appelle la criminalité financière en bande organisée et dans la corruption transfrontalière. Ceci nécessite l’implication de tous les acteurs», annonce Georges Mpaga.

«Quelles que soient les influences, quels que soient les intervenants, nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre logique, en vue de la recherche de la vérité, parce que ce scandale va impacter la patrie gabonaise. Il va donc de l’intérêt de tous les agents concernés par cette affaire de se livrer à cet exercice, pour que tous soient à l’abri des critiques», estime Ghislain Malanda, le président du Syndicat des agents du ministère des Transports et de l’aviation civile (Samtac).

Au terme leur première journée d’enquête, Georges Mpaga fait le point : «Nous avons l’ambition de rencontrer les différentes autorités portuaires, dont certains acceptent de coopérer, d’autres, comme celui de l’Oprag [Office des ports et rades du Gabon, ndlr.], s’y refusent, mais nous reviendrons. Au niveau de la direction générale des Douanes, la coopération a été très bonne. Le chef de service de la zone portuaire a bien voulu discuter avec nous, en nous fournissant des éléments à sa disposition. Il a insisté que la Douane n’est nullement impliquée dans ce scandale, car n’ayant pas un rôle important à jouer.»

Comme pour se rendre compte de l’ampleur de l’affaire, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale qu’accompagnaient le ministre des Forêts et son délégué se sont également rendus au port d’Owendo, mardi 14 mai. Eux par contre ont dit laisser la justice mener son enquête.

 
 

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