L’Union syndicale de l’administration publique, parapublique et privée (Usap) a effectué sa rentrée, le 25 janvier à Libreville, la mort dans l’âme. La confédération syndicale s’inquiète de ce que la situation sociale soit plus difficile cette année qu’en 2018.

Le bureau exécutif de l’Usap lors de la déclaration le 25 janvier. © Gabonreview

 

Vue de l’assistance. © Gabonreview

2019 sera-t-elle une année syndicale plus apaisée que celle qui vient de s’achever ? L’Union syndicale de l’administration publique, para publique et privée (Usap) n’en est pas convaincue. Le constat fait par l’Usap lors de sa rentrée, le 25 janvier à Libreville, présage plutôt une aggravation de la crise déjà généralisée.

Si sur le plan économique les indicateurs montrent que la situation du Gabon est à l’embellie, avec une croissance autour de 3.6% en 2019 portée le secteur hors pétrole avec +2.9%, mais surtout par le secteur pétrolier avec 10.2% et un prix moyen du brut gabonais autour de 68 dollars, la réalité est loin de correspondre au quotidien, affirme Fridolin Mve Messa, président de l’Usap.

Le quotidien du travailleur gabonais est parsemé de licenciements économiques massifs, mises en congés techniques, gèle des recrutements, concours et traitement des situations administratives dans le public. En revanche, note-t-il, «le train de vie des responsables d’entreprises et de l’administration ne connait pas des restrictions. La vie  du travailleur gabonais tourne au cauchemar avec en prime la misère qui gagne les foyers».

L’Usap estime que le gouvernement peine à prendre en compte les préoccupations des Gabonais. Il s’emploie plutôt «à taxer davantage les personnes physiques par un impôt qui augmenterait de 22% passant de 48 milliards de FCFA en 2018 à 58 milliards en 2019».

Sur le plan politique, le syndicat estime que le pays plonge dans une incertitude dangereuse,  suite à la contestation des résultats de la présidentielle 2016 qui accentue la perte de confiance. «Le gabonais devient intolérant. On ne croit plus aux hommes politiques, aux confessions religieuses, à nos institutions dont les missions ont été dévoyées», affirme Mve Minstsa.

Pour l’Usap, la paix sociale est menacée et la tentative de prise de pouvoir par les militaires du 7 janvier, n’a que davantage abimé cette paix désarçonnée par les incertitudes nées de l’état de santé d’Ali Bongo. Ce climat «lourd et malsain» et malsain ne prédispose pas à une concorde sociale.

Pour consolider la paix sociale,  l’Usap demande au gouvernement d’apporter des réponses aux préoccupations des populations à travers la baisse des prix des produits de première nécessité, le rétablissement du prix de la bouteille gaz au prix négocié en 2010, la lutte contre le chômage et la précarité.

Le syndicat exige également la mise en place du Conseil national du dialogue social (CNDS), l’aboutissement du nouveau Code du travail et la renégociation des conventions collectives, le ravitaillement des foyers en eau potable, la diminution du prix de l’eau et de l’électricité, l’élaboration du statut des agents de la main d’œuvre permanente, le respect des  procédures de passation des marchés, ainsi que la reprise des concours professionnels et la relance des situations administratives.

Le nouveau gouvernement appréciera.

 
 

1 Commentaire

  1. Ikobey dit :

    Le pays étouffe de tous ces fonctionnaires !
    Privatisons ce qui peut l’être et le pays ira mieux.

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